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Adrien Bosc, Clara Dupont-Monod, Javier Cercas

De l’Histoire, oui mais avec ou sans fiction ?

1h
À retrouver dans l'émission

Spéciale rentrée littéraire

Adrien Bosc, Clara Dupont-Monod, Javier Cercas
Adrien Bosc, Clara Dupont-Monod, Javier Cercas Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine, un plateau exceptionnel puisque nous recevons un grand d’Espagne, le très grand d’Espagne, Javier Cercas, l’auteur des « Soldats de Salamine » et de « L’imposteur », qui revient en France avec un nouveau roman au titre énigmatique, « Le monarque des ombres ». 

Et avec lui, deux écrivains français, passionnés de littérature et d’histoire, et ça va être notre sujet aujourd’hui, les liens entre la littérature et l’histoire.

Clara Dupont Monod, qui va nous emmener au XIIe siècle chez Aliénor d’Aquitaine, et Adrien Bosc, qui nous embarque, lui, à bord du Capitaine-Paul-Lemerle, aux côtés de quelques célébrités qui fuient la France de Vichy.

Javier Cercas publie donc « le monarque des ombres » (Actes sud), nouveau livre après « l’imposteur », paru il y a deux ans qui nous racontait l’histoire vraie d’Enric Marco, figure charismatique du syndicalisme catalan, qui s’était fait passer pour résistant et survivant des camps de la mort alors que non seulement il ne les avait jamais connus, mais était aller travailler volontairement en Allemagne pendant la guerre. Aujourd’hui, l’impitoyable remueur de plaies Javier Cercas s’intéresse à sa propre famille. Mieux, au « héros officiel » de sa famille. Manuel Mena est mort au combat à 19 ans pendant la guerre civile espagnole, lors de la terrible bataille de l’Ebre, le 21 septembre 1938. Mais pas dans le bon uniforme puisqu’il était phalangiste, organisation nationaliste et paramilitaire d’inspiration fasciste fondée en 1933 par Primo de Rivera, et qui entendait offrir à l’Espagne, une « aube nouvelle ». Longtemps, Cercas a rougi de honte à l’évocation de cette figure. « Apprendre à vivre avec me paraissait déjà suffisamment compliqué », écrit-il dans « Le Monarque des Ombres ». Alors qu’est ce qui l’a décidé à écrire ce livre aujourd’hui, et à refuser, presque, toute fiction ?

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On connaît le tropisme médiéval de Clara Dupont Monod, à laquelle on doit La Folie du roi Marc qui mettait en scène le mari oublié d'Yseut (dans le mythe de Tristan et Yseut), ou La Passion selon Juette, qui décrivait le combat de Ivette de Huy, une femme du XIIe siècle qui refusait les diktats d'un monde où les femmes n'avaient pas leur mot à dire face à l’Église. Il y eut encore Le Roi disait que j’étais diable, sur la puissante Aliénor d’Aquitaine, et son union avec Louis VII. Elle revient, Aliénor, dans « La révolte » (Stock), mais racontée par son fils, Richard cœur de lion, qu’elle a convaincu, lui et ses frères de renverser leur père, Henri II Plantagenêt. Si la rumeur la disait sorcière, putain, “ La Révolte ” la remet en scène dans les atours d’une femme de tête qui veut se venger. Une histoire dans l’Histoire où la liberté, à commencer par celle de l’auteur, n’a pas de prix.

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Retour aussi pour Adrien Bosc, grand prix du roman de l’académie française avec « Constellation », grand prix du roman de l’académie française, qui racontait l'accident aérien qui avait coûté la vie à Marcel Cerdan en 1949. Cette fois ce n’est pas dans la carlingue d’un avion qu’il nous emmène mais à bord d’un cargo, quelques années avant, en 1941. Il s’appelle le capitaine-Paul-Lemerle, il quitte Marseille à destination de la Martinique, et il a, à son bord, les réprouvés de la France de Vichy, immigrés de l'Est et républicains espagnols en exil, juifs et apatrides, et parmi eux un petit lot de célébrités, André Breton et Claude Levi Strauss, ou Wilfedo Lam ou Victor Serge, qui fuient la barbarie nazie pour un ailleurs moins dangereux. C’est cette traversée qu’il nous raconte dans « Capitaine » (Stock) avec un luxe de détails qui nous permettent de comprendre comment Claude Lévi-Strauss et André Breton, le pape du surréalisme, ont fait connaissance, ou de nous frotter à la sensibilité d’artistes de premier plan. Après la voie des airs, la voie des mers, à la recherche d’un point aveugle de l’histoire de France.

Rhapsodie espagnole, prélude à la nuit de Maurice Ravel choix d'Adrien Bosc 

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