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Jean Teulé et Jean-Christophe Rufin

Jean-Christophe Rufin et Jean Teulé: déraison !

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Temps des écrivains 6 avril 2019

Jean Teulé et Jean-Christophe Rufin
Jean Teulé et Jean-Christophe Rufin Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine une émission placée sous le signe de la déraison, de la fantaisie, de l’acte d’écrire qui libère, l’auteur comme le lecteur, avec deux écrivains qui la pratiquent, cette libération par l’écriture ! C’est, en tous cas, l’impression que nous avons eue en lisant leur dernier roman : « Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla », de Jean Christophe Rufin (Gallimard), et « Gare à Lou ! », de Jean Teulé (Julliard)

Sur un arbre perchée... et nue

« Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla », de Jean Christophe Rufin, prix Goncourt 2001 avec « Rouge Brésil », est un roman cavalcadant qui nous fait traverser le siècle et dans lequel nous faisons la connaissance d’un couple lié par un amour qui se fiche des normes, dès sa naissance. Ludmilla, l’héroïne, est en effet rencontrée par Edgar, le héros, perchée sur un arbre, et… nue. Edgar lui, est habillé, mais mal accompagné. Il voyage avec une jeune fille qu’il n’aime pas vraiment dans la Russie de Khrouchtchev au volant d’une Simca qui véhicule un autre couple, et ce, dans un but journalistique : raconter une Russie qui change. Mais rencontrer en Ukraine cette fille très belle et nue dans un arbre va un peu changer les plans initiaux. Surtout lorsque les paysans du village commencent à lui lancer des cailloux pour qu’elle redescende de son arbre… 

7, chiffre magique

Edgar et Ludmilla tombent amoureux, et ne vont dès lors pas cesser de s’aimer, de s’épouser, de se quitter, et de s’épouser à nouveau pour se quitter encore, tout au long de cette deuxième partie du XXe siècle dans laquelle cet amour marqué par la déraison et la liberté s’épanouit, partie du siècle que Jean Christophe Rufin nous fait traverser au rythme de 7 tableaux, 7 coups de théâtre, sept mariages. 7, et pas 8, 9, ou 6. 7, comme les 7 nains, les 7 merveilles du monde, ou les 7 jours de la semaine. Oui, 7, un chiffre, convenons-en, un peu magique… Jean-Christophe Rufin aurait-il décidé de donner dans le conte de fées ? 

Tout est possible avec Lou

Avec lui dans l’émission, Jean Teulé, qui donne lui aussi dans le conte avec « Gare à Lou ! », publié chez Julliard, et dont l’héroïne est une gamine douée d’un drôle mais puissant pouvoir magique : quand elle souhaite du mal à quelqu'un, ce mal se produit... Par exemple, elle peut faire tomber quelqu’un dans l’escalier sans le toucher, juste en le pensant. Ou faire tomber ses dents, les unes après les autres, ou instantanément, de ses gencives pourtant saines. Elle peut transformer les roues de la Ferrari d’un pilote vaniteux en roues de bicyclette, faisant s’évaporer non seulement la noblesse du véhicule, mais aussi sa fonction de bolide. Avec Lou, tout est possible. Il lui suffit juste d’imaginer… 

Boule à neige géante

Un don inexplicable qui va intéresser le pouvoir suprême de l’étrange pays dans lequel Lou vit, pays qui n’est jamais nommé, qui pourrait faire songer à la réelle Corée du nord ou à la fictive Pologne du père Ubu, les gratte-ciels en plus, ici appelés « écorche-cieux » tant ils montent haut. Oui, c’est une potentielle arme fatale, cette petite… En tous cas c’est ce que se dit le dirigeant de ce pays dont le palais ressemble à une boule à neige géante… Le nouveau roman de Jean Teulé est drôle, poétique, absolument fou, encore plus inventif que ses livres à fond historique qui prenaient pourtant déjà de sacrées liberté avec la réalité historique, pensons à « Entrez dans la danse » ou à « Héloïse, ouille ! » qui revisitait le mythe d’Héloïse et Abélard, mais en respectant un minimum le réel. Cette fois-ci, c’est terminé. Jean Teulé s’est-il dit : réalité, passe ton chemin ?

Ruer dans les brancards

Deux romans débridés dont les auteurs ruent dans les brancards. Serait-ce pour faire un pied de nez à une époque un peu trop shootée au réel et au fait divers historique ? Pour proposer, comme un antidote, une fiction totale ? 

"J'ai fait appel à la mémoire plus qu'à l'histoire." Jean-Christophe Rufin

"Faire un livre c'est comme inviter des gens à dîner. Et quand on invite des gens à dîner, on a envie de leur faire plaisir."  Jean Teulé 

Choix musical de Jean Teulé: Alain Souchon, "Et si en plus il n’y a personne"

Choix musical de Jean-Christophe Rufin: "Madame Butterfly" de Puccini, acte II. "Un bel dì, vedremo"

Intervenants
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