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Olivier Adam, Manosque 2019

Olivier Adam : "Il y a vraiment ce sentiment que la vie s'est arrêtée depuis le mois de mars, que tout est suspendu et vidé de sa substance "

21 min
À retrouver dans l'émission

Sur le thème de la séparation des couples mixtes qui ont des enfants, de la disparition de ces enfants emmenés loin par l'un ou l'autre des conjoints, une enquête signée Olivier Adam pour son dernier roman, " Tout peut s’oublier "

Olivier Adam, Manosque 2019
Olivier Adam, Manosque 2019 Crédits : Joel Saget - AFP

Lundi-Livre

Tewfik Hakem s'entretient avec l’écrivain, Olivier Adam, pour son roman, Tout peut s’oublier, paru aux éditions Flammarion. Un père confronté au cauchemar : un appartement vide, lorsqu'il vient chercher son petit garçon chez son ex-femme, et se rend compte qu'elle est partie pour de bon, retournée au Japon, son pays natal, emmenant avec elle leur fils.

Je travaille depuis quelques années sur le thème de la disparition et, au fond, ce qui m'intéresse, c'est plus ceux qui restent que ceux qui partent. A travers eux, j'essaie d'examiner la manière dont on s'en sort - ou pas - avec nos disparus, avec nos deuils, nos séparations, et dans ce livre-là, on est sur le récit complet d'une quête, à partir du moment où l'ex-femme de Nathan regagne le Japon et emmène son fils Léo. 

Il va y avoir ce temps de la panique et de la quête dans ce pays étranger - un pays aimé qui va devenir un enfer. C'est une quête et une enquête, je me suis inspiré de cas réels au Japon sur lesquels je me suis  beaucoup documenté. Dans le cas de couples mixtes, c'est la loi japonaise qui s'applique - une tradition héritée de l'usage des mariages arrangés où chacun reprend ses biens. Quand la séparation au sein d'un couple mixte advient, on se retrouve dans une situation où les pères (souvent le cas), étrangers, ne peuvent faire valoir le moindre droit. 

Mes romans ont été adaptés au cinéma, mais en terme d'écriture, je ne pense jamais au cinéma, quand j'écris. J'y pense comme une inspiration oui, ou des manières de poser le regard, mais il s'agit de deux langues différentes. 

"Je travaille beaucoup sur l'intériorité, ce qui est à la fois l'apanage du roman et la limite du cinéma (de ne pas avoir accès à cette intériorité) "

Je compose mes livres beaucoup sur des personnages plus que sur une dramaturgie.

Avec la situation actuelle, on manque singulièrement de quoi nourrir cette écriture. Evidemment, on imagine l'écrivain dans une pièce, arrimé à son ordinateur, en peu en retrait du monde - ce qui ressemble d'une certaine manière au confinement - mais l'écriture se nourrit essentiellement de l'extérieur. 

L'écriture se nourrit des conversations dans les cafés, des œuvres qu'on va voir dans les galeries ou les musées, des films qu'on peut voir, des liens affectifs, amoureux, et là, il y a vraiment ce sentiment que la vie s'est arrêtée depuis le mois de mars, que tout est suspendu et vidé de sa substance. Je ne suis pas certain que le confinement soit une vraie source d'inspiration. D'autre part, j'ai beau écrire des livres mélancoliques, j'ai besoin d'être moralement très en forme pour écrire. Et je trouve la période déprimante.

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