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Flore Vasseur et Julien Blanc-Gras

Julien Blanc-Gras et Flore Vasseur : illusions perdues ?

59 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, c’est un peu grandeur et décadence de l’époque, à travers le regard que portent sur elle deux écrivains contemporains : Flore Vasseur qui a écrit sur un héros suicidé de notre ère digitale, Aaron Swartz; et Julien Blanc-Gras, sur la guerre en bruit de fond.

Flore Vasseur et Julien Blanc-Gras
Flore Vasseur et Julien Blanc-Gras Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine, c’est un peu grandeur et décadence de l’époque, à travers le regard que portent sur elle deux écrivains contemporains, qui connaissent tout, hélas, des désillusions de la jeunesse, mais qui, avec tendresse, et sens du combat, ont décidé de ne pas déposer les armes.

Flore Vasseur, d’abord, qui avec « Ce qu’il reste de nos rêves » (Équateurs), livre un récit mélancolique et engagé sur un héros suicidé de notre ère digitale. Il s’appelait Aaron Swartz, et il croyait que l’internet pouvait rendre nos vies meilleures. Swartz était un Mozart du code, ou plutôt un Rimbaud du code puisqu’il adorait les livres et qu’il était, à sa manière, très poétique. Le code, l’art de programmer les machines, il le pratiqua dès l’âge de 8 ans, avant de rêver de libérer, pour le monde entier, l’accès à la connaissance qui faisait, pour lui, descendant d’immigrants juifs venus avec leurs livres d’Europe centrale, l’honneur de l’humanité, et peut-être la condition de son progrès. 

De la poésie du royaume du digital

Swartz a inventé Wikipédia avant Wikipédia, les flux RSS, des systèmes digitaux de mobilisation de l’opinion, fait annuler un certain nombre de lois avant de commettre l’irréparable aux yeux de la loi, ce qui le fit entrer dans la spirale d’un procès dont il décida de ne pas jouer le jeu… en se pendant, à l’âge de 26 ans.

C’est son histoire que Flore Vasseur nous raconte dans un récit très émouvant, un manuel de résistance où il est presque autant question de son héros que d’elle, et d’une génération qui aura vu les dernières utopies se fracasser sur le mur du profit. La poésie se cacherait elle aussi au royaume des princes du digital? 

La guerre, un truc de vieux ?

Avec elle, Julien Blanc-Gras, qui publie « comme à la guerre » (Stock). Un récit qui pourrait se rapprocher de celui de Flore Vasseur par sa façon de lancer un regard poétique et lucide sur l’époque que nous vivons. « Comme à la guerre » est aussi le portrait d’un jeune père qui a beaucoup bourlingué (75 pays quand même) avant de se ranger des voitures et, en garant le véhicule, de se décider à regarder son petit garçon vivre. 

Son livre a été écrit entre 2015 et 2018, pendant les trois premières années de la vie de ce fils né, comme il l’écrit, « avec le mot guerre en fond sonore. » La guerre qui se fait entendre avec les attentats de Charlie hebdo et de l’Hyper Cacher. C’est par ces attentats que s’ouvrent ce livre signé par quelqu’un pour qui “ la guerre était un truc de vieux ” et qui découvre que les lendemains qu’on lui promettait chantant le font un peu déchanter. Comment continuer à vivre ? En se replongeant, peut-être, lui qui a “ la sensation d'être cerné par l'apocalypse ”, dans le journal tenu par son grand-père maternel sous la mitraille en 1939-1940 et dans les « récits d’engagement » tapés à la machine du grand père paternel, le maréchal des logis chef Blanc-Gras et qui lui offrent une échelle pour évaluer la tragédie contemporaine. Et peut-être aussi, évaluer son bonheur? 

Lanceurs d’alerte

Deux récits qui se font écho par leur façon d’examiner l’époque. « Epoque », ἐποχή, en grec, signifie l’arrêt, la suspension. Et notamment la suspension du jugement, la « mise en doute » pour les philosophes sceptiques.  Est-ce leur démarche littéraire? Ces deux auteurs, encore jeunes, et encore combatifs accorderaient-ils à l’écrivain, de plus en plus chassé par l’image instantanée et la pensée en 140 signes, une mission particulière dans l’époque où ils vivent? Celle, peut être, du lanceur d’alerte ?

La place des livres dans la vie de Flore Vasseur et Julien Blanc-Gras

Le sujet, c'est comment résister au réel, et quels sont les agents de la consolation. Les livres font partie des agents de la consolation.   Flore Vasseur

Grâce aux livres on a des centaines de pages pour exprimer les nuances du réel alors que le monde numérique est plutôt le refuge de la polarisation.  Julien Blanc-Gras

Bibliographie

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Ce qu'il reste de nos rêvesFlore VasseurEditions des Equateurs, 2019

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