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Marie-Pierre Salé : "Eugène Delacroix vivait dans la hantise d’oublier son voyage au Maroc, ses dessins l’aidaient à se souvenir"

26 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Marie-Pierre Salé, conservatrice au musée du Louvre, qui revient sur le voyage au Maroc d'Eugène Delacroix, déterminant dans sa vie et pour son évolution artistique, à l'occasion d'une exposition rétrospective majeure au Louvre à Paris qui réunit 180 oeuvres de l'artiste.

Mardi exposition

avec Marie-Pierre Salé, conservatrice au musée du Louvre pour l’exposition Delacroix (1798-1863) au Musée du Louvre jusqu’au 23 juillet 2018.

À l'occasion du cycle de conférences Delacroix : récit d'une oeuvre, Marie-Pierre Salé présentera une conférence-oeuvre en scène à l'Auditorium du Louvre le  24 mai à 18h30 : Un carnet du voyage au Maroc de Delacroix : texte et croquis.

Le voyage au Maroc d’Eugène Delacroix a duré six mois et il est déterminant dans sa vie. Ça n’a peut-être pas changé radicalement son style mais a poursuivi une évolution commencée dans ses années de jeunesse qui lui a permis d’établir sa propre conception de l’art, pas exactement celle exactement des maîtres, ni celle ni de la chose vue.            
Lorsqu’il était au Maroc, Delacroix a certes observé la réalité et s’en est imprégné, mais il n’a pas cherché, comme les peintres orientalistes, à restituer ensuite fidèlement une multiplicité de petits détails pittoresques.

Le voyage au Maroc ne s’arrête pas en 1832 quand Delacroix revient, il reste vivant dans le souvenir de l’artiste et toute une large partie de sa production d’œuvres liée au voyage au Maroc est un travail de souvenir, de la mémoire.            
Ce voyage a continué à évoluer dans l’imaginaire de Delacroix qui s’est détaché des petits détails pittoresques pour prendre une certaine distance et se mêler à la culture de l’artiste.

Dans les dessins, Delacroix était attentif à beaucoup de détails, notamment aux costumes, c’est une question qui l’intéressait déjà avant son départ au Maroc. Delacroix n’est pas un peintre académique, pas un orientaliste au sens de Jean-Léon Gérôme qui fera tout son fond de commerce en attisant la curiosité des spectateurs en reproduisant très précisément une multitude de petits détails, c’est un artiste qui pense et repense à ce qu’il a vu, qui retravaille dans la mémoire, travaille sur la question de l’harmonie des couleur...

Durant son voyage, Delacroix a été frappé et touché par le mode de vie qu’il considérait comme antique, naturel, simple. Il a été marqué par la façon dont les Marocains se drapaient avec élégance avec peu de tissus, subjugué par la beauté des couleurs, des paysages, il a regardé tout ça avec un regard sensible et rien dans son journal ne laisse présumer d’un sentiment de supériorité ou de jugement.

Bibliographie

DelacroixSébastien Allard et Côme FabreHazan / Louvre éditions, 2018

Intervenants
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