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Daniel Rondeau et Natacha Appanah

Nathacha Appanah et Daniel Rondeau

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Temps des écrivains du 1er décembre 2018

Daniel Rondeau et Natacha Appanah
Daniel Rondeau et Natacha Appanah Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine dans Le Temps des Ecrivains, un dialogue entre deux auteurs qui nous parlent de journalisme. Deux écrivains qui sont vraiment écrivains, mais qui donnent aussi, dans l’exercice journalistique, l’un des plus nobles, les plus créatifs qui soient : la chronique. Beaucoup d’écrivains s’y sont essayé, de Maupassant à Duras, de Hugo à Camus. A leur suite, Nathacha Appanah et Daniel Rondeau l’ont fait. 

Nathacha Appanah, auteur du « Dernier Frère », de « Tropique de la violence », publie aujourd’hui, « Une Année Lumière » (Gallimard), ses chroniques parues dans le journal La Croix durant l’année 2017. Elle y parle de son enfance, de la question qu’on lui pose toujours sur le fait que qu’elle a choisi d’écrire en langue française, de ce que c’est que d’être une femme en littérature et de la condescendance qu’elle ressent parfois de la part de certains collègues masculins, de ce que c’est, aussi, d’aller dans un salon du livre, à Paris, porte de Versailles, dans le même train que des jeunes filles habillées en Hermione, la copine magicienne d’Harry Potter, qui vont, elles, au salon Manga et Sci FI show. C’est personnel, c’est poétique, cela a été aussi, dit-elle dans l’avant-propos du livre, une révélation dans la mesure où elle a eu l’impression de ne plus être seule dans l’écriture. Est ce à cause de cette révélation qu’elle a intitulé ce texte « Une année lumière », moins pour dire la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant une année julienne, soit environ 9 461 milliards de kilomètres, mais pour parler d’une illumination, de la compréhension de quelque chose que, jusque là, elle n’avait pas comprise ?

Grand prix du roman de l’académie française pour « Mécaniques du chaos », auteur de plusieurs dizaines de romans, récits de voyage, et essais (« L’Enthousiasme », « Dans la Marche du temps »,« Alexandrie », «  Chroniques du Liban rebelle ».), ancien de la gauche prolétarienne qui fut aussi journaliste ou ambassadeur à Malte, Daniel Rondeau publie chez Grasset « La Raison et le cœur », qui rassemble des textes politiques et littéraires, certains inédits, écrits entre 1984 et aujourd’hui. Précédées d’une longue introduction où il interroge son rapport à la langue, à l’histoire, à la marche du monde et aux écrivains qui avant lui s’y sont intéressés, ces chroniques nous promènent du Liban à Sarajevo, de Soljenitsyne à Malraux, du souvenir de l’usine, aussi, où il fut « établi », à des engagements moins rouges, et même à la règle de saint Benoît. Un livre qui se veut dans la droite ligne de ce que pensait Camus, véritable boussole de ce recueil : «  Il y a pour l’homme un action et une pensée possibles au niveau moyen qui est le sien. » L’écrivain étant un homme, pour l’écrivain aussi il y aurait une action et une pensée possibles, et ce livre est là pour le prouver. Avec quelque chose de touchant, dans la mesure où pour Rondeau, même aujourd’hui, même à l’heure des réseaux sociaux et de la grande confusion, il y aurait encore une place non seulement pour les écrivains mais pour un mot que plus personne, ou presque, n’ose employer, celui d’ « engagement »…

Mais qu’est-ce que l’engagement pour un écrivain, au XXIe siècle ? 

Choix musicaux : Alan Stivell Suite irlandaise

  Jean-Sébastien Bach Concertos Brandebourgeois pour 2 altos et 2 violes de gambe                   

Rendez-vous sur le nouveau site du Salon du livre de Boulogne 2018 

https://www.salondulivreboulogne.com 

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