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Hayao Miyazaki,

Sébastien Bénédict : " Le cinéma de Miyazaki est profondément animiste "

26 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la sortie en salles du premier film d'animation de Hayao Miyazaki, "Le Château de Cagliostro", rencontre avec le critique de cinéma, Sébastien Bénédict

Hayao Miyazaki,
Hayao Miyazaki, Crédits : © Splendor-Films

Mercredi-ciné

Tewfik Hakem s'entretient avec Sébastien Bénédict, critique de cinéma et auteur d'un ouvrage sur Miyazaki ; Hayao Miyazaki, au gré du vent, paru aux éditions Rouge profond. Il est l'invité du Réveil Culturel à l'occasion de la sortie du tout premier film d'animation de Miyazaki, Le Château de Cagliostro, précédée d'une autre sortie en salles (2 janvier 2019) d'un documentaire sur le maître du film d'animation japonais : Never Ending-Man : Hayao Miyazaki, de Kaku Arakawa. Un film France-Culture.

Cagliostro est un vrai méchant, il y a quelques méchants comme ça dans les premières œuvres de Miyazaki, et c'est le cas avec cette sorte de Dr Mabuse qui vit dans un château. C'est un film qui n'a pas été voulu par Miyazaki, c'est une commande, son premier film sorti en 1979 au Japon, et aujourd'hui, en France.

Miyazaki, c'est surtout un animateur : ce qui est le plus important pour lui, c'est le mouvement. Dans "Never-Ending Man » de Kaku Arakawa, il montre une animation, il en voit le côté mécanique, mais très vite, il revient au dessin, à la main. Il s'intéresse aux nouvelles technologies mais ce qui frappe vraiment dans ses films, c'est l'animation. 

Comme beaucoup de gens de ma génération, j'ai découvert Miyazaki sans le savoir, enfant, avec des séries comme "Gentleman cambrioleur", "Sherlock Holmes", "Conan le fils du futur"... Tous ses films sont sortis en France bien après ; " Princesse Mononoke, Le voyage de Shihiro" ont été une consécration. 

La princesse du Château de Cagliostro est encore un être fragile ; tout en restant féminin, ce personnage va s'autonomiser très vite. "Nausicaa de la vallée du vent", c'est le premier personnage de femme guerrière, qu'on va retrouver dans "Princesse Mononoke"; un personnage de femme fatale, égale du héros, où Miyazaki engage son cinéma sur la voie de la féminité. "Nausicaa", c'est aussi une fresque écologique, avec un cinéaste qui est l'un des premiers à mettre en garde.

Miyazaki met à égalité la technologie et la magie, avec un respect profond de la nature. Le cinéma de Miyazaki est profondément animiste.

Hayao Miyazaki - Never-Ending Man, de Kaku Arakawa
Hayao Miyazaki - Never-Ending Man, de Kaku Arakawa Crédits : SplendorFilms

Programmation musicale :

Extrait de la BO du film Princesse Mononoke, de Hayao Miyazaki (1997)

Extrait. La voix de Miyazaki, dans Hayao Miyazaki : Never-Ending Man, de Kaku Arakawa (2019). 

Intervenants
  • enseignant en littérature et critique de cinéma à Chronic’Art et pour la revue Carbone
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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