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Nina Bouraoui

Nina Bouraoui : "La France c'est le vêtement que je porte, l'Algérie c'est ma peau livrée au soleil et aux tempêtes"

26 min
À retrouver dans l'émission

Dans son nouveau roman, "Tous les homme désirent naturellement savoir", l'auteur franco-algérienne revient sur son enfance à Alger, son adolescence à Paris, et de part et d'autre de la Méditerranée, se souvient de la découverte de son homosexualité, sa difficulté à l'assumer.

Nina Bouraoui
Nina Bouraoui Crédits : Francesca Mantovani

LUNDI -LIVRE 

Avec Nina Bouraoui, écrivain, romancière, auteur de"Tous les homme désirent naturellement savoir" , publié aux éditions JC Lattès.

Nous sommes faits de la mémoire de nos ancêtres, et aussi de nos souvenirs.

A dix-huit ans, à Paris, je découvre cette boîte de nuit pour les femmes, le Katmandou, rue du Vieux-Colombier. Je décide d'occuper ce lieu, en cachette, je suis la plus jeune.

Je dresse un pont entre le lieu du Vieux-Colombier et le lieu du stylo, du papier, de la machine à écrire, je ne cesse d'accomplir des allers-retours entre les deux, de m'y abîmer et d'en réchapper. Je ne sais lequel est le plus dangereux pour moi, si c'est le lieu de la vie en train de se faire, ou le lieu de la vie rapportée, écrite, parfois modifiée à mon avantage. 

Je reviens à mes premières amours. C'est un livre aussi sur ma mère, astre lumineux, et moi je gravite autour d'elle, première femme qui m'ouvre à la poésie, à la littérature, mais aussi, à la violence. Ce livre m'a hantée.

Programmation musicale :

Etienne Daho, Cap Falcon

Extrait du roman : 

"Je me demande parmi la foule qui vient de tomber amoureux, qui vient de se faire quitter, qui est parti sans un mot, qui est heureux, malheureux, qui a peur ou avance confiant, qui attend un avenir plus clair. Je traverse la Seine, je marche avec les hommes et les femmes anonymes et pourtant, ils sont mes miroirs (...) (premières lignes, p.11).

(...) Mon père trouve chez un antiquaire le portrait d'une jeune bergère peint sur un morceau de carton si usé qu'on ne peut distinguer la signature de l'auteur. Ma mère le fait encadrer, persuadée de détenir l’œuvre d'un peintre orientaliste.
La petite bergère porte une robe kabyle à motifs bleus et rouges, des bracelets à chaque poignet, elle a les cheveux bouclés, des yeux si doux que l'on a envie de pleurer si on les regarde pendant trop longtemps,entraînés vers le fond de son âme.
"Je l'ai achetée parce qu'elle a l'air aussi fragile que toi", dit mon père (p. 63)."

Site Editions JC Lattès

Tewfik Hakem et Nina Bouraoui
Tewfik Hakem et Nina Bouraoui Crédits : Corinne Amar - Radio France
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