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Adaptation théâtrale de "1984" d'Orwell à Londres en 2014

Sur les traces de George Orwell avec Josée Kamoun et Frédérick Lavoie

58 min
À retrouver dans l'émission

La traductrice Josée Kamoun et l'écrivain et journaliste Frédérick Lavoie sont les invités de Christophe Ono dit Biot à l'occasion de la parution de la nouvelle traduction de "1984" de George Orwell (Gallimard) et de "Avant l'après : voyages à Cuba avec George Orwell" (La Peuplade).

Adaptation théâtrale de "1984" d'Orwell à Londres en 2014
Adaptation théâtrale de "1984" d'Orwell à Londres en 2014 Crédits : Robbie Jack - Getty

Aujourd’hui une émission consacrée à la façon dont vit encore parmi nous l’un des écrivains du XXe siècle à la fois le plus en vue et le plus mal vu ! Ou plutôt grossièrement vu. Qui ? George Orwell, l’auteur de La ferme des animaux, d’Hommage à la Catalogne, et surtout de 1984, oeuvre souvent réduite à une surface de projections pour réalités politiques assez diverses, et qui se trouve faire une réapparition fracassante dans le paysage littéraire contemporain à la faveur d’une nouvelle traduction. La première traduction, en français, depuis celle de 1950 par Amélie Audiberti, et dont nous avons ici la maîtresse d’œuvre, José Kamoun. A la faveur, aussi, d’un étonnant voyage à Cuba, accompli par un jeune homme, Frédérick Lavoie, à l’occasion d’une nouvelle traduction, là aussi, de 1984,  lancée à la Havane en février 2016 - décision surprenante puisque 1984 dénonce les rouages d’un système totalitaire dans lequel le mot "liberté" est en passe d’être rayé des dictionnaires... Ça s'intitule Avant l’après, voyages à cuba avec George Orwell, et c’est aux éditions La Peuplade, maison d’édition basée au Québec.

Nouvelle traduction de "1984"

Josée Kamoun est donc l'auteure d'une nouvelle traduction de "1984", le chef d’œuvre de George Orwell publié en 1949, dystopie inquiétante censée raconter, en 1984, un continent que l’on appelait avant elle l’Oceania, comprenant notamment la Grande-Bretagne où règne ce que l’on appelait avant elle l’Angsoc, et qu'elle traduit par "Sociang". Orwell disait "Ingsoc", le socialisme anglais, antithèse du "socialisme démocratique" dont rêvait le romancier. Dans ce système totalitaire, toutes les pensées sont minutieusement surveillées, et d’immenses affiches sont placardées dans les rues, indiquant à tous que "Big Brother" les regarde (Big Brother is watching you). Je rappelle pour ceux qui auraient hiberné depuis 70 ans qu’on y suit la tentative de résistance à ce régime d’un fonctionnaire de 39 ans, puis son échec, broyé, rééduqué par le système plus fort que lui, broyé comme Julia, la jeune femme qu’il aimait et qu’il reniera, la trahison de l’amour qu’il a pour elle étant vu comme une preuve de loyauté exigée par le système. La nouvelle traduction de Josée Kamoun est passionnante, décapante, elle suscite aussi pas mal de questions, rappelons qu'elle est aussi, entre autres, l'auteure de la nouvelle traduction de Sur la route de Jack Kerouac, de Richard Ford et de Philip Roth. Dans son 1984, il n’y a plus de Novlangue mais un Néoparler, il n’y a plus de police de la pensée mais une mentopolice, en revanche il y a toujours un Big Brother...

Frédérick Lavoie est né au Quebec en 1983, on lui doit de grands récits de reportage comme Allers simples : aventures journalistiques en Post-Soviétie, mais aussi Ukraine à fragmentation. C’est vers les Caraïbes qu'il a décidé d’aller pour écrire ce nouveau livre, Avant l’après, voyages à cuba avec George Orwell, à Cuba plus exactement, où il enquête sur une nouvelle traduction de 1984, qui n’est pas celle de Josée Kamoun, mais qui l'a intrigué...

Merci à tous les deux de participer à cette émission. Il se trouve que ces deux livres sortent au même moment, alors que le mot "orwellien" se répand comme une traînée de poudre. Qu’il s’agisse de l’hyperconnexion liée aux réseaux sociaux et aux colossales données qu’ils détiennent, qu’il s’agisse de la notion de "vérité alternative" ou de fake news, on peut s'interroger sur ce qui fait la puissance d'une telle œuvre qui ne cesse d’être légitimée par l’époque...

On ne traduit pas des mots, on traduit des effets, Josée Kamoun

La phrase orwellienne est une flèche qui va droit au but, Josée Kamoun

J'ai découvert en Orwell une espèce de boussole morale, Frédérick Lavoie

Orwell est un intellectuel qui sait mettre les mains dans le cambouis, Frédérick Lavoie

Leurs choix musicaux :

  • Josée Kamoun :“Sympathy for the Devil”, The Rolling Stones 
  • Frédérick Lavoie : "Cuando salí de Cuba", Celia Cruz

Pour aller plus loin : 

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