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Pierre Jourde

Quand le voyage d'un canapé-lit exorcise les névroses familiales

27 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec l'écrivain romancier Pierre Jourde pour la parution de son roman, " Le voyage du canapé-lit", aux éditions Gallimard.

Pierre Jourde
Pierre Jourde Crédits : C.Hélie, 2008, Gallimard

Lundi-livre

Tewfik Hakem s'entretient avec le romancier Pierre Jourde, à l'occasion de la parution de son roman, Le voyage du canapé-lit (éditions Gallimard) où le transport en camionnette d'un canapé-lit, de Paris jusqu'en Auvergne, un week-end de Pâques. Les protagonistes ? Deux frères, une belle-soeur, avec tout ce qu'ils vont se dire, des discussions littéraires aux digressions philosophiques, en passant par les souvenirs qui remontent à la surface, sans oublier ce qu'on ne manque pas de s'envoyer à la figure, qu'on le veuille ou non...

Les événements sont vrais, mais la chronologie est parfois embêtante, en contradiction avec la tension narrative. Le romanesque, c'est précisément la liberté chronologique.

Dans mon texte précédent, je disais "tu", je me parlais à moi-même. Mon père n'avait jamais eu la parole, n'avait jamais su parler, et moi-même j'avais cette difficulté, et se dire "tu", c'était s'inciter à sortir de cette sorte de repli qu'implique la difficulté de parole. Là, je ne suis qu'un convoyeur, le personnage principal est un canapé qui me fait déclencher des histoires qui me sont arrivées.

Tout commence avec la mort de la grand-mère. C'est vrai que dans mes ancêtres, il y a beaucoup de gens qui se sont faits, qui travaillaient comme des fous, pour qui l'argent était sacré, et ma grand-mère était bouchère, comme son mari, et d'une radinerie invraisemblable - on savait en allant chez elle à Noël, qu'il n'y aurait pas grand-chose comme cadeau. Quand elle est morte, aller récupérer ce canapé vieux et moche, c'était jouer le théâtre de l'amour filial.

Je fais semblant de croire que les objets sont maléfiques, ce que je croyais un peu quand j'étais gamin, je croyais qu'ils faisaient des trucs dans mon dos. Ensuite, je prends ces objets comme des espèces de témoins, de symboles de notre rapport à la réalité, ils sont souvent l'occasion d'expériences que j'ai rêvées, voulues, imaginées, et que j'ai ratées, comme si le réel venait se venger à travers un de ces objets, du fait que pour l'aborder on ait eu besoin d'imaginaire.

Programmation musicale :

Charles Trenet, Nationale 7

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