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Claire Berest et Olivier Frébourg

Claire Berest et Olivier Frébourg : mission transmission

1h03
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, une rencontre entre deux écrivains autour de la notion de transmission, qui est peut-être, qui sait, la belle raison d’écrire. Nos invités ? Claire Berest et Olivier Frébourg.

Claire Berest et Olivier Frébourg
Claire Berest et Olivier Frébourg Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Communiquer les signes du désastre

Dans « Où vont les fils ? » (Mercure de France), Olivier Frébourg fait parler un père. Qui raconte l’incroyable Odyssée qu’est l’aventure d’être père, et aucune n’est plus belle, nous dit-il. Cet homme, qui s’inquiète, la nuit, de la température du corps de ses enfants dans la maison normande où ils dorment, a perdu la femme qu’il aime. Elle l’a quitté, fracassant sa vie et ce bonheur familial évoqué une dernière fois dans ce court roman comme pour le ressusciter le temps d’une centaine de pages, à moins qu’il ne s’agisse que de prendre acte de sa perte. 

Cet homme a trois fils, le plus petit a perdu son jumeau à sa naissance et c’était d’ailleurs le sujet d’un autre livre d’Olivier Frébourg, « Gaston et Gustave » (2011). L’écho de cette souffrance court encore d’ailleurs dans ce nouveau livre, rempli de souvenirs de voyages en Asie, de films de Sautet,  d’une enfance comparée à un paquebot, des robes d’été vert bouteille de la femme partie, d’ « On dirait le sud » de Nino Ferrer, hymne d’amour, et d’images de maintenant, nouvelle vie effilochée entre moments de supermarché, devenir-écran du monde, et fin du livre, talisman adoré mais en perte de vitesse, comme l’est la verticalité nécessaire à l’homme, pense le narrateur de Frébourg, qui se réfugie dans les églises. Que cherche t-il, ce contemporain, à nous transmettre ainsi les signes du désastre ? 

Exhiber les cicatrices

Claire Berest publie « Rien n’est noir » (Stock), dont le titre n’est pas un message à l’attention du narrateur du livre d’Olivier Frébourg, mais une phrase extraite d’une lettre de Frida Kahlo (1907-1954), l’héroïne de ce roman. Rien n’y est noir, en effet, mais « bleu cobalt » comme la rencontre de Frida avec Diego Rivera, « rouge brasier » comme leurs noces, « jaune sable », ou  « jaune éclipse », comme leurs trahisons, « gris cendres » enfin comme la séparation de ces deux formidables amants, une « poupée menue » d’un côté et un « géant à tête de crapaud-buffle » de l’autre, dont la passion semblait pouvoir s’épanouir jusque dans les étoiles, et qui éclata avant tout dans les toiles, celles de Frida Kahlo. Ça commence par une fête, des artistes, des communistes, de la tequila, eux deux, et puis une nuit d’amour, les cicatrices qui s’exhibent et sur lesquelles il faut répondre, avant de se lancer dans le tourbillon d’un amour très orageux. Mais qui a envie de vivre abrité des orages ?, s’interroge Frida. C’est sa passion pour Diego Rivera que Claire Berest choisit de nous raconter dans ce roman, après avoir consacré avec sa sœur Anne un livre à une autre orageuse, Gabriële, son arrière-grand-mère, muse d’un autre peintre, Picabia. Dans un style haut en couleurs, à travers des phrases pleines de pigments, de bagues, de perles, d’insultes et de coups de couteau dans les toiles, de Breton et de Duchamp, de chagrins et de joies, Claire Berest ressuscite Frida Kahlo, morte en 1954, mais jamais vraiment disparue, devenue icône planétaire, sujet de films, et déclinée en posters et même en poupées pour les petites filles. Alors pourquoi revenir sur elle ? Que cherchait à transmettre à ses contemporains, ou à elle-même, Claire Berest, en se lançant dans ce roman ? 

Rétablir une continuité

Est ce que ce n’est pas le propre de toute génération de voir son monde s’écrouler ? Les écrivains sont-ils les maillons d’une longue chaîne de transmission, rétablissant de la continuité dans ce qui tend à se briser ? Ecrit-on pour ranimer le passé ? 

Voilà quelques-unes des questions auxquelles nous essaierons de répondre, par la littérature, dans cette émission.

Choix musical de Claire Berest   : « la LLorona » de Angela Aguilar

Et celui d'Olivier Frébourg : "Le Large", Françoise Hardy 

" Je pense que quand on écrit un nouveau, alors qu'on en a déjà écrit auparavant, deux écritures se mêlent. Celle, inhérente à ce qu'on est et le langage des personnages  avec lesquels on a décidé de passer un moment" Claire Berest . 

"Moi je ne suis pas un sociologue. Je suis pour l'évolution des mœurs la plus totale. L'auteur observe mais ne juge pas. Ce qui est intéressant c'est d'observer l'éclatement des familles. La difficulté est de pouvoir raconter ce que nous vivons sans y apporter de jugement moral." Olivier Frébourg.  

Bibliographie

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Où vont les fils ? Olivier FrébourgMercure de France , 2019

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