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Joël Dicker et Jean-Christophe Rufin

Polar avec Joël Dicker et Jean-Christophe Rufin

58 min
À retrouver dans l'émission

Joël Dicker et Jean-Christophe Rufin sont les invités de Christophe Ono dit Biot à l'occasion de la publication de leurs livres respectifs : "La disparition de Stéphanie Mailer" (Editions de Fallois) et "Le suspendu de Conakry" (Flammarion).

Joël Dicker et Jean-Christophe Rufin
Joël Dicker et Jean-Christophe Rufin Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

Aujourd’hui un choc des titans dans le registre d’un genre littéraire ultra codé, le roman policier, un duel amical dans le domaine du frisson, du meurtre atroce et de l’enquête tendue, puisque nous recevons, face à face, l’académicien, prix Goncourt, et désormais auteur de polar Jean-Christophe Rufin, et Joël Dicker, pour son nouveau roman noir tant attendu après La vérité sur l’affaire Harry Quebert, et Le livre des Baltimore. Le sang littéraire va couler dans "Le temps des écrivains", et nous allons essayer de voir comment il s’écoule, et pourquoi.

Lauréat du prix Goncourt en 2001 pour Rouge Brésil (Gallimard), académicien, ex ambassadeur au Sénégal, ex french doctor, Jean-Christophe Rufin reste un fin connaisseur et un amoureux de l’Afrique puisqu’elle sert de toile de fond à son nouveau livre, Le suspendu de Conakry, qui paraît chez Flammarion. C’est un polar, annoncé comme le premier d’une trilogie, et qui s’ouvre sur le meurtre atroce dans la marina de Conakry, capitale de la Guinée, d’un expatrié retrouvé pendu par le pied au mat de son voilier. Premier paradoxe, ou fantaisie, celui qui mène l’enquête ne devrait pas la mener parce qu’il est consul, et non policier, mais c’est un consul très particulier parce que bien que rattaché à la diplomatie française il est roumain, il a grandi sous le régime de Ceausescu. Il s’appelle Aurel Timescu, il a longtemps habité à Paris où il gagnait sa vie en jouant du piano dans des bars sordides avant d’engager on se sait trop comment une carrière diplomatique. L’enquête policière est un hobby pour Aurel qui se voit comme un fin limier et espère résoudre l’affaire, sorte de revanche personnelle contre le mépris de ses pairs, Africains et surtout Français. Mais que vient faire un roumain dans cette galère guinéenne ?

Prix Goncourt des lycéens et Grand Prix du Roman de l’Académie française en 2012 pour La vérité selon Harry Quebert (Editions de Fallois), auteur également des Livres de Baltimore (de Fallois), Joël Dicker est de retour avec La disparition de Stéphanie Mailer, publié chez le même éditeur. On n’est pas à Conakry mais dans une ville fictive, Orphea, dont on comprend assez vite qu’elle se situe aux Etats-Unis. Dans La Disparition de Stephanie Mailer il y a deux enquêtes : la première, passée et prétendument résolue, a eu lieu en 1994 et concernait un quadruple meurtre dans cette petite ville d’Orphea, le maire de la ville et sa famille sont assassinés chez eux, ainsi qu’une passante, une joggeuse, témoin des meurtres ; la seconde est presque contemporaine, et se trouve évidemment liée à la première. Car la disparue, Stéphanie Mailer, une journaliste, savait quelque chose sur le quadruple meurtre de 1994. L’enquêteur de l'époque, Jesse Rosenberg, à qui Stéphanie a appris, peu avant sa disparition, qu’il s’était trompé en 1994, rouvre le dossier et persuade son collègue et ami Derek Scott de l’accompagner. De nombreux personnages vont s’y trouver liés : un ancien policier devenu dramaturge, le rédacteur en chef du journal où travaillait la disparue, un libraire, le maire d’Orphea... Il va être question de théâtre au sens propre, tout autant que de théâtre de crimes, et il s'amuse beaucoup avec ça, Joël Dicker, tout comme il s'amuse avec les points de vue, puisque chacun des personnages semble défiler à la barre pour s’adresser au lecteur. Stephanie Mailer, tel est le nom de son héroïne disparue à Orphea. Dans la mythologie, Orphée est celui qui va jusqu’aux enfers récupérer ou plutôt tenter de récupérer celle qu’il aime et qui a disparu, qui est morte, en réalité. 

Quel rôle a joué la mythologie dans le choix du nom du lieu du crime ? Et celui du nom du nouvel enquêteur de Jean-Christophe Rufin ? Aurel Timcu ? Doit-il quelque chose à l’Antiquité ? Aurèle, Marc Aurèle… il fait référence à l’empereur Sévère. A qui doit-il son nom ? Le roman policier étant aussi l’un des genres qui permet le mieux de jouer avec certains stéréotypes, les deux romanciers mettent-ils un soin particulier à les trouver, ces noms ? Ou est-ce pour eux anecdotique ?

Merci aux deux romanciers de participer à cette émission consacrée à ce genre qu’il faut appeler policier, polar, thriller, roman noir. Revendiquent-ils, d’ailleurs, l’appartenance à ce genre ? Et comment eux-mêmes l’appelleraient-ils ?

Le roman est un jeu : il n’existe que si le lecteur veut bien y

jouer, Joël Dicker.

C’est ça qui est important dans l’écriture et le roman : c’est la

liberté. Or les codes sont une entraves à la liberté, Jean-Christophe Rufin.

Leurs choix musicaux :

  • Joël Dicker : "I am a mess", Ed Sheeran.
  • Jean-Christophe Rufin : "N’na", Ablaye Cissoko.
Intervenants
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