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Léon Spilliaert, Autoportrait 1908

Confinement, spleen et solitude dans l'œuvre du peintre ostendais, Léon Spilliaert

22 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec l’écrivain Stéphane Lambert, à propos de son récit, "Etre moi toujours plus fort", un portrait du peintre belge, Léon Spilliaert

Léon Spilliaert, Autoportrait 1908
Léon Spilliaert, Autoportrait 1908 Crédits : Léon Spilliaert - Wikipedia

Mardi-Art

Tewfik Hakem s'entretient avec l’écrivain Stéphane Lambert, à propos de son récit, Etre moi toujours plus fort, un portrait du peintre belge, Léon Spilliaert, paru aux éditions Arléa Poche. Une réédition parallèle à l’exposition au Musée d’Orsay, Léon Spilliaert (1881-1946). Lumière et solitude. Avec la participation d'Eva Bester, journaliste et auteure d'un essai sur le peintre, Léon Spilliaert, Œuvre au noir, éditions Autrement.

 Léon Spilliaert, Ostende 1910
Léon Spilliaert, Ostende 1910 Crédits : Léon Spilliaert - Wikipedia

"Léon Spilliaert est né en 1881, à Ostende. Son père y tenait une  parfumerie réputée. L’univers de la ville portuaire occupa une place centrale dans l’œuvre du peintre "(Stéphane Lambert)

On est au début du XXe siècle et l'auteur nous emmène sur les pas de Léon Spilliaert (1881-1946), à  Ostende, sa ville natale, sur la côte belge de la Mer du Nord, station balnéaire à la mode où l’été, nous dit-il, les dandies et les pêcheurs sans distinction se côtoyaient.

La géographie de Spilliaert je la connais un peu, étant belge, je suis assez familier de ce décor de la Flandres. La peinture de Spilliaert essaie de sortir de l'individualité pour rejoindre une forme de flou, presque psychanalytique, ce que je voulais surtout c'est que nos voix se confondent, que la sienne émerge de la contemplation que je fais de ses œuvres et qu'inversement, je continue d'avancer à travers elles.

J'ai découvert Spilliaert adolescent, et à cet âge, l'univers de Spilliaert correspond vraiment à des états qu'on vit, cet isolement, cette rencontre du monde extérieur auquel il donne une forme. A la fois il saisit bien l'inquiétude qu'on peut ressentir du monde extérieur et il y a un réconfort à sortir de son isolement en voyant ses œuvres.

Léon Spilliaert, Vertige, 1908
Léon Spilliaert, Vertige, 1908 Crédits : Léon Spilliaert - Wikipedia

On ne le connaît pas bien mais son imaginaire est familier à beaucoup de gens, ses œuvres ont souvent été utilisées sur des couvertures de livres par exemple, ses autoportraits saisissants on les a souvent vus, mais sa reconnaissance effectivement n'est pas celle de Schiele ou Munch, ses contemporains, qui l'ont marqué, et qui ont des univers assez parallèles.

"Se glisser dans la peau de Spilliaert, c'est un peu j'imagine comme les acteurs avec leur texte, son texte il faut l'apprendre et puis, l'oublier, arriver à un point zéro de rencontre, parvenir à ce que l'œuvre vous pénètre de telle manière qu'elle parle à travers vous "

La littérature a influencé sa peinture, parce qu'il était grand lecteur. Il était de santé très fragile, un tempérament tourmenté, il a été très solitaire, s'est marié tardivement à 34 ans. Jusque-là il a beaucoup lu, trouvait chez les autres un écho de ce qu'il ressentait. Sa solitude longtemps, la non reconnaissance du public à ses débuts l'a amené à une mise à nu totale, à ce travail de scalpel pour atteindre ce qu'on croit chercher à travers la création.

Léon Spilliaert, "Boomtakken", 1940
Léon Spilliaert, "Boomtakken", 1940 Crédits : Léon Spilliaert - Wikipedia

Eva Bester

La digue, la mer, le front de mer, les Galeries royales, qu'il a représentés si souvent sont toujours là,  quand on se promène à Ostende, on voit Léon Spilliaert, on voit la beauté de la ville et en même temps, cette ville a été défigurée par des blocs d'immeubles contemporains laids.

Il avait un visage impressionnant, un grand front, des veines saillantes, des yeux exorbités qui semblaient happer le réel, l'environnement. Il était une "créature", comme celles que je peux trouver chez Hoffmann ou Edgar Poe. J'ai beaucoup de tendresse pour lui, j'aurais voulu l'avoir comme ami. Il était très rigolo aussi, on parle toujours de sa noirceur, de son tempérament inquiet mais c'était aussi quelqu'un de très facétieux.

Programmation musicale

Alain Bashung, A Ostende, 1999 

Intervenants
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