LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
 Roberto Saviano et Thomas B Reverdy

Entretien Thomas B Reverdy/ Roberto Saviano

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Temps des écrivains reçoit aujourd'hui deux auteurs engagés.

 Roberto Saviano et Thomas B Reverdy
Roberto Saviano et Thomas B Reverdy Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine dans Le Temps des écrivains, une émission, un dialogue, une rencontre autour de l’engagement de l’écrivain, mais aussi de son observation des mécanismes du pouvoir, de ceux qui le subissent, et des marges où celui-ci, parfois, s’exerce. Nous recevons l’auteur d’un premier roman nommé… Roberto Saviano, l’auteur du mondialement acclamé « Gomorra », qui publie son premier roman, « Piranhas » (Gallimard). Et Thomas B. Reverdy qui publie, lui, « L’hiver du mécontentement » (Flammarion)

Agé de 39 ans, Roberto Saviano est devenu un phénomène mondial en 2006 avec « Gomorra », immersion vertigineuse dans la mafia napolitaine portée à l’écran par Matteo Garrone, et « extra pure », en 2013, voyage tout aussi mouvementé dans l’économie de la cocaïne. Deux livres qui ne lui ont pas valu que des amis, mais des menaces de mort, et une escorte policière que Matteo Salvini, ministre de l’intérieur et nouvel homme fort de l’Italie, a voulu lui enlever cet été après avoir été accusé par l’écrivain d’accointances avec la mafia calabraise. La réponse de l’écrivain n’a pas tardé : « buffone ». Il s’en explique à notre micro.  

Roberto Saviano revient aujourd’hui en librairie avec « Piranhas », traduit par Vincent Raynaud, premier roman plein de verve et de fougue, peinture noire et vivante d’un phénomène appelé à Naples les « baby gangs », groupes de très jeunes criminels, de 10 à 18 ans, qui sévissent dans les rues. Il sont les héros de son livre, Nicolas alias Maharaja, Briato, Drone, Lollipop, ou encore Drago, attelés à conquérir la ville et à s’élever dans la hiérarchie du crime. Le roman s’ouvre par une scène très forte d’humiliation publique, qu’on laissera aux auditeurs de soin de découvrir, et la suite est tout à fait à la hauteur, violente et poétique aussi. Une adaptation à l’écran est d’ailleurs en cours. Le romancier s’exprime d’abord sur le titre italien du roman, qui n’est pas « Piranhas », mais « La paranza dei bambini », un terme qui fait lui aussi référence à la pêche nocturne dans la baie de Naples. La « paranza dei bambini », c’est « la barque des enfants » : une arche de Noé infernale ?

PNL  Le Monde ou rien

Thomas B. Reverdy a déjà participé à l’émission pour un livre écrit à quatre mains avec l’historien Sylvain Veneyre, « Jardin des colonies ». Dans « L’hiver du mécontentement », il s’inspire de l’hiver 1978-1979 en Angleterre, où d’énormes grèves paralysèrent le pays avant que celui-ci ne soit conquis par une certaine Margaret Thatcher. Nous disons « conquis » car l’expression « l’hiver du mécontentement » est aussi une référence à « Richard III » de Shakespeare, histoire de la conquête du pouvoir par un homme prêt à tout pour arriver à ses fins : « J'ai bien l'intention de prouver que je suis un méchant et que je hais les plaisirs frivoles des jours actuels », disait il chez Shakespeare. L’ombre de Richard III plane sur son roman, et son héroïne, Candice, coursière à vélo et passionnée de théâtre, va d’ailleurs croiser Margaret Thatcher venue prendre un cours de diction… Elle sera nommée première ministre après les élections du 3 mai qui suivront cet hiver, porté ici par la musique de l’époque, le punk. Il imprègne, des Sex Pistols à Joy Division, tout le livre de Reverdy, qu’on commence par interroger sur son titre, inspiré de Shakespeare mais aussi de Steinbeck, avant de laisser les auteurs dialoguer.

London Calling  par Clash

Chez Saviano comme chez Reverdy, il y a en effet une grande fibre sociale qui s’exprime, une grande précision aussi sur les faits économiques qu’ils relatent, et un « engagement » évident.  Mais quelle est pour eux la pertinence de cette notion ? Et puisqu’on parlait de Shakespeare, on l’a cité à Roberto Saviano : en effet, on l’a vu, il a été l’un des seuls écrivains d’Italie à se dresser publiquement contre la politique de Matteo Salvini. Son roman « Piranhas » présente une Italie gangrenée jusqu’à son cœur, c’est à dire sa jeunesse. 

Aurait-il donc écrit ce livre parce qu’il y a « quelque chose de pourri dans le Royaume » ? 

Les propos de M. Roberto Saviano sont traduits par Madame Antonella Vignoli 

Bibliographie

"Piranhas" (Roberto Saviano, 2018)

PiranhasRoberto SavianoGallimard, 2018

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......