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Michel Zink, Antoine Compagnon et Jakuta Alikavazovic

Michel Zink, Jakuta Alikavazovic et Antoine Compagnon

59 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de cette fin d'année les écrivains Michel Zink, Jakuta Alikavazovic et Antoine Compagnon nous font découvrir ou redécouvrir un auteur classique de leur choix.

Michel Zink, Antoine Compagnon et Jakuta Alikavazovic
Michel Zink, Antoine Compagnon et Jakuta Alikavazovic Crédits : Christophe Ono dit Biot - Radio France

«Nous sommes le 16 décembre, c’est la dernière émission de l’année avant notre thématique explorateurs du 23, et la proximité du réveillon autant que de l’exploration nous a donné envie d’écouter dans Le Temps des Ecrivains trois voix qui consacrent leur vie, ou du moins une grande partie de leur vie, à la littérature et à la transmission de cette littérature, par leurs romans, par leurs essais, par leurs cours, aussi. Trois invités de choix, et de poids, qui vont nous parler du dernier livre qu’ils ont écrit mais aussi de livres qu’ils n’ont pas écrit. Mais qu’ils ont lu, et même élus. Chacun d’eux a en effet choisi un auteur qui lui est cher, qu’il va nous faire découvrir ou redécouvrir, et c’est un peu Noël aujourd’hui dans le temps des écrivains, avec la romancière Jakuta Alikavazovic et deux professeurs au Collège de France, le grand médiéviste et philologue Michel Zink et le grand spécialiste de Montaigne ou de Baudelaire et des antimodernes, Antoine Compagnon.

Antoine Compagnon est spécialiste de Montaigne, de Baudelaire, mais aussi de chiffons ! Il publie en effet chez Gallimard « Les chiffonniers de Paris », sujet original et inattendu sauf quand on aime la littérature, parce qu’ils la hantent, la littérature, ces chiffonniers présents chez Hugo, chez Baudelaire, chez Théophile Gautier. Ils seraient, même, à vous lire, à l’origine de tout livre, puisque vous citez Louis-Sebastien Mercier dans son Tableau de Paris, en 1781 : "le voyez-vous, cet homme qui, à l’aide de son croc, ramasse ce qu’il trouve dans la fange et le jette dans sa hotte ? Ce vil chiffon est la matière première qui deviendra l’ornement de nos bibliothèques, le trésor précieux de l’esprit humain. Le chiffonnier précède Montesquieu, Buffon et Rousseau."

Il nous parle du poète français Chrétien de Troyes.

Michel Zink, médiéviste illustre, membre de l’institut, professeur honoraire au collège de France, vient de publier chez Albin Michel L’humiliation, le Moyen Age et nous, et il republie, en poche, chez Tempus, Les troubadours, un essai sur les auteurs des plus anciennes chansons d’amour, où tout n’est que tremblement du désir, ferveur et frustration… 

Il nous parle de Victor Hugo et notamment des Contemplations.

Et enfin Yakuta Alikavazovik, ancien élève de l’ENS Cachan, agrégée d’anglais, est traductrice, notamment de Ben Lerner, son premier roman, Corps volatils a remporté le prix Goncourt du premier roman en 2007 et son 4e livre a été très remarqué en cette rentrée littéraire, il a d’ailleurs figuré sur les listes du Médicis et du Fémina, il s’intitule L’avancée de la nuit, il a été publié aux éditions de l'Olivier. On y trouve une héroïne rousse flamboyante, une étudiante, qui vit à l’hôtel et fascine tous ceux qui l’approchent. Dont le tout jeune Paul, gardien de cet hôtel, avec lequel elle va nouer une passion aussi absolue que fiévreuse. Il en paiera le prix car ce récit d’un amour fou est aussi celui d’une tragédie annoncée qui nous mènera du côté de Sarajevo et de la guerre civile qui a déchiré l’Europe. "Mal finir est une constante (…) de tous ceux dont la compagnie est un tant soit peu digne d’intérêt", dites vous d’Amelia, qu’il est inévitable d’aimer mais impossible de sauver. A quelle grandes héroïnes amoureuses doit-elle, cette Amelia qui semble taillée dans un marbre tout tragique ?

Elle nous parle de la romancière américaine Shirley Jackson, spécialiste du récit fantastique et d'horreur.

Pour moi, Victor Hugo est le grand chiffonnier du XIXe siècle, Antoine Compagnon

Le tragique nous manque au XXIe siècle. Il y a une noblesse dans la tragédie, Jakuta Alikavazovic

Érec et Énide a l’originalité dans la littérature française d’être un roman de l’amour conjugal, Michel Zink

Leurs choix musicaux :

  • Michel Zink : "La vers comens quant vei del fau", chanson du troubadour Marcabru (première moitié du XIIe siècle) , dans le CD "Nuits occitanes. Troubadours' songs", Ensemble Céladon dirigé par Paulin Bündgen.
  • Antoine Compagnon : Gustave Charpentier, extrait de "Louise : Depuis le jour" (Actes III air de Louise).
  • Jakuta Alikavazovic : "In a manner of speaking", Tuxedomoon.

Pour aller plus loin :

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