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Olivier Cadiot et Jean-Luc Coatalem

Le métier d'écrire avec Jean-Luc Coatalem et Olivier Cadiot

58 min
À retrouver dans l'émission

Jean-Luc Coatalem et Olivier Cadiot sont les invités de Christophe Ono dit Biot à l'occasion de la publication de "Mes pas vont ailleurs" chez Stock et "Histoire de la littérature récente" vol.2 chez P.O.L.

Olivier Cadiot et Jean-Luc Coatalem
Olivier Cadiot et Jean-Luc Coatalem Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

Aujourd’hui, une émission qui va nous emmener au cœur de l’atelier de l’écrivain, voir comment il travaille, voir ce qui lui fait faire advenir ce miracle secret dont parlait Borges : écrire. Pour qui, pour quoi ? A quel rythme ? En évitant quels écueils ? En embrassant quels mirages ? Cet atelier, il a parfois la dimension de la chambre et parfois la dimension du monde, du "Grand Dehors" comme disait le poète et explorateur Victor Segalen dont il sera beaucoup question aujourd’hui puisque nous recevons Jean-Luc Coatalem, qui lui consacre un livre, Mes pas vont ailleurs, aux éditions Stock, livre primé par le Prix de la langue française. Face à lui, Olivier Cadiot, qui publie le deuxième tome de son Histoire de la littérature récente chez P.O.L, bréviaire à destination de l’écrivain contemporain, ou plus vraisemblablement journal d’un écrivain sceptique mais qui persiste et signe, non sans un certain humour rosse contre l’époque et ses clichés, pour le moins salutaire, et on l'en remercie.

Dans "Mes pas vont ailleurs" Jean-Luc Coatalem tente de saisir, alors qu’il vit ses derniers instants, celui qu'il a adoré comme écrivain mais aussi comme explorateur, Victor Segalen, et non Segalin, nous explique-t-il. Il lui dit "tu", à Segalen, il lui dit "je" aussi, lui déclarant son amour d’écrivain à un autre en regardant une photo du poète à cheval qu’a dérobé pour lui une amie stagiaire dans une maison d’édition, il reconstitue sa mort, en livrant deux scénarios, il autopsie aussi son désir d’écriture, en visitant avec lui au grand galop la Bretagne, La Chine, Tahiti, pilier de ce "grand Dehors" qu’il s’était constitué pour innerver le réel de poésie. Mais à travers Segalen, c’est sa propre intériorité que Coatalem tache de découvrir, et en suivant les traces du romancier, c’est la tension qui anime son écriture qu'il tente de saisir comme il tente de faire son propre autoportrait en écrivain voyageur. Pourquoi lui ? Pourquoi Segalen était-il le meilleur guide, la meilleure Béatrice pour se trouver lui-même? 

Dans son Histoire de la littérature récente tome 2, Olivier Cadiot ne suit pas Segalen, mais plein d’autres auteurs, Baudelaire notamment, et même un Proust et un Balzac japonais. Qu’est ce que c’est que cette Histoire de la littérature récente tome 2, eh bien la suite du tome 1, rien d’une Histoire avec un grand H, même s'il l’utilise, mais une suite de très courts chapitres où il raconte le métier d’écrire,  sa petitesse et sa grandeur, son tragique et son absurdité, sa nécessité et sa vanité : ainsi dans le chapitre "papa travaille", on écrit très peu, on passe son temps à se relire, comme on remange son dîner froid le lendemain matin, voilà notre destin. Mais aussi : "Ecrire, c’est faire du mur, vous tapez avec une balle, elle vous revient avec la même intention". L’auteur qui se bat contre ses phrases, sans que personne ne lui ait rien demandé, en fait c’est une histoire avec un petit h qu'Olivier Cadiot nous raconte, et même des histoires plutôt qu’une histoire Historique, pourquoi ce titre pompeux, scolaire, pour quelque chose qui est le contraire : espiègle, malin, libre ?

Merci à eux de nous emmener à leurs côtés dans le lieu de naissance de la création littéraire et de nous montrer, à l’œuvre, ce curieux animal qu’est l’homme en train de faire la littérature.

On ne peut pas s’intéresser longtemps à un auteur sans écrire sur soi-même, Jean-Luc Coatalem

Tout écrivain fait sa propre histoire de la littérature récente, Olivier Cadiot

Leurs choix musicaux :

  • Jean-Luc Coatalem : "Pelleas et Mélisande", de Debussy, par le Choeur et l'Orchestre Philarmonique de Vienne, sous la direction de Claudio Abbado. Avec Maria Ewing (Mélisande) et François Le Roux (Pelleas)
  • Olivier Cadiot : la "Suite de la Pavane : V. Pavane", de Louis Couperin, par Pierre Chalmeau. Transcription pour piano (pièce pour clavecin).

Pour aller plus loin :

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