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Lewis Hine, Little Orpan Annie in a Pittsburgh Institution, 1909

Marin Karmitz : "Je vis de façon intense avec les photographies, j’ai besoin qu’elles se parlent, se racontent des histoires entre elles"

22 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec l'homme de cinéma Marin Karmitz qui présente à la Maison Rouge à Paris sa collection d'oeuvres d'art centrée autour de la photographie et du visage.

Lewis Hine, Little Orpan Annie in a Pittsburgh Institution, 1909
Lewis Hine, Little Orpan Annie in a Pittsburgh Institution, 1909 Crédits : © Lewis Hine. Courtesy Collection Marin Karmitz, Paris

Mardi exposition dans le Réveil culturel, avec :

Marin Karmitz, exploitant, distributeur, producteur et réalisateur, pour l’exposition Étranger résident à la Maison Rouge à Paris jusqu’au 21 janvier 2018.

Marin Karmitz est un homme de cinéma, il a réalisé quelques films avant de passer à la production et de permettre ainsi à de grands auteurs du cinéma indépendant de se faire connaître mondialement. Par ailleurs exploitant, distributeur, il est le fondateur des réseaux de salles MK2, « MK » comme ses initiales, donc. Ce que l’on savait moins, c’est qu’il est par ailleurs un grand collectionneur de photographies qui offrent au regard des visages d’inconnus pris dans la tourmente du 20ème siècle : enfants esclaves, Juifs dans des ghettos à la veille de la Shoah, Noirs d’Amérique, Noirs d’Afrique du Sud, Gitans sans frontières, transexuels à Pigalle, mineurs maculés de charbon... la vie malgré l’horreur, les rascismes, les souffrances...

Au centre de l’exposition il y a mon désir de m’entourer de visages... J’ai découvert la photo tardivement, à la fin des années 90 alors que j’ai été moi-même photographe, mais je ne la voyais pas en tant qu’art majeur. Je me suis mis à collectionner des photos alors qu’auparavant je collectionnais la peinture, le dessin ou la sculpture. Je me suis rendu compte, parce que j’ai exposé une partie de ma collection à Arles, que j’étais devenu non plus amateur mais collectionneur. J’ai commencé à réfléchir sur le sens de cette collection, et ce qui me fascinait c’était le rapport avec le visage. J’ai compris aussi rapidement que c’est à travers les visages qu’on a le rapport avec l’autre. J’ai essayé de sortir de l’autoportrait mais en même temps ce qui me touche dans une photo, c’est lié à ma propre histoire, l’histoire d’une partie du 20ème siècle. Je me suis amusé à raconter, à écrire un scénario avec tous ces visages en considérant que j’avais des acteurs muets.

J'ai utilisé l’espace de la Maison Rouge comme un plateau de cinéma vide dans lequel il fallait reconstruire des décors pour raconter une histoire, mais l’histoire devait naître des oeuvres elles-mêmes, il ne faut pas rajouter ses propres intentions sur les oeuvres et les trahir.

André Kertesz, East River, New York, 1938
André Kertesz, East River, New York, 1938 Crédits : © Rmn - Grand Palais. Courtesy Collection Marin Karmitz, Paris

Je partage avec les personnages des photos leur histoire inconnue, j’ai envie de les connaître, chacun de ces visages, je voudrais les connaître, je voudrais leur parler, qui sont-ils ?

Dave Heath, Washington Square, New York City, 1960
Dave Heath, Washington Square, New York City, 1960 Crédits : Dave Heath. Courtesy Collection Marin Karmitz, Paris

Musiques :
Bande originale du film "Demain après la guerre", titre "Jules et Léonie", compositeur André Dziezuk 2016
"The whitest boy alive", titre "Golden cage", album "Dreams" 2006

Bibliographie

Étranger résidentLa maison rouge et Fage éditions, 2017

Intervenants
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