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Arnaud Cathrine et Christine Montalbetti dans notre studio

Arnaud Cathrine et Christine Montalbetti : photos romans

59 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre entre deux auteurs qui se servent de l’archive pour nourrir leurs fantasmes. Et notamment de photos anciennes, qui s’invitent, s’imposent, et même, parfois, conditionnent leurs textes.

Arnaud Cathrine et Christine Montalbetti dans notre studio
Arnaud Cathrine et Christine Montalbetti dans notre studio Crédits : Christophe Ono Dit Biot

Cette semaine dans le temps des écrivains, une rencontre entre deux auteurs qui se servent de l’archive pour nourrir leurs fantasmes. Et notamment de photos anciennes, qui s’invitent, s’imposent, et même, parfois, conditionnent leurs textes. 

Deux textes en forme d'enquête. Deux textes sur la famille, sur la filiation, à retrouver, ou à inventer. Des textes déclenchés par des éléments étrangers que s’approprient avec grâce nos deux invités.

Vies potentielles

Le premier, c’est Arnaud Cathrine. Depuis « Les Yeux secs », paru en 1998 aux Editions Verticales, celui qui a publié une trentaine de livres, dont  « Pas exactement l’amour » (Prix de la Nouvelle de l'Académie française), aime « voler » la vie d’inconnus, comme il dit. En mars dernier, dans « J'entends des regards que vous croyez muets », il écrivait les vies potentielles d’inconnus croisés dans le métro, dans la rue, au café, sur la plage. Cette fois-ci, il s'est plongé dans les cartons de photos d'anonymes, rassemblés par le fonds « The Anonymous project » (qui s’est donné pour mission de préserver, collecter, numériser et cataloguer les négatifs couleurs et les diapositives des 50 dernières années) pour stimuler son imagination et donner le sentiment – ou l'illusion – de ressusciter l'histoire d'une famille américaine, les Tucker. Celle d’un père distant, de la mère esseulée, et de leurs deux fils, Andrew et Ryan, les deux narrateurs de cette sensuelle éducation sentimentale californienne. Avec « Andrew est plus beau que moi » (Flammarion), où les archives photographiques cohabitent avec le texte, le « roman-photo » fait peau neuve. Roman photo, ou photo roman ? 

Fantôme en redingote

La deuxième, c’est Christine Montalbetti. Elle s'est, quant à elle, confrontée à des archives personnelles, des photos là-encore, mais aussi certains écrits de son arrière-arrière-grand-père, dont elle essaie de retracer l'histoire dans « Mon ancêtre Poisson » (POL). Non pas le poisson, donc, dont nous sommes censés tous descendre, mais un Poisson avec un P majuscule. Un poisson qui se prénomme Jules, « inconnu intime » qui débuta comme jardinier à neuf ans au Jardin des Plantes, à Paris, avant de devenir un remarquable botaniste. Guettant le moindre indice sur sa personnalité au détour d'une photo, d'une métaphore employée dans les articles scientifiques qu’il rédigeait dans un style de poète, lui qui trouvait aux yuccas une “ beauté sévère ”, elle traque, aussi, les émotions qui ont pu être les siennes à certains moments décisifs de sa vie. Autant de « petits romans » qu’elle nous livre dans cette émouvante méditation sur la vie et la fiction où l’amour pour ceux qu’on n’a pas connus est rendu possible, et dicible, par la littérature. « Il est doux le temps que je passe avec toi », écrit Christine Montalbetti à son « fantôme en redingote. » 

Deux romans qui semblent faire écho avec un texte de Barthes, « La Chambre Claire » (1980), où l’essence de essence de la photographie était définie comme le territoire du « ça a été », mais qui semblent donner tort à Barthes. « La photo est comme un théâtre primitif, comme un Tableau Vivant, la figuration de la face immobile et fardée sous laquelle nous voyons les morts », écrivait-il. Mais n’est-ce pas la vie qui triomphe ici grâce à la littérature, faisant du « ça a été » un « c’est maintenant » ? 

Choix musical d'Arnaud Catherine : "Le monde s'est dédoublé" de Clara Ysé 

de Christine Montalbetti : " un Herbier pour la vie " pièce pour violoncelle¨ pièce pour violoncelle composée par son frère Eric Montalbetti et jouée par Marc Coppey.  

"J'ai envie de m'interroger sur cette affection à considérer qu'on peut trouver pour un ancêtre qu'on a pas connu. Cela a été lé moteur du livre. Le livre est un espace fantastique  dans lequel une rencontre peut avoir lieu avec quelqu'un qu'on a pas pu rencontrer dans le monde réel." Christine Montalbetti

"Il y a le vertige, quand je vois une photo datée...je me dis "c'est sûr ils sont tous morts." Je rentre paradoxalement dans l'image par la disparition des sujets et des objets de la photo. S'ils sont familiers, ils vont pouvoir exhumer des choses que j'ai possiblement vécues." Arnaud Catherine

Intervenants
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