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William Marx, Charles Dantzig et Leonor de Récondo

Désir avec Leonor de Récondo, Charles Dantzig et William Marx

59 min
À retrouver dans l'émission

Désir avec Leonor de Récondo, Charles Dantzig et William Marx sont les invités de Christophe Ono dit Biot.

William Marx, Charles Dantzig et Leonor de Récondo
William Marx, Charles Dantzig et Leonor de Récondo Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

Aujourd'hui une émission autour du désir et de ses métamorphoses avec Leonor de Récondo, William Marx, et Charles Dantzig. Trois auteurs qui l'interrogent, le mettent en scène et en œuvre dans des configurations moins normées qu'habituellement dans la littérature, et c'est tant mieux. Avec eux, il sera en effet question de changer de sexe, de langue genrée, d'interroger la possibilité d'un gai savoir à moins qu'il ne s'agisse d'un savoir gai, mais aussi de mieux cerner les gestes du désir dans un vorace désir des gestes. 

Nous avions déjà reçu Léonor de Récondo au Temps des écrivains pour Amours, où il était question d’un amour doublement transgressif, au début du XXe siècle, entre une jeune bonne de 17 ans et sa patronne. Elle vient de recevoir le prix des étudiants France Culture/Télérama pour son dernier roman, Point cardinal, qui nous plonge dans la tête et le corps de Laurent, père de famille qui le soir, dans un bar nommé le Zanzi, le Zanzi bar, devient Mathilda, la femme qu’il se sent être et qu’il ne peut pas, encore, être, jusqu’à ce qu’il décide de la laisser exister enfin. C'est un chemin en plusieurs stations, mais nullement un calvaire, qu'elle nous présente, ce serait même plutôt un changement de sexe heureux. 

William Marx, ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres classiques, est spécialiste de la tragédie antique et enseigne à l’université. Il était venu ici nous parler de son précédent livre, La haine de la littérature, publié chez Minuit, l’un des meilleurs livres parus ces derniers temps sur la littérature, dans lequel il recensait avec une érudition et un humour toniques toutes les attaques dont la littérature a fait l’objet depuis 2500 ans. De Platon (maoïste avant l’heure avec Les Lois) à Bourdieu (pour qui la littérature n’était qu’un "signe distinctif d’un capital linguistique et culturel hérité"), de Renan ("Le temps viendra où l’art sera une chose du passé") à CP Snow qui, en 1959, triompha en accusant les écrivains "d’avoir contribué à rendre Auschwitz possible"... C’est aujourd’hui un autre horizon qu'il explore, toujours aux Editions de minuit, avec son nouveau livre, Un savoir gai, puisqu’il s’agit du désir homosexuel, qu'il ne veut absolument pas définir, il s'insurge même contre cela, malgré l’étymologie du terme, qui renvoie à un désir pour le "même".   

Charles Dantzig était venu nous parler, ici, d’Histoire de l’amour et de la haine, roman sexuel, érudit et politique, dont le sujet n’est pas sans rapport avec le livre de William Marx puisqu’il était question de raconter l’amour dans un temps où, écrivait-il, l’esprit de la haine, si contraire à Paris, était entré dans la ville comme le loup de la chanson, au moment, précisément, des manifestations contre le mariage pour tous. Rappelons qu'il est l’auteur notamment du Dictionnaire égoïste de la littérature française et de l’Encyclopédie capricieuse du tout et du rien. Les auditeurs de France culture connaissent bien sa voix qu’ils entendent chaque semaine dans l’émission Personnages en personne, le dimanche  à 15h. Il revient avec un nouveau livre, publié cet automne, chez Grasset, Traité des gestes, où il s'attache à répertorier mille et un gestes, dans la peinture, dans l’histoire, dans la vie dite courante, ou marchante, ou dormante, pour essayer de dire ce qu’ils disent de nous. Occasion magique de l'interroger sur l’existence, ou non, de gestes d’hommes, de gestes de femmes. De gestes nationaux, de gestes universels. De gestes de la politique, ou imités de morts aimés. Il est en tous cas certain qu’il y a des gestes du désir, comme celui qui consiste à allumer le feu pour quelqu’un avec sa cigarette. "Nous n’avons pas eu depuis", écrit-il, "d’objet qui  permette aux corps de se rapprocher autant en public sans provoquer de scandale". 

Leurs choix musicaux :

  • Charles Dantzig : "Singing in the rain", d'Arthur Freed, interprété par Gene Kelly
  • William Marx : "Father and Son", composée et interprétée par Cat Stevens (1970)
  • Leonor de Récondo : "Who will confort me", de Melody Gardot

Bibliographie

Léonor de Récondo

Point cardinalSabine Wespieser, 2017

Intervenants
  • écrivain
  • Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire "littératures comparées". Ecrivain français, essayiste, critique et historien de la littérature.
  • Ecrivain, éditeur et producteur de l'émission "Personnages en personne" sur France Culture
L'équipe
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