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Quel mix énergétique pour quelle indépendance ?

À quel prix peut-on atteindre l'indépendance énergétique ?

37 min
À retrouver dans l'émission

Dans un contexte d'augmentation du prix du gaz et de l'électricité, la question de l'indépendance énergétique revient sur le devant de la scène. Quel mix énergétique choisir pour l'assurer? La France a aussi un objectif de neutralité carbone d'ici 2050 à respecter : comment tout faire coïncider ?

Quel mix énergétique pour quelle indépendance ?
Quel mix énergétique pour quelle indépendance ? Crédits : Philippe Huguen - AFP

La hausse récente des prix de l’énergie a relancé un débat dans lequel plusieurs candidats à la présidentielle s’étaient déjà engagés, celui de l’indépendance énergétique. 

Chacun des pays européens possède en effet son propre mix énergétique, c’est-à-dire le choix et la proportion des sources d’énergie qui lui sont propres, qu’elles soient nucléaires, fossiles ou renouvelables. Mais ces énergies n’ont pas le même prix ni le même coût environnemental dans un contexte où le but à atteindre en 2050 est la neutralité carbone : comment, dans ce cadre,  concilier indépendance et politique commune, changement de modèle et baisse de la consommation, investissement et maîtrise des coûts ?

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Yves Martignac, porte-parole de l'association négaWatt, Maud Bregeon, ingénieure dans le secteur nucléaire et porte-parole LREM et Carole Mathieu, responsable des Politiques européennes de l'énergie et du climat à l’IFRI.

"Le parc nucléaire doit être rénové dans sa globalité. Ma conviction est qu'il faut développer les SMR, en sachant que ça ne sera pas mis sur le réseau avant au moins quinze ans parce que la maturité technique et économique du modèle n'est pas encore atteinte. C'est pourquoi il faut  lancer rapidement un chantier de construction de nouvelles centrales. Comparer les coûts du nucléaire et des énergies renouvelables n'est pas forcément pertinent dans le sens où ces deux énergies ne rendent pas le même service sur le réseau. Le nucléaire est une énergie pilotable alors que les énergies renouvelables sont intermittentes. La première soutient la seconde sur le réseau, elles sont donc complémentaires. Je crois vraiment qu'il faut arrêter cette dualité et rappeler que notre ennemi commun c'est le charbon et les énergies fossiles" Maud Bregeon

"Les prix de l'énergie sont appelés à augmenter à cause du besoin d'investissements mais la clé, c'est la maitrise de la consommation. Ce qui donne une perspective extrêmement positive, c'est qu'on a aujourd'hui la possibilité d'investir dans des moyens de production, les énergies renouvelables, moins couteux que le nouveau nucléaire mais aussi moins coûteux à un horizon de cinq ans que les centrales thermiques. La consommation d'énergie fossile pose un problème d'acceptabilité sociale autour des effets du dérèglement climatique, le nucléaire aussi autour des enjeux de sureté des réacteurs et des déchets qui s'accumulent, l'électricité aussi autour des lignes à très haute tension, l'éolien pose des problèmes d'acceptabilité paysagère, et la maitrise de la consommation pose des problèmes d'acceptabilité parce que certains y voient une régression. À un moment donné, il faudra faire des choix sur ce qu'on considère le plus acceptable. Notre analyse à négaWatt est de dire que des efforts sur la maitrise de la consommation qui réduisent des consommations inutiles et le développement des renouvelables sont les solutions les plus acceptables mais il y a évidement un travail politique à faire derrière" Yves Marignac 

"Le débat de l'indépendance énergétique est un débat récurrent : à chaque crise du gaz avec l'Ukraine, avec la Biélorussie, à chaque fois qu'il y a des craintes sur la sécurité d'approvisionnement de l'Europe, on voit de nouveaux ces possibilités d'indépendance étudiées à l'échelle européenne. Il faut peut-être aussi rappeler que pendant des années, on a profité de ce système de marché, beaucoup d'acheteurs européens ont voulu s'extraire des contrats long terme indexés sur le pétrole pour bénéficier des marchés de gros, de ce dynamisme  là et de prix plus bas. Et maintenant, les prix montent, alors on accuse le marché alors que c'est aussi ce qu'on attend de lui d'envoyer des signaux de prix pour attirer l'offre. Mais la question peut néanmoins être posée, peut-être qu'elle se pose d'autant plus pour le gaz parce que son rôle est en train d'évoluer et que, nous évoluons vers une sortie du charbon vers un essor des énergies renouvelables" Carole Mathieu

Intervenants
  • Expert non institutionnel sur le nucléaire et l’énergie, porte-parole de négaWatt et membre des groupes permanents d’experts de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)
  • Responsable des Politiques européennes de l'énergie et du climat à l’IFRI (Institut français des relations internationales), auteure de la note « L’alliance européenne des batteries passe à la vitesse supérieure », publiée en mai 2019 pour l’IFRI
  • Ingénieure dans le secteur nucléaire chez EDF et porte-parole LREM
L'équipe
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