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Fernand Ochsé et Porfirio Rubirosa

Mondes engloutis avec Benoît Duteurtre et Cédric Meletta

58 min
À retrouver dans l'émission

Benoît Duteurtre et Cédric Meletta sont les invités de Christophe Ono dit Biot à l'occasion de la parution de leurs livres respectifs : "La mort de Fernand Ochsé" (Fayard) et "Tombeau pour Rubirosa" (Séguier).

Fernand Ochsé et Porfirio Rubirosa
Fernand Ochsé et Porfirio Rubirosa

Aujourd’hui une émission consacrée à une double résurrection : celle de deux hommes, qui auraient pu être des personnages de romans, mais qui ont préféré faire de leur vie une œuvre d’art, comme le disait ce bon vieux Oscar Wilde, même s’ils n’en ont pas choisi la fin. Ces deux hommes drainent en effet avec eux deux mondes engloutis, celui de la Belle Epoque pour l’un et celui des années 40 pour l’autre. Qui sont-ils ? D’un côté, Fernand Ochsé, dandy proustien, dessinateur, compositeur, décorateur, collectionneur, grand ami de Reynaldo Hahn ou d’Arthur Honegger, et mort à Auschwitz en 1940. De l’autre, Porfirio Rubirosa, dandy hollywoodien, diplomate, pilote, Don Juan, et peut-être modèle du James Bond, cité par Modiano dans ses livres, grand proche des Kennedy, de Zsa Zsa Gabor, ou de Danielle Darrieux, mort en 1965 au volant de sa Ferrari pulvérisée contre un arbre. Ce qui les réunit ? Cette émission, d’abord, et au-delà, deux livres qui ont décidé de s’attaquer à ces figures dont l’élégance était la façon de vivre, l’amour du beau la religion, et le goût de la légèreté, une forme d’art. Ils sont signés Benoît Duteurtre et Cédric Meletta, les deux résurrecteurs de ces destinées flamboyantes et éclipsées.

La mort de Fernand Ochsé, publié chez Fayard, suit de deux ans le dernier livre de Benoît Duteurtre, Livre pour adultes (Gallimard, 2016). Un récit qui marie à merveille ses deux passions, la musique et la littérature pour produire un bel enfant qui surgit des zones les plus noires de l’histoire de France pour réenchanter l’époque. Il s’appelait Fernand Ochsé, il est né en 1879 et mort en 1944, il était l’un des grands talents musicaux et picturaux de la Belle Epoque et de sa culture, il vivait à Paris, il était l’ami du gotha artistique et aristocratique de son temps, Proust parlait de lui, on lui doit cette phrase, courte, mais qui dit tout ; "Ochsé règne", et pourtant, on ne sait rien de lui. Il a été totalement oublié, et grâce à Benoît Duteurtre, il renaît, il revit. C’est pourtant le hasard qui a conduit le romancier jusqu'à lui. Enfin, le hasard, y en a t-il eu vraiment ? 

Cédric Meletta est docteur ès Lettres et il publie son deuxième livre. Dans Tombeau pour Rubirosa, qui parait chez Séguier, il redonne vie, de son côté, à un autre esthète, beaucoup plus furieux peut-être, mais tout aussi tombé dans l’oubli depuis sa mort, en 1965, au volant de sa Ferrari 250 GT encastrée dans un arbre du bois de Boulogne, et qui lui avait valu, à l’époque, presque 10 pages dans paris Match. Il était alors en pleine gloire, il s’appelait Porfirio Rubirosa. Une seule génération, d’ailleurs, le sépare d’Ochsé, le second étant né en 1909, en République dominicaine, en plein âge d’or des dictatures excentriques et néanmoins atroces d’Amérique latine au service desquelles se mit Rubirosa, puisqu’il était à la botte de Trujillo, satrape de république dominicaine. Ça c’est le côté sombre de Porfirio Rubirosa, patronyme "pourpre et scintillant" écrit Modiano, qui le mentionne dans plusieurs de ses livres où il apparaît comme un ami de son père, mais il y eut un côté éclatant, joueur de polo et pilote, Gatsby heureux fréquentant les grands de ce monde, des Kennedy à Zsa Zsa Gabor, séducteur invétéré, peut-être modèle de Ian Fleming pour James Bond, cueilli dans sa quête de mouvement orgiaque perpétuel par la mort au volant de sa Ferrari. Mort accidentelle, ou règlements de compte, d’ailleurs ?

Merci à Benoît Duteurtre et Cédric Meletta de participer à cette émission consacrée à ces deux figures fascinantes. Quand on regarde ces deux-là, on se dit qu’au fond, bien que n’évoluant pas à la même époque, ni tout à fait dans les mêmes sphères, ils ont énormément de points communs : ils font surgir des époques révolues, des sociétés qui n’existent plus et qu’on a même de la peine à imaginer. Est-ce que ce n’est pas cela qui fascine aussi les deux romanciers, la possibilité de se saisir de ces deux figures comme des prismes qui leur permettent de regarder des mondes engloutis ?

Leurs choix musicaux :

  • Benoît Duteurtre :"Paris Paris", Josephine Baker
  • Cédric Meletta : "Papa loves mambo", Perry Como

Bibliographie

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