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"Les bienheureux" de Sofia Djama

Sofia Djama : "J’avais envie de raconter les francophones d'Algérie car personne ne le fait, ils sont minoritaires pourtant ils existent"

21 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec la réalisatrice Sofia Djama qui signe un premier film se déroulant quelques années après la guerre civile en Algérie et dont les personnages s'éloignent par leur vision et leur perception différentes de leur pays.

"Les bienheureux" de Sofia Djama
"Les bienheureux" de Sofia Djama Crédits : Bac Films

Mercredi cinéma dans le Réveil culturel, avec :

Sofia Djama, réalisatrice, pour le film Les bienheureux, en salles le 13 décembre 2017.

Après « En attendant les hirondelles » de Karim Moussaoui, le premier long-métrage de Sofia Djama vient confirmer qu’il existe une nouvelle vague de cinéastes en Algérie, décidés à filmer leur société en cette période de doutes et de résignation après une décennie des plus éprouvantes.
Sofia Djama filme Alger « par le prisme d’un couple de quinquagénaires enfermés chacun à sa manière parce qu’ils ont le sentiment que les espaces se réduisent quand ils en portent la responsabilité, ayant déserté ces espaces-là, enfermés dans leur nostalgie, leur idéologie, leur amerture. » Vingt ans après les émeutes d’octobre 1988, les personnages sont en proie à des problématiques existentielles, des doutes, faut-il rester ou partir ?

Le film est un regard sur ce qu’est devenu le couple au fil du temps car le politique est rentré dans l’intime, ce qui abîme ce couple c'est quand leur vision et leur perception de l'Algérie se séparent. Les personnages du film sont les héritiers de quelque chose : moi je n’étais pas née dans les années 70 mais il y a eu comme une période bénie, en tout cas dans les discours, il y a une nostalgie qu’on cultive sur une Algérie qui a été heureuse, j’avais le sentiment que cette génération-là c’était la génération héritière de l’indépendance où on attendait que quelque chose de merveilleux se passe en Algérie mais qui n'a finalement pas eu lieu. La désillusion s’est installée alors mais dans ce film il y a un contrepoint, c’est celle de la résistance des jeunes qui essaient de s’inventer une liberté dans un espace qui les contraint à l’absence de liberté justement.

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En Algérie, les francophones sont minoritaires mais pour autant ils sont Algériens, ils existent, j’avais envie de les raconter car on ne le fait pas. J’avais besoin de les montrer car on les considère comme l’ennemi de la nation, mais c’est juste une absence d’image. On a besoin de créer du lien sur les catégories sociales.

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Je virevolte entre Alger et Paris, c’est l’équilibre qui me rend heureuse. J’ai besoin d’Alger, c’est la ville qui me donne l’inspiration, il s’y passe beaucoup de choses, je m’y sens vivante, tout y est exacerbé, je crois en une Movida possible.

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