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Violaine Schwartz et Paola Pigani

Paola Pigani et Violaine Schwartz: l'exil et le royaume

59 min
À retrouver dans l'émission

LE TEMPS DES ECRIVAINS, émission du samedi 08 juin 2019

Violaine Schwartz et Paola Pigani
Violaine Schwartz et Paola Pigani Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine dans « Le Temps des écrivains », deux voix à découvrir : Paola Pigani et Violaine Schwartz.

Des orties et des pommes de terre.

Paola Pigani, poétesse et romancière, est l’auteur du premier roman « N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures (Liana Levi, 2013) qui parlait de la communauté Manouche au printemps 1940, frappée par un décret leur interdisant de circuler librement sur le territoire. Elle publie, toujours chez Liana Levi, « Des orties et des hommes », clin d’œil osé, mais bienvenu, à Steinbeck, et qui raconte une enfance, et encore une fois, un territoire. Une enfance en Charente, une enfance dans les années 70, une enfance au milieu d’une famille d’origine italienne, et au milieu des bois, des champs, d’un monde paysan où se distinguent encore le murmure de la rivière où l’on s’amuse à jeter des cailloux, et les conseils de la Nonna pour arracher les orties sans se brûler et les cuisiner avec des pommes de terre et du lard. Une enfance où la vie s’écoule au rythme des vêlages, de la sécheresse, et de la politique qui finira par s’en mêler, avec le Larzac en lutte. 

Puissance de la transmission

Un roman où se dit puissamment, par les sensations que l’écriture convoque, le sentiment d’appartenance à une histoire, un monde, une culture métissée, faite de douceur et d’âpreté, celle de l’ancien monde paysan, dont Paola Pigani nous livre la poésie et la conquérante nostalgie de ce qui a vous a été transmis et que vous n’oublierez jamais : « Ce pays est le mien pour quelque temps encore, écrit Paola Pigani. "Même s'il n'est que de pierre, d'écorce et de terre, je n'ai qu'à le respirer par la peau et garder l'horizon pour voyage. Les frontières tendres, le sorgho et le blé, le maïs trembleront encore sous mes yeux quand j'habiterai une ville. »

Des monstres de chair et de… « papiers »

Violaine Schwartz publie « Papiers », chez POL, un petit livre qui se lit d’une traite, le cœur battant, comme une épopée qui serait d’aujourd’hui, avec ces héros lancés à la conquête des mers et des continents à traverser, et qui pour cela devront combattre des monstres, de chair ou de papier, et affronter mille autre dangers. Des héros qui tombent et se relèvent pour décrocher la toison d’or qui se trouve être, pour eux, de papier : un passeport, un titre de séjour, un précieux document. Curieux et bouleversant livre que celui-ci, plein des récits que Violaine Schwartz a recueillis auprès de demandeurs d’asile, à l’origine pour une commande du Centre dramatique national de Besançon. Des récits d’hommes et de femmes, jeunes et moins jeunes, tous réunis par le même destin : l’obligation de fuir, de quitter le pays natal, Afghanistan, Mauritanie, Kosovo, Éthiopie, Arménie, Azerbaïdjan ou Irak et qu’elle livre ici, sans rien y rajouter ou presque, mettant sa propre voix en retrait. 

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OQTF et RATATA

Des récits incroyables, dans une langue qui bruisse d’humanité, comme s’il s’agissait de battre en brèche une autre langue, plus mécanique, celle qui parle d'OQTF ( Obligation de Quitter le Territoire Français ) ou de RATATA ( Refus d'Admission sur le Territoire Au Titre de l'Asile ), langue à laquelle se heurte la langue de ces errants qui cherchent une terre promise dont parfois, ils ne parlent pas… la langue. Langue contre langue, papier, celui qui recueille leurs mots, contre papiers, au pluriel, ceux qui leur permettraient d’être recueillis. « On avait oublié qu’on était des hommes et des femmes. »

Deux livres d’une sincérité qui remue, et qui chantent le désir d’appartenance à un monde, quand on n’a l’impression de ne plus appartenir à rien, parce que ce monde a disparu. Deux livres qui chantent aussi l’exil et sa douleur lancinante, indépassable, « cette espèce de longue insomnie » comme disait Victor Hugo.

Musiques choisies :

Paola Pigani :  Fausto Leali - Angeli Negri - Live a Brescia

Violaine Schwartz : Manu Chao – Clandestino

Bibliographie

Intervenants
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