LE DIRECT
Jul et Emile Bravo

Jul et Emile Bravo

58 min
À retrouver dans l'émission

;samedi 8 décembre

Jul et Emile Bravo
Jul et Emile Bravo Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine dans Le Temps des Ecrivains, une émission un peu spéciale car nous la consacrons à la bande dessinée, neuvième art dont il est assez peu question ici généralement, mais qui va nous permettre, aujourd’hui, d’effleurer, un peu, le mythe…

Nous allons en effet nous intéresser à deux personnages légendaires de la bande dessinée, Lucky Luke, et Spirou, et plus précisément, nous intéresser à leur réinvention. Car les deux auteurs que nous recevons et qui sont, aussi, les deux auteurs les plus en vue de l’automne, ont dû - fut-ce un supplice ou une grâce ?- se mettre dans les pas de la création d’un prédécesseur talentueux. Alors comment ont-ils fait pour ne pas brider leur créativité personnelle, malgré la contrainte de devoir coller à l’histoire d’un personnage adulé qu’il s’agissait de ne pas trahir tout en le ressuscitant et en le faisant évoluer ? C’est l’une des questions que nous poserons à Jul et à Emile Bravo, qui reprennent, respectivement, les aventures de Lucky Luke, pour Jul, et celles de Spirou, pour Emile Bravo.

Normalien, agrégé d’histoire, spécialiste de l’histoire chinoise, on doit à Jul la série « silex and the city », sur la vie quotidienne d’une famille préhistorique. Longtemps, il a marié le dessin de presse et la sinologie, avant de devenir, en novembre 2016, le scénariste de Lucky Luke, créé par Morris, en 1946, personnage de cow-boy tirant plus vite que son ombre qu’il a fait revivre, avec le dessinateur Achdé, dans un premier album intitulé « La terre Promise » (Dargaud). C’est une deuxième aventure qu’il signe aujourd’hui, toujours chez Dargaud, toujours avec Achdé, sous le titre  « Un Cowboy à Paris ». Dès le titre, c’est posé : l’ennemi des Daltons, qui n’avait jamais quitté les Etats-Unis, à part une ou deux escapades au Mexique ou au Canada, traverse cette fois l’Atlantique. Morris y avait-il pensé ? Jul, lui, l’a fait : acte de rébellion, ou, quand même, acte de continuité ?  Emile Bravo a fait partie du célèbre atelier des Vosges aux côtés de Marjane Satrapi, Christophe Blain, David B, ou encore Lewis Trondheim. On lui doit, dans les pages du magazine Okapi, Les Épatantes Aventures de Jules.  Une série pour la jeunesse pour laquelle il a reçu le prix Goscinny (pour le 2e tome, La Réplique inattendue.) On lui doit aussi d’autres ouvrages pour la jeunesse, Boucle d'or et les sept ours nains, Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo Bill, primé au festival d’Angoulême en 2008. Mais, parallèlement, Emile Bravo a développé son projet Spirou, en s’intéressant à la jeunesse du célèbre personnage de groom imaginé par l'éditeur belge Jean Dupuis, créé graphiquement par Rob-Vel et textuellement par sa femme Blanche Dumoulin dans le magazine de bande dessinée « le Journal de Spirou » en avril 1938, et déjà repris, par la suite, par Jigé, Fournier, et surtout Franquin.  Ce projet a pris corps avec Le Journal d'un ingénu (Dupuis), publié il y a dix ans, où l’on suivait Spirou à la veille de la seconde guerre mondiale. L'album avait obtenu, alors, le prix des libraires de bande dessinée et le prix Saint-Michel du meilleur album francophone en 2008. 

C’est le tome 2 qu’Emile Bravo publie aujourd’hui, « L’espoir malgré tout », toujours chez Dupuis, album dont il signe comme pour le précédent les dessins et les textes. Les troupes allemandes sont sur le point d’envahir la capitale belge, Fantasio est toujours un pigiste désoeuvré, gaffeur, et au fond un peu sans foi ni loi, Spirou est encore groom mais va faire ses premiers pas de jeune homme libre, troquant même son uniforme contre un imperméable et une casquette de petit reporter. Avec ce clin d’œil à Hergé lancé par Spirou, s’agit-il de faire doublement allégeance à ce qu’a été, pour Emile Bravo, fils de républicain espagnol, la bande dessinée franco-belge ?

L’émission est l’occasion de comprendre comment on fait, pour reprendre un tel personnage. Surtout qu’Emile Bravo et Jul avaient, tous deux, des univers forts, et régnaient déjà sur des personnages créés par eux-mêmes. Ont-ils été choisis ? Ou l’idée de se frotter au mythe venait-elle d’eux ?

Jul Georges Moustaki  Sans la nommer

Emile Bravo : Etienne Daho  En Surface (Feat Dominique A) 

Intervenants
  • Dessinateur de presse et auteur de bande dessinée
  • Auteur de bande dessinée et illustrateur
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......