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"Nowhere Girl", de Magali Le Huche

Magali Le Huche : "Les Beatles ont sauvé mon enfance et mon passage à la vie adulte"

23 min
À retrouver dans l'émission

Dans une bande dessinée autobiographique, Magali Le Huche se souvient de ses 11 ans, en 1990. Cette année-là, alors qu'elle encore pré-adolescente, elle découvre les Beatles et la phobie du collège.

"Nowhere Girl", de Magali Le Huche
"Nowhere Girl", de Magali Le Huche Crédits : Editions Dargaud

Vendredi-BD

Tewfik Hakem s’entretient avec l’auteure de bande-dessinées Magali Le Huche pour la parution de Nowhere Girl (éd. Dargaud). Nous sommes à Paris en 1990 : Magali est une enfant de 11 ans qui est perdue. Elle ne veut plus aller au collège et se retrouve coincée entre l’enfance et le monde adulte. Atteinte de phobie scolaire, elle trouve refuge dans la discographie des Beatles.

Au début j’étais contente et impatiente d’entrer au collège. Comment beaucoup d’enfants qui entrent dans la pré-adolescence, je me réjouissais de m’engager dans le monde des adultes. Et puis j’ai été prise d’angoisses. C’était une période étrange. J’avais peur de quitter l’enfance, et je n'étais pas encore tout à fait adolescente. C'était le Nowhere Land.

"Nowhere Girl", de Magali Le Huche
"Nowhere Girl", de Magali Le Huche Crédits : Editions Dargaud

"C’était comme une petite mort, je n’étais pas prête à quitter la petite enfance."

A 11 ans, lorsqu’on me diagnostique une phobie scolaire, je trouve que c'est un mot complexe qui sonne comme une maladie. Et ça me rassure. Je trouve enfin un mot pour désigner ce mal-être que je ressens. Je peux enfin expliquer ce qui me touche pour répondre aux moqueries des autres enfants.

Je n’avais pas pensé à raconter mon histoire, je voulais surtout parler des Beatles. Et puis je me suis aperçue que mon histoire de fan était indissociable de cette période de phobie scolaire. Il m’a fallu du temps pour arriver à en parler sans culpabiliser.  

"Nowhere Girl", de Magali Le Huche
"Nowhere Girl", de Magali Le Huche Crédits : Editions Dargaud

Raconter la fragilité humaine

Comme j'étais perdue à cette époque, j'ai constitué un monde virtuel en m’échappant avec les Beatles. Quand l’enfance se termine, on laisse de côté ces mondes imaginaires qui nous permettent de nous évader. Mais c'est redevenu une possibilité le jour où j’ai rencontré les Beatles.

Il y a quelque chose de très narratif et onirique chez les Beatles, proche de l’enfance, et en même temps une inquiétude qui peut tourner à l’absurde. Ce mélange-là m’attirait.

"Nowhere Girl", de Magali Le Huche
"Nowhere Girl", de Magali Le Huche Crédits : Editions Dargaud

Ce groupe existait dans les années 1960, époque où je n’existais pas moi. C’était un moyen pour moi de revenir dans le passé, d’avoir un contrôle sur le temps. Je vivais aussi comme une injustice le fait de n’avoir pas été adolescente dans les sixties.

Références musicales :

The Beatles, Oh! Darling (1969)

The Beatles, And I Love Her (1964)

Chroniques

6H30
9 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du vendredi 05 mars 2021
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