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"La mort se mérite, disgressions avec Serge Livrozet"

Nicolas Drolc : "La prison est un miroir grossissant des rapports de force entre les classes sociales et le pouvoir"

21 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec le réalisateur Nicolas Drolc, auteur d'un documentaire sur Serge Livrozet, une des dernières figures de la contre-culture française des années 70.

"La mort se mérite, disgressions avec Serge Livrozet"
"La mort se mérite, disgressions avec Serge Livrozet" Crédits : Les films des deux rives

Mercredi cinéma dans le Réveil culturel, avec :

Nicolas Drolc, réalisateur du documentaire La mort se mérite, disgressions avec Serge Livrozet, en salles le 20 septembre.

La mort se mérite, disgressions avec Serge Livrozet est le portrait d'une des dernières figures de la contre-culture française des années 70. Ancien plombier, ancien cambrioleur, fondateur avec Michel Foucault du "Comité d'Action des prisonniers", écrivain, militant anarchiste... à 77 ans, Serge Livrozet se confie à Nicolas Drolc, jeune réalisateur, et revient sur son parcours d'éternel rebelle.
Nicolas Drolc a rencontré Serge Livrozet à l'occasion de son film Sur les toits, un documentaire revenant sur les révoltes des prisonniers de Toul et de Nancy. Une première collaboration riche mais trop courte qui a donné l'envie à Nicolas Drolc de réaliser un portrait intime de cet homme qui portait toutes les casquettes -celle de l'ancien ouvrier, de l'ancien délinquant, du prisonnier puis plus tard de l'intellectuel et du militant-, qui permettait dans le film Sur les toits de faire un pont entre les anciens détenus interviewés et des intellectuels qui gravitaient autour de Michel Foucault et à l’époque du Groupe d’information sur les prisons.

Enfant, je passais tous les jours devant la maison d’arrêt Charles III à Nancy où la grande révolte avait eu lieu. Quand je suis tombé sur des photos de cette révolte prises par mon père, photographe de presse, j’ai été interpellé au point d’en faire un film. Je ne connaissais pas grand-chose au problème de la prison mais j’avais compris qu’il se jouait là des rapports de force qui étaient très révélateurs de ceux qu’on retrouvait à l’extérieur.

Livrozet s’est engouffré dans mai 68 en étant persuadé qu’il se passerait quelque chose... Il a finalement rapidement déchanté, se rendant compte que c’était l’affaire d'étudiants avec lesquels il n’avait pas grand chose à voir. C'est directement en conséquence de cette désillusion de mai 68 qu’il est retourné cambrioler des coffres-forts à paris et s’est fait arrêter. C'est entre 68 et 72 à la prison de Melun qu’il s’est politisé et qu'il est entré en correspondance avec Michel Foucault qui s’intéressait à la lutte des prisonniers à travers le Groupe d’information sur les prisons. Foucault a trouvé en Serge Livrozet son prisonnier idéal, celui qu’il cherchait. Ils se sont rencontrés en 72 et ont fondé ensemble le Comité d'Action des prisonniers.

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