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Christian Prigent et Denis Grozdanovitch

Sport avec Denis Grozdanovitch et Christian Prigent

58 min
À retrouver dans l'émission

Les écrivains Denis Grozdanovitch et Christian Prigent sont les invités de Christophe Ono-dit-Biot à l'occasion d'un week-end "sportif" sur France Culture.

Christian Prigent et Denis Grozdanovitch
Christian Prigent et Denis Grozdanovitch Crédits : Christophe Ono-dit-Biot - Radio France

Ce week-end France culture célèbre le sport et Le Temps des écrivains aussi, avec deux écrivains qu’on aurait presque envie de qualifier de sportifs, sinon de champions, Denis Grozdanovitch et Christian Prigent. 

Champion, Denis Grozdanovitch l'a été, de tennis, en 1963, champion de France junior. 5 fois champion de France de squash, également. Il est aussi écrivain, il a commencé chez Corti avec Petit traité de désinvolture avant de publier le célébre De l’art de prendre la balle au bond, paru chez Lattès et publié depuis en Points Seuil, où il donne en une dizaine de textes de compétition un précis de stratégie existentielle à l’usage de ceux qui considèrent la vie comme un défi sportif - qui serait aussi un défi esthétique. Au hasard des chapitres, se dessine un certain goût de l’effort, mécanique gestuelle et spirituelle, ou cosmogonie des balles tournoyantes. Depuis, il a disputé bien d’autres matchs contre L’art difficile de ne presque rien faire, autre livre de lui, contre, aussi, La puissance discrète du hasard, encore un de ses titres, et a consacré, chez Grasset, un livre au Génie de la bêtise, où il se promène chez Flaubert, chez Molière, Beckett, Sartre, et où il se livre à une sorte de taxinomie des imbéciles pour réhabiliter le bovarysme comme illusion vitale. Dirait-il, d'ailleurs, que le bovarysme est un sport ?

Christian Prigent est l’un des plus grands poètes de notre temps, formé par l’œuvre de Francis Ponge à laquelle il a consacré une thèse, fondateur, aussi, dans les années 1970, de la revue d’avant garde TXT, auteur d’une trentaine d’ouvrages de poésie, de fiction, d’essais sur la littérature et la peinture, publiés essentiellement chez P.O.L., mais aussi chez Christian Bourgeois, ou encore chez Zulma, et dont il donne régulièrement, dans le monde entier, des lectures publiques. Il est aussi un grand poseur de question, nous pensons à celle-ci, titre de l’un de ses livres paru chez P.O.L en 1996 : À quoi bon encore des poètes ? Mais il est également un grand sportif. Pour preuve cette épopée qu'il nous donne autour de son personnage Chino, sorte d’alter ego, enfin, il nous dira, dont après les enfances et les amours, il nous donne le 3ème volet, Chino aime le sport, chez P.O.L. Le livre regroupe une trentaine de poèmes répartis en 4 parties, en fonction de leur longueur, ("Court", "Moyen", "Long", "Très Long"), et il y revient, en vers, sur les grandes figures sportives qui l'ont marqué, qu’elles soient des footballeurs, des cyclistes, ou encore des nageurs ou des boxeurs, à l’instar de Lev Yachine ou de Garincha. On y voit défiler aussi Bernard Hinault, Lance Armstrong, le cheval de course Gelinotte, le boxeur Gaston Mathieu, dans une sorte de panthéon rimé dans une langue rythmée, qui recourt volontiers aux onomatopées, à l’italien, au russe, au latin, à l’allemand, aux ruptures, aux accélérations, au dribble et au smash, aux uppercuts et aux sprints, dans une sorte de sport total. La poésie est-elle un sport, selon Christian Prigent ? Et même, pour paraphraser Bourdieu, un sport de combat ? 

Merci à tous les deux de participer à cette émission consacrée au sport, donc, et merci d’avoir accepté cette sorte de "match". Nombreux sont les écrivains qui ont eu une fascination pour le sport, ou ont été de grands sportifs eux-mêmes : comme Jean Giraudoux, recordman de France du 400 mètres en ligne droite avec une performance de 50 secondes, Jean-Paul Sartre, qui a pratiqué la boxe en amateur, ou encore Murakami, marathonien, qui a écrit à ce sujet Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. On peut s'interroger : qu’est-ce que la figure de l'écrivain a à voir avec celle du sportif ?

Le point commun qui lie le sportif à l'écrivain, c'est l'esprit de précision, Denis Grozdanovitch

La dimension épique du sport génère du lyrisme, toujours un peu naïf, Christian Prigent

Leurs choix musicaux :

  • Denis Grozdanovitch : Quatuor à cordes n°5, Philip Glass
  • Christian Prigent : "Bartali", Paolo Conte (extrait de l’album Un gelato al limon, 1979).

Pour aller plus loin :

Intervenants
  • écrivain français, diplômé de l'IDHEC, grand amateur d'échecs, ancien joueur de tennis, de squash et de courte paume
  • écrivain, poète et critique littéraire.
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