LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Makenzy Orcel Catherine Poulain

Catherine Poulain et Makenzy Orcel

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Temps des écrivains

Makenzy Orcel Catherine Poulain
Makenzy Orcel Catherine Poulain Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine, dans le temps des écrivains, un dialogue entre deux auteurs qui à merveille parlent des femmes, de leurs combats, des dangers qu’elles encourent et de la force qu’elles déploient contres les hommes, leurs pouvoirs, leur désir : Catherine Poulain qui, après le succès énorme du « grand marin », publie «  Le cœur blanc » aux éditions de l’Olivier, et Makenzy Orcel, l’auteur haïtien très remarqué des « Immortelles », et qui publie « Maître-Minuit », aux éditons Zulma. 

Dans « Le cœur blanc », on est en Provence, dans la chaleur d’un été où surgissent deux héroïnes plongées dans un milieu d’hommes, celui des saisonniers. Rosalinde, venue du Nord, surnommée « La boche », et qui enflamme le désir des hommes avec « sa petite tête rousse de gibier des bois », comme l’écrit Catherine Poulain. Mais aussi Mounia, « l’Algérienne aux yeux verts », fille de harkis. Catherine Poulain nous raconte leurs vies, leurs luttes au milieu de ces hommes qui leur tournent autour, et ce travail qui assomme les têtes et les cœurs, au cœur d’une nature qui rend ivre autant que l’alcool qui sert à tenir. « Il faudrait toujours être en route pour l’Alaska », nous disait-elle dans le Grand Marin. Avec « Le cœur blanc », c’est une Alaska brûlante qu’elle dépeint, où les femmes jouent le rôle d’étincelles, surtout quand elles refusent de se plier à la loi des hommes. Pourquoi Catherine Poulain, qui se refuse à parler de roman « féministe », a t-elle choisi le feu pour dire ces femmes, ces « femmes du feu » comme chez Nerval du feu il y avait les « filles » ?

Dans « Les Immortelles », Makenzy Orcel, né en Haïti en 1983, donnait la parole à une prostituée. Dans « Maître Minuit », c’est une autre femme qui apparaît, shootée à la colle dans les rues de Port-au-Prince. Elle nous est racontée par son fils Poto. Son fils, ou plutôt celui qu’elle a kidnappé dans une maternité pour pouvoir aller mendier un enfant sous le bras. On est en Haïti, entre l’ère de Duvalier et celle d’Aristide, et on va suivre le destin de cette femme, Maria Elitha Demosthène Laguerre, qui n’a comme seul refuge cette drogue bon marché, ainsi que celui de Poto, qui ne connaît pas son père, marin de passage, et se débrouille comme il peut, avec comme seul trésor, dans son sac à dos, les dessins, qu’il transporte avec lui depuis l’enfance. Roman d’apprentissage, « Maître Minuit » est aussi une fresque sur le pouvoir politique qui aliène, et la résistance qui s’impose. Notamment pour les femmes, les plus beaux personnages du roman de Makenzy Orcel. Mais quel rôle joue donc ce « Maître Minuit », géant marcheur de la mythologie vaudou qui règne sur la vie et les espoirs, peut-être, de ces femmes ?

Musiques Césaria Evora   Sodade

Manno Charlemagne   Tet Kole

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......