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"La petite danseuse de quatorze ans" et "Et la terre de leur corps"

Art et littérature avec Camille Laurens et Zoé Valdés

58 min
À retrouver dans l'émission

Les romancières Camille Laurens et Zoé Valdés sont les invitées de Christophe Ono dit Biot à l'occasion de la parution de leurs livres respectifs : "La petite danseuse de 14 ans" chez Stock et "Et la terre de leur corps" aux éditions RMN / Grand Palais.

"La petite danseuse de quatorze ans" et "Et la terre de leur corps"
"La petite danseuse de quatorze ans" et "Et la terre de leur corps" Crédits : Christophe ono dit biot - Radio France

Aujourd’hui on parle d’art. De littérature évidemment, mais aussi d’art, de grand art avec deux écrivains, on n’ose pas dire, c’est pourtant d’actualité, « écrivaines », qui à travers leurs deux derniers livres se frottent aux arts plastiques, se frottent à deux artistes au masculin qui eux mêmes se sont frottés à la représentation du féminin. La première, c’est Camille Laurens, qui dans La petite danseuse de quatorze ans s’intéresse à Degas et à l’un de ses modèles ; l’autre, c’est la cubaine Zoe Valdès, qui dans Et la terre de leur corps se penche sur la figure de Gauguin lors de ses derniers jours.

Camille Laurens redonne vie dans La petite danseuse de quatorze ans à cette statue faite par Degas, qu’il avait montrée à l’exposition impressionniste de 1881 : une statue en bronze, vêtue d'un vrai tutu, coiffée de vrais cheveux et d’un nœud de soie, chaussée de véritables chaussons, et qui fit polémique lorsqu’elle fut montrée, on l’avait même comparée à un singe. Un visage "où tous les vices impriment leurs détestables promesses, marque d'un caractère particulièrement vicieux". Mondialement célèbre, elle reste une parfaite inconnue ; nous ne savons rien d’elle excepté son âge et son métier, car c’était un métier, même si elle en avait d’autres, et Camille Laurens a décidé de lui redonner une existence. Quel rôle a joué le fait que cette jeune femme soit, dans la perception commune, d’abord non pas un être vivant mais une œuvre d’art, non pas d’abord un être de chair, mais un être de bronze, ou de cire ?

Zoe Valdès a décidé de saisir Gauguin dans les dernier instants de sa vie, dans l’île d'Hiva Oa, dans l’archipel des Marquises. Le peintre est en train de mourir, son corps brûle, exhale la maladie, exsude de désir, les prises de laudanum n’y font rien, et il se souvient, il délire, les souvenirs à Arles avec Van Gogh, les jeunes femmes, Vollard, la maison du jouir. C’est un très court texte qui semble donner l’impression de jaillir comme la couleur en dehors d’un tube, un texte très physique, plein de nuances et de textures.  Quel rôle a joué le fait de se frotter à l’œuvre d’un autre artiste pour faire œuvre à son tour ? Pour faire œuvre de son œuvre, presque ?

En tant qu’écrivain, quand j’écris, je suis aussi un homme. Je deviens Gauguin. Zoé Valdès

J’ai une passion pour le réel. Je voulais connaître la réalité qui a précédé l’œuvre. Camille Laurens

Leurs choix musicaux :

Camille Laurens : Coppélia, ou la fille aux yeux d’émail,  La valse de la poupée, d'Arthur Saint-Léon, livret de Charles Nuitter, musique de Léo Delibes, d'après le conte d'Hoffmann L'Homme au sable, sous la direction de François Hainl.

Zoé Valdés :  Préludes, Op. 28, N°3 in G Major - Vivace (court), de Frédéric Chopin, par Alain Planès.

Pour aller plus loin :

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