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Nabil Ayouch

Nabil Ayouch : "J’ai longtemps cru qu’être pluriel était une peine mais avec le temps j’ai compris qu’avoir plusieurs identités était une richesse"

26 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Nabil Ayouch, cinéaste, pour "Razzia", un film qui sort de l'introspection d’une minorité comme il la filmait dans son précédent film "Much Loved", pour s’intéresser aux rêves, aux fantasmes, à la vie secrète d’une majorité qui se cache de sa propre identité.

Nabil Ayouch
Nabil Ayouch Crédits : VALERIE MACON - AFP

Mercredi cinéma

avec : Nabil Ayouch, réalisateur de Razzia, en salles le 14 mars.

Après le remarquable Much Loved, le réalisateur Nabil Ayouch continue d’ausculter la société marocaine d’aujourd’hui. Dans Razzia, à travers cinq personnages, il répertorie le Maroc des exclus et des combats à mener pour la reconnaissance de la culture berbère, pour le respect des minorités qu’elles soient sexuelles ou d’ordre religieuses, ou pour l’émancipation de la jeunesse.
Là où Much Loved montrait une solidarité entre les prostituées, Razzia filme des êtres solitaires, perdus dans les montagnes de l’Atlas ou en pleine ébullition à Casablanca. Et même si le réalisateur filme en gros plans ses protagonistes, ceux-ci semblent seuls face à leur désespoir. Pourtant, ce n’est pas un film noir mais un film de combattants montrant ceux et celles qui refusent la soumission…

"Razzia" est un film choral qui raconte avant tout les luttes, les résistances de chacun de ses personnages dans le Maroc d’hier et d’aujourd’hui, comment des hommes et des femmes se battent pour faire entendre qui ils sont et faire valoir ce désir au-delà de tout le reste, de liberté.

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Le début des années 80 est un marqueur, pas seulement pour le Maroc mais pour les trois pays du Maghreb parce que la réforme d’arabisation du système éducatif est commune à ces trois pays et c’est effectivement la volonté d’uniformiser par la langue une culture. Or ces trois pays sont des territoires divers par la manière dont ils se sont construits au fil des âges. Cette réforme du système éducatif a non seulement fait perdre la boussole à toute une jeunesse à qui on a voulu imposer une langue qui n’était pas la leur, et gommer tout ce qui dépassait, ces identités plurielles, ce qui fait que trente ans plus tard on a une jeunesse maghrébine en perte de repères identitaires et qui se cherche au sein d’une société qui d’un point de vue socio-économique ne leur offre pas d’avenir.

Le principal problème qu’on a n’est pas d’exister au sein d’une minorité mais de s’avouer qui nous sommes, énormément de gens sont pris dans un étau à cause de la pression sociale et familiale et n’osent pas s’avouer qui ils sont vraiment, avec leurs rêves fous… "Razzia" est le premier de mes films où je sors d’une introspection d’une minorité pour m’intéresser aux rêves, aux fantasmes, à la vie secrète d’une majorité qui ne veut pas dire qui elle est.

Musique : Queen - Bohemian Rhapsody

Bibliographie

RazziaNabil AyouchAd Vitam, 2018

Intervenants
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Avec la collaboration de
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