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René de Ceccatty et Christophe Paviot

Enfance avec René de Ceccatty et Christophe Paviot

58 min
À retrouver dans l'émission

René de Ceccatty et Christophe Paviot sont les invités de Christophe Ono dit Biot.

René de Ceccatty et Christophe Paviot
René de Ceccatty et Christophe Paviot Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

"Les souvenirs les plus vivants sont ceux qui surgissent alors qu'on ne les convoque pas", R.de C.

"J'essaie d'être au plus près de la vérité mais l'écriture c'est l'endroit de l'invention, de la triche", C.P.

Cette semaine, une émission placée sous le signe de l’enfance, vue comme un contrepoint à la mort. Il sera question de rendre compte, aussi, par la littérature, du temps qui passe, de la mémoire, et d’une aube, d’un âge, d’un moment, d’un commencement que les deux écrivains qui sont réunis aujourd’hui regardent à la fois avec tendresse et acuité. Qui sont-ils, ces deux écrivains ? Un écrivain, romancier, critique, dramaturge, traducteur, René de Ceccatty, et un jeune écrivain de jadis qui revient aux affaires avec un nouveau texte, Christophe Paviot.

On connaît René de Ceccatty pour ses romans, notamment Aimer, L’hôte invisible ou encore L’accompagnement, pour ses biographies de Moravia, Pasolini et Violette Leduc, pour ses traductions enfin de l’italien et du japonais. Il publie chez Gallimard, Enfance, dernier chapitre, livre vaste, entreprise de reconstitution d’une mémoire, où il est question de son enfance, et du moment où il écrivait ce livre sur ses quatre premières années, alors que sa mère vivait, elle, ses quatre dernières. Dans ce livre, il est question de la Tunisie, où il a passé sa petite enfance, des parents, des grands-parents, voire de deux lignées, de son frère Jean Pavans, qui allait devenir le traducteur de Henry James, de son arrivée en France l’été 58, à Montpellier, de ses terreurs nocturnes qui chassaient le père du lit conjugal, de ses jouets, aussi… Il est question des êtres de chair, comme ce grand-père arabe qu’il tente de reconvoquer par la mémoire, mais aussi d’autres éléments qui s’invitent comme la langue italienne, le japon où il a habité, sachant qu'habiter et écrire ont chez lui des liens très étroits. Il est aussi question d’écrivains, Pasolini, Soseki. Il est question évidemment, figure centrale, de cette mère qui vit ses derniers jours, qui perd la mémoire, qui ne peut plus lire les livres de son fils, ce qui fait écrire à René de Ceccatty : « En me souvenant, je luttais contre son amnésie. » Alors on comprend que c’est cette situation, une mère qui va mourir et qui va clore cette entreprise de remémoration, qui explique ce titre, Enfance, dernier chapitre. Et pourtant, est-ce qu’on en a jamais fini avec son enfance, surtout quand on est écrivain ? Est ce qu’on peut vraiment lui donner son « dernier chapitre »?

On a lu Christophe Paviot il y a très longtemps, à l’époque de la publication de Le ciel n’aime pas le bleu, où il contait une enfance dans une terre bretonne et paysanne, avant de s’enfuir vers d’autres latitudes romanesques, l’Amérique, par exemple, c’était le temps de Blonde Abrasive. Christophe Paviot a beaucoup donné dans la nouvelle aussi, des nouvelles où il était parfois question de windsurf, chose suffisamment rare dans la littérature française pour mériter d’être signalée. On le retrouve en 2017, avec un livre très près de lui, Traversée dans la région du cœur, beau titre, chez Stock, où il est question pour le narrateur d’un voyage géographique mais aussi temporel, dans un pays aussi lointain que proche, la Suède, avec sa fille et sa femme mais également vers l’enfance de cette dernière. En effet, la femme aimée a une mère qui va mourir, et il s’agit de l’accompagner, cette femme aimée, d’être là, de se tenir droit face à son chagrin. D’en prendre sa part, aussi, avec un autre membre de la famille, une petite fille, dont la femme qui meurt est donc la grand-mère, une toute petite qui porte le nom de ce pays où l’on va voyager, Sfea, comme Suède. C’est un livre, comme celui de René de Ceccatty, où il est question de bonheur et de douleur, de l’enfance et de mort. Qu’est ce que cette « région du cœur » qu’il faudrait traverser ? Est-ce qu’on la traverse, d’ailleurs ?

Leurs choix musicaux :

René de Ceccatty : “I'm on my way”, Mahalia Jackson

Christophe Paviot : "Evergreen", Roy Orbison

Le Temps des libraires :

Marie Jo Battesti de la librairie Goulard, à Aix-en-Provence, nous présente Rue Monsieur-Le-Prince, de Didier Castino, Liana Lévi, 198 pages.

Librairie Goulard

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