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Fabrice Humbert et Nina Bouraoui

Nina Bouraoui et Fabrice Humbert: quand la fiction se révolte

58 min
À retrouver dans l'émission

Dans "Le Temps des écrivains" cette semaine, une nouvelle rencontre entre deux auteurs préoccupés par la violence contemporaine. La littérature aurait-elle le pouvoir de changer, un peu, les choses?

Fabrice Humbert et Nina Bouraoui
Fabrice Humbert et Nina Bouraoui Crédits : Christophe Ono Dit biot

"Un écrivain regarde le monde d'un autre point de vue, traversé par ses propres obsessions, par son don du beau et de la poésie. Nous restituons le monde, non pas comme des journalistes justement mais avec cette dimension émotionnelle qui nous rattache à nos souvenirs. Je suis très sensible à la violence du monde car j'ai grandi dans un pays violent : l'Algérie."  Nina Bouraoui

Cette semaine dans le temps des écrivains, on parle de la violence du monde qui nous entoure, on parle du mensonge, on parle de la manipulation, et on ne se laissera pas faire avec Nina Bouraoui qui publie « Otages », chez Lattès, et avec Fabrice Humbert qui publie « Le monde n’existe pas », chez Gallimard.

"La lecture et l'écriture développe de façon incroyable le déchiffrement psychologique des êtres. Vraiment, l'expérience venant, j'ai l'impression de pouvoir déchiffrer les gens en quelques minutes." Fabrice Humbert

Sortir de la Cagex. Passer enfin à l’acte.

Nina Bouraoui est l’auteur de nombreux romans dont "La Voyeuse interdite" (Gallimard), lauréat en 1991 du Prix du Livre Inter, et de "Mes Mauvaises pensées" (Stock), couronné par le Prix Renaudot en 2005. « Otages » prolonge l’une des pièces de théâtre de l’écrivaine : on y découvre Sylvie Meyer, 53 ans, deux enfants, ouvrière sur le chemin de la révolte. Elle travaille à la Cagex, une entreprise qui fabrique du caoutchouc et son boulot, c’est de veiller au bon fonctionnement du matériel. Elle dirige ce qu’on appelle « la section des ajustements ». L’entreprise est une ruche, Sylvie veille sur ses abeilles, c’est une bonne chef de ruche, mais il y a la crise et l’entreprise qui ne tourne plus comme avant. Il faut « dégraisser », comme on dit, alors elle se voit confier une mission préparatoire à ce dégraissage par son patron : repérer les branches mortes afin de les couper. Trahira t-elle ses petites abeilles ? Il va se passer quelque chose de fracassant, elle va passer à l’acte, une « connerie », dit elle, un petit « craquage ». On n’en dit pas plus : en tous cas y a les flics, et le passé qui revient, un sale souvenir, et la vie d’après. Pour être, peut-être, un peu moins « otages » ? C’est par ce titre que nous commençons l’émission. En quoi ce terme, dont le sens a dérivé, de « personne livrée ou reçue comme garantie de l'exécution d'une promesse, d'un traité», à « personne que l'on arrête et détient comme gage pour obtenir ce que l'on exige, s’est il imposé pour le titre ? Et pourquoi ce pluriel ?

La lutte de la news contre le fake.

Avec « Le monde n’existe pas », Fabrice Humbert nous plonge lui aussi dans une histoire de violence contemporaine, et donnant à voir la terrible lutte qui se joue, aujourd’hui, entre la réalité et la fiction, la news, et le fake. On a quitté les rives du roman de Nina Bouraoui, on est aux Etats-Unis avec Adam Vollmann. Plus exactement à Times Square dont les écrans diffusent le portrait d'un homme recherché pour le meurtre de Clara Montes, une jeune Mexicaine qu'il aurait violée et tuée. Qui est cet homme ? Il s’appelle Ethan Shaw, le seul ami qu’avait, vingt ans apuravant, Adam Vollmann. Ethan était la star du lycée Drysden, au Colorado. Une sorte de Robert Redflord jeune, « le capitaine de l'équipe de football. Le joueur de tennis le mieux classé de l'Etat dans sa catégorie ». Comment peut-il être le coupable que tout le monde recherche. Adam en doute  et retourne à Drysden. Comme chez l’héroïne de Nina Bouraoui, le passé ressurgit pour confronter la réalité au mensonge. Si tant est que la frontière existe encore entre les deux. Et si « le monde n’existe pas », où donc vivons-nous ?

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Traiter le mal par la fiction ?

Deux auteurs qui ont décidé de prendre à bras le corps le sujet de la violence contemporaine, professionnelle, médiatique, sociale, et de traiter le mal par la fiction. Croient-ils que la littérature a le pouvoir de changer, un peu, les choses ? D’aider à résister ? De réparer le silence ?

Comment, aussi, faire le tri entre la vérité et le mensonge au sein de la littérature, notamment du roman, dont le propre est aussi de nous faire croire à quelque chose qui est de l’ordre de l’illusion. Le roman peut-il un instrument de recherche de la vérité ? 

Dans "Le Temps des écrivains" cette semaine, une nouvelle rencontre entre deux auteurs préoccupés par la violence contemporaine. Croient-ils que la littérature a le pouvoir de changer, un peu, les choses? D’aider à résister ?

Le choix musical  de  Nina Bouraoui : Pink Floyd "Another brick in the wall "

Le choix musical  de  Fabrice Humbert : Sinead O'connor « Fire on Babylone"

Bibliographie

"Le monde n'existe pas", Gallimard, 2020

Le monde n'existe pasFabrice HumbertGallimard, collection Blanche, 2020

Otages

OtagesNina BouraouiJC Lattès, 2020

Intervenants
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