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Littérature jeunesse

Littérature jeunesse avec C. Gutman, K. Beffa, A-H Dubray et J-L. Fromental

1h
À retrouver dans l'émission

Colas Gutman, Karol Beffa, Anne-Hélène Dubray et Jean-Luc Fromental sont les invités de Christophe Ono dit Biot à l'occasion du Salon du livre de Montreuil.

Littérature jeunesse
Littérature jeunesse Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

Aujourd’hui, le studio, Salon du livre de Montreuil oblige, peut-être, a pris des airs de fontaine de jouvence, puisque nous recevons quatre créateurs qui ont choisi de consacrer leur art à l’enfance. Ils sont ce que l’on appelle, des auteurs « jeunesse », ce qui est tout à leur honneur, mais qui n’est pas sans mettre une pression colossale sur leurs épaules puisque c’est grâce à eux et à travers eux, via les mots, les images, les sons qu’ils suscitent que les enfants vont faire leurs premiers pas dans le royaume enchanté, on l’espère, on y croit, de la littérature. 

Oui, c’est grâce à eux, donc, que va s’opérer dans les jeunes esprits qui vont ouvrir leurs livres le savant mécanisme de la transmission de l’émotion littéraire, plaisir des mots, beauté des images, fantaisie, aussi, et idées sur le monde, sur la vie… 

C'est peut-être l'enfance qui approche le plus de la "vraie vie" disait en effet Breton, quand Pascal nous annonçait, lui, que La sagesse nous envoie à l’enfance, alors approchons nous de la vraie vie pendant une heure, et partons en voyage en enfance pour la trouver peut-être, cette sagesse, avec les auteurs qui nous font l’amitié d’être avec nous.

Jean-Luc Fromental est l'auteur d'une trentaine de livres, romans, récits de voyage, contes, bandes dessinées dont il est un pilier de l’édition puisqu'il a fondé et dirigé Métal Hurlant, la mythique revue de bande dessinée où évoluaient Moebius, Enki Bilal ou Druillet et qui a fait rêver le monde entier, jusqu’aux Etats-Unis à l’époque. Il a aussi œuvré avec Grégoire Solotareff et entrepris de porter au cinéma avec le grand Lorenzo Mattotti, La Fameuse Invasion des ours en Sicile, adapté du conte de Dino Buzzati. Il revient aujourd’hui avec Robêêrt, les mémoires d'un mouton, chez Hélium, qui s’avère être un philosophe très amusant et un bon professeur. 

Anne-Hélène Dubray, publie chez l’Agrume, une maison d’édition que nous tenons à saluer pour ses ouvrages à l’inventivité démesurée, on se souvient de La Mégalopole dont on avait parlé ici, un livre qui se dépliait sur presque 12 mètres. Il est, chez elle, plutôt question d’une mégamontagne au pied de laquelle elle fait défiler l’histoire de l’humanité, de la Préhistoire à la Mésopotamie, de la Grèce antique au Moyen-âge, et du XIXe industriel, à une ville du futur, et même à ce qui se passe après quand la nature reprend ses droits.  

Colas Gutman est l’auteur, à L’Ecole des loisirs, d’une série insolente et poétique, qui progresse toujours par jeux de mots et de sonorités, Chien pourri, illustrée, de façon très vintage, très années 60, très Kiraz, par Marc Boutavant. Chien pourri, ou les aventures d’un chien couvert de puces et sentant la sardine, qui vit dans une poubelle avec le chat Raplapla. C’est assez mordant, même un peu punk, Chien pourri revient aujourd’hui avec une nouvelle aventure au ski et à travers un pop-up, Chien Pourri à Paris, ou les retrouvailles possibles, par un enfant de sa maman danseuse de french cancan et de son mari tombé dans les égouts avec un morceau d’étoile de mer dont son fils a l’autre morceau, deux morceaux qu’il faudra emboîter comme dans un mythe grec, mais un mythe grec raconté par un chien volontiers comparé à une serpillère. 

Et enfin nous avons la chance d’accueillir le brillant compositeur Karol Beffa, qui fut en 2013 le plus jeune titulaire de la chaire de création artistique au Collège de France, il a publié Les coulisses de la création avec le mathématicien Cédric Villani, une biographie de Ligeti, et en mars dernier Parler, Composer, Jouer. Sept leçons sur la musique. Il est ici pour un très bel objet chez Gallimard jeunesse, Le Roi qui n'aimait pas la musique, un conte musical mis en musique par lui-même, écrit par l’essayiste Mathieu Laine (dont c’est ici le premier texte de fiction), interprété par différents musiciens comme Renaud Capuçon au violon, et dont le récitant est Patrick Bruel. Une sorte d'utopie musicale qui nous raconte comment, dans un pays lointain, un roi va décider d’interdire la musique jouée avec bonheur par les habitants, comme on a pu le faire, d’ailleurs, dans certaines contrées lointaines mais pour de vrai. Et c’est tout le paradoxe et la beauté de ce conte de Mathieu Laine, illustré par Thomas Louis, que de donner à entendre la musique de Karol Beffa alors qu’elle n’existe plus dans ce royaume. Evidemment, cela ne va pas durer...

Merci à eux quatre d’être sur notre plateau. Il a un goût de Noël avant l’heure, et c’est un peu le but, de donner des idées à tous ceux qui nous écoutent, leur montrer, aussi, que  la littérature jeunesse ne manque pas de souffle. Ni de perspective. 

L’enfant est un homme comme les autres, Colas Gutman

Quand on écrit pour la jeunesse, on écrit pour l’enfant qui est soi, Jean-Luc Fromental

Il y a des moments miraculeux de l’histoire où la littérature et la musique se sont mariées, mais ça ne va pas de soi, Karol Beffa

C’est aussi le propos du livre jeunesse quand il est lu par un enfant qui ne sait pas encore lire : un échange avec l’adulte, Anne-Hélène Dubray

Leurs choix musicaux :

  • Colas Gutman : "Youki", Richard Gotainer
  • Karol Beffa : extrait de "Le roi qui n'aimait pas la musique", composé par lui-même
  • Anne-Hélène Dubray : "To The Magical Mountain", Alice Lewis
  • Jean-Luc Fromental : "Man Gave Names To All The Animals", Bob Dylan (album Slow Train Coming)

Pour aller plus loin :

Bibliographie

Chien pourri fait du ski

Chien pourri fait du skiColas GutmanL'Ecole des loisirs, 2017

Intervenants
L'équipe
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Réalisation
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