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Laetitia Carton et Fred Rister, octobre 2018

Laetitia Carton et Fred Rister : "Le bal traditionnel c'est un souffle qui vient du passé, mais c'est en même temps porté vers l'avenir, c'est très jeune, moderne, c'est tout sauf ringard !"

27 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec la réalisatrice Laetitia Carton pour la sortie de son documentaire " Le grand Bal ", et Fred Rister, DJ, producteur de musique et auteur de " Faire danser les gens ", publié aux éditions Seguier.

Laetitia Carton et Fred Rister, octobre 2018
Laetitia Carton et Fred Rister, octobre 2018 Crédits : Corinne Amar - Radio France

Mercredi-ciné

avec la réalisatrice Laetitia Carton pour la sortie de son documentaire " Le grand Bal ", et Fred Rister, DJ, producteur de musique et auteur d'un récit, " Faire danser les gens ", publié aux éditions Séguier. Laetitia Carton est allée filmer des gens qui, chaque année, viennent danser dans un bal des danses traditionnelles qu'on croyait perdues. Ces bals réunissent jusqu'à 2000 personnes venues de toute l'Europe pour danser pendant 7 jours et nuits dans le bocage bourbonnais, dans l'Allier. Fred Rister, quant à lui, fait danser sur de l'électro : plaisir à faire danser, plaisir à regarder danser, plaisir à danser: c'est une émission à écouter en dansant !

Laetitia Carton : Moi je dis " bal trad' ", il y'en a qui disent " bal folk ", d'autres bal tout court. Le créateur du festival préfère dire " rencontres de danse ". Il n'aime pas mettre d'étiquettes. Parce que c'est vrai qu'aujourd'hui il y a toutes les danses enracinées mais il y a aussi le tango, la salsa, le rock, le swing. C'est vraiment des rencontres d'une semaine autour de la danse.

Le Grand Bal de Laetitia Carton
Le Grand Bal de Laetitia Carton Crédits : © Pyramide Distribution

Il y a quelque chose de l'ordre de la réappropriation d'une culture populaire. Quand je danse ces danses-là, je sais que mes parents ne les ont pas dansées, mais ma grand-mère oui, mes grand-parents, mes arrières-grand-parents ... Je me sens traversée par un souffle, comme ça, qui vient du passé, mais en même temps qui est porté vers l'avenir, parce que c'est très jeune, très groovy, très moderne, tout sauf ringard. 

On a vraiment essayé de capter des conversations les vivantes et les plus naturelles possibles. On approchait avec la caméra pendant que les gens étaient en train de discuter et il y avait un accord tacite entre nous, un jeux de regards, voir s'ils acceptaient ou non notre présence. 

On est très loin de l'idée de performance. Nous tel qu'on le vit on n'est pas dans une recherche d'un dépassement de soi. On est tellement bombardés d'hormones, on est tellement dans la joie et l'exaltation des corps mais aussi de la relation à l'autre que la fatigue on l'oublie totalement. On peut être épuisé à 4h du matin, se dire cette fois je vais me coucher, et d'un seul coup on va entendre un groupe, un bœuf qui va commencer dans un parc à côté, et se jeter dans la danse et le collectif, et la fatigue on l'oublie absolument. C'est très addictif !

C'est un petit microcosme, on est 2000 et pendant une semaine on reproduit une micro-société. Les questions de rapports homme-femme - j'ai filmé en 2016 - ont émergé cet été-là et tout le monde ne parlait que de ça: de ces questions de pouvoir, de rapport, de genres et ça a émergé aussi dans le film.

Fred Rister: La première réflexion qui m'est venue en voyant ce film c'est, c'est dingue comme la musique peut fédérer, rendre les gens heureux. J'ai vu des gens souriants parler de danser ensemble, quel plaisir ça leur procurait. Vous dites dans votre film "le bal c'est encore le seul endroit où on peut encore danser, toucher des gens, sans les connaître. C'est vraiment ce que j'ai ressenti : toutes les couches sociales, toutes les générations sont mélangées. Moi dans mon métier je connais ça, j'ai beaucoup travaillé à Los Angeles; qu'on soit blanc, noir, quand on écoute une chanson et qu'on a le grand frisson tout le monde enlève son pull et on a tous la chair de poule, c'est un langage universel. 

J'ai attrapé le virus de la musique très tôt, quand je devais avoir 7 ou 8 ans, ça m'est venu par hasard en marchant sur la plage de Malo-les-Bains avec mes parents. Complètement par hasard j'ai entendu une chanson sortir d'un café, c'était "A whiter shade of pale" de Procol Harum et dès que j'ai entendu cette chanson il s'est passé quelque chose d'inhabituel pour un enfant de mon âge - ça m'a mis du temps pour comprendre ça - j'avais les yeux plein de larmes, cette chanson m'a transpercé. 

Je suis devenu coiffeur pour faire plaisir à mes parents. Je continuais à aller en boîte, à sortir avec des copains. Eux c'était la drague, moi je passais toute la soirée sur un tabouret à côté du DJ. 

Il faut beaucoup d'imagination quand on fait ce métier.  Etre DJ c'est faire danser, donner du plaisir. 

Programmation musicale :
Cheek to Cheek - Fred Astaire
Music Sounds Better With You - Stardust
I Gotta Feeling - The Black Eyed Peas

Bibliographie

Intervenants
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