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 Marie-Hélène Lafon et Salim Bachi

Salim Bachi et Marie-Hélène Lafon

59 min
À retrouver dans l'émission

10 novembre

 Marie-Hélène Lafon et Salim Bachi
Marie-Hélène Lafon et Salim Bachi Crédits : Christophe Ono Dit Biot - Radio France

Cette semaine dans Le Temps des Ecrivains, un dialogue entre deux auteurs qui convoquent deux autres auteurs dans leur nouveau livre. D’abord, Marie-Hélène Lafon, prix Goncourt de la nouvelle, prix Renaudot des lycéens, qui nous donne un « Flaubert » chez Buchet Chastel. Face à elle, Salim Bachi, prix de la vocation, prix Goncourt du premier roman, qui publie « l’exil d’Ovide » chez Lattès.

Deux auteurs réunis car leurs livres ont la particularité de se mettre dans les pas de deux grandes figures d’écrivains. Leurs livres n’existent, même, qu’à cause de ces deux écrivains. Pour Marie-Hélène Lafon, c’est donc Flaubert. « Flaubert » dont le nom sert de titre de ce nouveau livre de la collection « Les auteurs de ma vie », dans lequel un écrivain contemporain présente un auteur classique qui lui est cher, avant d’offrir au lecteur sa petite anthologie personnelle. «  Flaubert for ever », proclame à l’orée de son texte Marie-Hélène Lafon, qui confesse vivre, avec « Le bon Gustave »,  « un amour de loin ». Ce qui ne l’empêche pas de nous le transmettre dans des pages fiévreuses et joueuses, pleines d’intertextualité, de clins d’œil et d’interprétations à sauts et gambades. 

Salim Bachi publie, lui, « L’exil d’Ovide », chez Lattès. Mais très vite, on s’aperçoit que cet exil, chanté par le poète latin dans les « Tristes » et les « Pontiques » n’est là qu’en écho au sentiment d’exil qui étreint Bachi lui-même. L’écrivain a en effet quitté son pays natal à l’âge de 25 ans, pour la France où il a choisi d’écrire. La figure d’Ovide, il nous la donne à voir, comme Marie-Hélène Lafon, de façon très personnelle, de façon très lyrique aussi, élégiaque, même, entremêlant cette évocation de réflexions sur ses propres déambulations dans des villes aussi étrangères et diverses que Lisbonne, Rome, ou Paris. Convoquant, aussi, le souvenir d’autres figures d’écrivains exilés, Pessoa, Zweig ou Joyce, qui à leur tour multiplient les échos à l’exil d’Ovide, relégué par l’empereur Auguste, en l’an 8 de notre ère, sur la petite île de Tomis, au bord de la mer Noire, et à l’exil de Salim Bachi. « Nos vies sont placées sous le signe de l’exil, sous le triste signe d’Ovide », écrit-il. 

« Que d’autres se targuent des pages qu’ils ont écrites, moi je suis fier de celles que j’ai lues », disait Borges. 

Ecrire sur un auteur duquel on se sent si proche serait-il une façon de payer ses dettes à la littérature ?

Musiques : 

Les Frères Jacques   Il fait beau

Rachid Taha   Ya raya

Bibliographie

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L'exil d'OvideSalim BachiJC Lattès, 2018

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FlaubertMarie-Hélène LafonBuchet Chastel, 2018

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