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Manifestants sur un char, place Tahrir, Le Caire, 29 janvier 2011

La pop égyptienne au temps de la Révolution de la place Tahrir

24 min
À retrouver dans l'émission

En 2011, la scène alternative musicale égyptienne s'imposait avec des chansons sur la révolution de la Place Tahrir, et plutôt rock, pop ou électro. Dix ans plus tard, sous le régime autoritaire du Raïs-Maréchal Sissi, que reste-t-il de cette scène pop révolutionnaire du Caire et de ses groupes ?

Manifestants sur un char, place Tahrir, Le Caire, 29 janvier 2011
Manifestants sur un char, place Tahrir, Le Caire, 29 janvier 2011 Crédits : Ramy Raoof - source WIKIMEDIA

Jeudi-Musique

Les printemps arabes, 10 ans après. A l’occasion du dixième anniversaire des printemps arabes, France- Culture propose une journée spéciale consacrée aux révolutions et mouvements de contestations qui se sont produits en 2011 dans les pays arabes, et à leurs conséquences dix ans après.

Dans le cadre de cette Journée spéciale, Tewfik Hakem revient sur la scène pop égyptienne qui s'est engagée avec les manifestants de la Place Tahrir, en compagnie de Coline Houssais, journaliste, chercheuse, spécialiste de la culture des pays arabes et auteure de Musiques du monde arabe, Une anthologie en 100 artistes, paru aux éditions Le Mot et le reste.

Cette première chanson que l'on entend, " La voix de la liberté " est très importante, puisque c'est une collaboration entre les deux plus grands groupes de la scène alternative égyptienne de l'époque, Wust El Balad et Cairokee. Et c'est peut-être intéressant de revenir un peu sur l'histoire de la chanson alternative pour comprendre ce que sont devenus ces groupes dix ans plus tard.

La scène alternative musicale égyptienne, représentée par des groupes comme Wust-El-Balad, Cairokee ou le chanteur Ramy Essam, est plutôt rock, pop ou électro, loin de la chanson contestataire arabe classique incarnée par Cheikh Imam en Egypte, ou Marcel Khalifa, au Liban. 

Depuis Nasser, il y a eu une hégémonie du secteur culturel étatique qui a privilégié un certain style de musique qui était diffusé dans toute la région. A côté de cela, les musiques populaires, qu'elles fussent rurales ou urbaines, étaient totalement marginalisées - sauf parfois de manière un peu folkloriques - et le retrait de l'Etat du service culturel dans les années 80-90 a permis une émergence d'une certaine scène alternative bien soutenue, notamment par des organisations internationales. Ce qui explique à mon sens, la prédominance du rock dans cette scène alternative.

" La grande nouveauté en terme de musique et d'image avec les débuts du printemps arabe, est qu'on a vu se développer une production instantanée accompagnée d'images et de vidéos qui sont celles de la révolution "

Elles vont véritablement donner une caisse de résonance beaucoup plus importante aux manifestations. Aujourd'hui, ces artistes ont soit été copiés par des entreprises qui ont eu recours à eux pour des publicités, comme Cairokee ; d'autres, continuent de faire de la musique en toute liberté mais qui n'en renvoie pas moins à la répression dont ont fait l'objet certains artistes après la révolution.  

L'Egypte fait figure de poids lourd musical dans le monde arabe depuis des décennies ; les artistes égyptiens sont extrêmement connus dans toute la région, de l'Afrique du Nord au Moyen-Orient, et la scène alternative égyptienne était aussi connue dans les cercles avec un certains nombre de collaborations. La chanson contestataire égyptienne, elle, prend sa source au début du XXe dans un théâtre chanté qui est extrêmement politique. 

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Maryam Saleh, Wahabt Omri Lel Amal, session Live enregistrée à Beyrouth, le 29 octobre 2016

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Ramy Essam, Eïch, horiya, adala igtimaia, 2011

Chroniques
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JOURNAL DE 6H30 du jeudi 14 janvier 2021
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