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Maylis de Kerangal

Maylis de Kerangal : "Ce monde à portée de main est toujours tendu entre un rapport au réel et un rapport à la fiction ; articulation permanente des deux, entre documentation et imagination".

26 min
À retrouver dans l'émission

Maylis de Kérangal, écrivain, est l'invitée du Réveil Culturel pour son roman, "Un monde à portée de main", paru aux éditions Verticales, Gallimard.

Maylis de Kerangal
Maylis de Kerangal Crédits : Francesca Mantovani@éditions Gallimard

Lundi-livre

avec la romancière Maylis de Kerangal, qui publie, dans la collection Verticales des éditions Gallimard, "Un monde à portée de main", et nous emmène dans l'univers de Paula Karst, jeune étudiante qui vient d'intégrer la fameuse Ecole supérieure de peinture de Bruxelles où elle apprend l'art de l'imitation et les techniques de l'illusion.

"Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à  plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le  grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde  : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et  recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire  disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long  du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de  pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs,  atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre  monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son  tâtonnement lui renvoie de la peinture."

Paula, c'est une héroïne, j'en avais envie, on est tout le temps avec elle, elle est devant. C'est un roman de formation au sens propre, avec une phase d'apprentissage à l'Ecole de peinture de Bruxelles, où elle va apprendre à imiter, copier, reproduire les matière du monde, comprendre ce que sont les technique de l'illusion, de la fiction. 

C'est un acte dépouillé de tout discours sur l'art, pour n'être regardé que par le travail de la main ; parler de la peinture via un art mineur, l'art du copiste. Il y a là, une fiction qui regarde aussi le travail de l'écrivain, et c'est aussi une façon pour moi de m'interroger sur mon propre travail.

Il y a un rapport à la matière, au premier plan du livre, tout un monde physique, d'odeurs, tout un monde merveilleux qui s'ouvre à l'héroïne, et habité de noms ; des noms de marbres, de bois... C'est ça qui m'a beaucoup intéressée.  

Ce dont j'avais envie avec ce livre, c'est de montrer que ce monde à portée de main est pour moi toujours tendu entre un rapport au réel et un rapport à la fiction, comme une articulation permanente des deux, entre la documentation et l'imagination.

Programmation musicale :

Extrait de la BO de Habemus papam, de Nanni Moretti

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