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68, mon père et les clous

Samuel Bigiaoui : " Pourquoi mon père a ouvert une boutique de bricolage alors qu'il aurait pu devenir professeur d'université ?"

26 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec le réalisateur Samuel Bigiaoui, pour la sortie de son premier film documentaire, " 68, mon père et les clous" (en salles le 1er mai)

68, mon père et les clous
68, mon père et les clous Crédits : Samuel Bigiaoui

Mercredi-ciné

Tewfik Hakem s'entretient avec Samuel Bigiaoui, pour la sortie de son film "68, mon père et les clous", où il met en scène la fameuse quincaillerie de son père, Bricomonge, ouverte il y a trente ans, en plein Quartier latin, rue Mouffetard, à Paris, au moment où elle est sur le point de fermer. On est à l’heure de l’inventaire et des comptes. Coup de cœur partagé avec Michel Ciment du magazine Positif

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Il faut remonter à il y a plus de dix ans, en fait, je filmais Bricomonge, mais je ne filmais pas tant mon père que le lieu, l'essence de ce magasin de bricolage. J'ai filmé comme ça pendant des années, sans intention particulière. Quand Jean, mon père, m'annonce son intention de fermer la boutique - contraint de fermer - je réalise à quel point j'ai un lien très affectif à ce lieu qui était aussi mon terrain de jeux, lorsque j'étais enfant.

68, mon père et les clous
68, mon père et les clous Crédits : Samuel Bigiaoui

68, bien sûr, renvoyait naturellement, d'un côté aux idéaux, à toutes les utopies d' une époque, de l'autre, j'y voyais les clous, l'aspect très prosaïque de la vie, le monde matériel - la vie c'est aussi beaucoup de bricolage, l'essentiel c'est que ça tienne (dit une cliente, dans le film) - et au milieu, cet homme, mon père , et essayer de faire ce lien entre les deux. 

Je me suis rendu compte que je ne savais rien de mon père, tout ce qu'il dit devant la caméra, je l'entendais pour la première fois. Voilà pourquoi aussi, j'ai choisi cette sorte de huis-clos, choisi de l'interroger depuis ce lieu qu'il a créé, parce que ça raconte des choses, quoi.

J'ai commencé à filmer pendant des années sans savoir où j'allais, je prenais des images. Ce lieu c'était un repaire pour beaucoup de gens, ils ne venaient pas seulement pour acheter des planches ou des clous, mais pour prendre un café, pour parler politique, économie, philosophie, cinéma... 

"Bricomonge", pour moi, a été une sorte d'incarnation, de continuité d'une vision politique, sociale, économique, sociétale de cet homme, et le film tente de répondre à cette question : qu'est-ce qui a amené mon père à quarante ans à ouvrir une boutique de bricolage et à vendre des clous, quand ses potes de l'époque ont eu un parcours on va dire plus naturel, et sont devenus professeurs d'université, journalistes, cinéastes, écrivains, etc. J'ai essayé de comprendre.

68, mon père et les clous
68, mon père et les clous Crédits : Samuel Bigiaoui

Programmation musicale

Léo Ferré, Et des clous, 1953

Avec la chronique de 

Michel Ciment, de la revue Positif, qui nous parle de l'hommage rendu à Michel Deville : rétrospective à la Cinémathèque, du 9 au 26 mai.

Bibliographie

68, mon père et les clous

68, mon père et les clousSophie Dulac, Distribution, 2019

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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