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Manifestation pour la liberté d'expression à Istanbul en Turquie en mars 2016

Turquie : une guerre contre la liberté de conscience ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Que reste-t-il des libertés publiques en Turquie, alors que se multiplient les purges, les procès et que sévit la censure contre les opposants au régime ? Dans ce contexte, existe-t-il encore des contre-pouvoirs, synonymes d'une démocratie résiliente, et comment s'organise la résistance des idées ?

Manifestation pour la liberté d'expression à Istanbul en Turquie en mars 2016
Manifestation pour la liberté d'expression à Istanbul en Turquie en mars 2016 Crédits : Ozan Kose - AFP

La romancière turque Asli Erdogan est convoquée demain au tribunal, accusée de propagande pour avoir publié des articles dans un journal pro kurde.

Elle s’est exprimée dans la presse, depuis son exil d’Allemagne, en dénonçant un pouvoir qui mène une guerre totale contre les droits humains, la littérature et, pire encore, la conscience, par son insistance à la poursuivre.

Ce procès sera suivi la semaine prochaine d’autres audiences et verdicts contre des intellectuels ou des personnages de la société civile comme Osman Kavala ou des défenseurs des droits de l’homme.

D'après les mots du politologue, économiste et éditeur Ahmet Insel, le régime en Turquie est un "erdoganisme", à savoir "un régime autocratique qui a dans les mains tous les pouvoirs" et où Erdogan, à lui seul, "peut décider de la vie ou de l'emprisonnement d'une personne".

Il rejette le terme de fasciste mais affirme que "c'est un régime d'arbitraire absolu" dans lequel "vous pouvez, pour avoir tenu tête au pouvoir, réalisé des actions qui déplaisent au pouvoir, être jugé avec des demandes de peines maximales, c'est à dire la perpétuité". "C'est un régime qui n'est pas encore totalitaire, au sens où toutes les institutions travailleraient comme un seul homme, dans la même direction. Il y a des tiraillements au sein même du système judiciaire [...], notamment le ministre de la Justice qui essaye de faire des réformes, qui sont repoussées en permanence." 

L'avocat Selçuk Demir reconnait que "depuis 2015, on assiste à un raidissement en Turquie en matière de droits de l'homme et des libertés fondamentales". Cependant, il relativise le caractère autoritaire du régime d'Erdogan en avançant notamment que les personnes contre lesquelles les procès sont intentés, "bénéficient évidemment de la présomption d'innocence". 

Face à l'argument sécuritaire, Katia Roux, chargée de plaidoyer Libertés pour Amnesty International France, avance qu'"on ne peut pas systématiquement avancer l'argument terroriste pour tacler les libertés fondamentales".

Pour prolonger l'émission 

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