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"Un vaccin pour tous #CovidZero GLOBAL", Berlin, 23/01/2021

Faut-il lever les brevets des vaccins contre le Covid ?

48 min
À retrouver dans l'émission

La production et l’accès aux vaccins du covid 19 pour tous sont-ils envisageables ?

"Un vaccin pour tous #CovidZero GLOBAL", Berlin, 23/01/2021
"Un vaccin pour tous #CovidZero GLOBAL", Berlin, 23/01/2021 Crédits : Photo by Christophe Gateau/picture alliance via Getty Images

Selon l’ONG Oxfam, les pays riches qui représentent 14% de la population mondiale avaient réservé en décembre plus de la moitié des vaccins les plus prometteurs contre le Covid 19. Plus largement, la question de la production et de l’accès aux doses est aujourd’hui au cœur des préoccupations, aussi bien nationales qu’internationales. Les deux échelles sont évidemment fortement intriquées comme l’a rappelé jeudi Emmanuel Macron dans une interview au Financial Times, à la veille du sommet du G7 : pour le président français, si les États et Big Pharma « ne jouent pas le jeu de la coopération, immanquablement montera la question politique, dans tous nos pays, de la propriété intellectuelle », ainsi que « le débat des surprofits faits sur la raréfaction du vaccin ».

Coopérer pour ne pas voir remis en cause le système des brevets, c’est l’alternative qui semble aujourd’hui être posée. Car les revendications de lever la propriété intellectuelle, de faire des vaccins des biens communs de l’humanité, se fait de plus en plus pressante. Or, ce serait toucher au cœur du modèle économique sur lequel repose l’industrie pharmaceutique. Si les mécanismes existent, comme la "License" d’office ou la "License" obligatoire, bêtes noires des grands laboratoires, les gouvernements des pays du Nord rechignent à y avoir recours. Il sera difficile toutefois de ne pas poser la question, à la lumière de cette pandémie, d’une plus juste répartition publique-privés entre investissements et profits.

« Covid, faut-il lever les brevets des vaccins » c’est la question du Temps du débat du samedi, à écouter en direct sur France Culture, et quand vous le souhaitez sur l’application de Radio France.

Il y a deux impératifs relatifs aux vaccins dans cette crise de la pandémie Covid-19. Le premier c'est celui d'inventer, de développer, de produire des vaccins qui n'existaient pas la veille de la pandémie. Et la machine de l'industrie pharmaceutique, ce formidable moteur à produire de l'innovation, s'est mise en marche. D'habitude il faut de 7 à 10 ans pour produire un vaccin, on a réduit ces délais à environ 7 mois. Je crois que ce modèle économique a fait ses preuves pour produire ce qu'on attend de l'innovation thérapeutique. Deuxième impératif et à mon avis indissociable, c'est l'impératif d'accès universel. Aujourd'hui tout le monde s'accorde, y compris l'industrie pharmaceutique, que tout médicament produit et en particulier dans cette crise Covid-19, doit avoir un accès universel à l'ensemble des patients de la planète. La vraie question c'est comment on articule ces deux impératifs. - Eric Baseilhac -

Au niveau du gouvernement de la santé, il va falloir faire des choix. (...). Aujourd'hui on a un vaccin développé en quelques mois qui repose sur 30 années de recherche financée d'abord par le public. La démonstration qui est faite avec cette recherche c'est qu'on ne peut pas avoir de résultats rapides sans cet investissement colossal du public sur ces décennies passées mais aussi un investissement de dizaine de milliards sur les onze mois de l'année 2020, au développement du vaccin. A l'autre bout de la chaîne on nous dit qu'on doit donner des monopoles pour que la recherche puisse avoir lieu. On se rend compte à quel point ce système ne fonctionne pas et, est extrêmement couteux pour la société. On peut continuer comme ça mais le prix à payer ça va être du rationnement à une échelle mondiale. - Gaëlle Krikorian -

Je pense que l'économie de l'innovation pharmaceutique, depuis plus d'un siècle, est vraiment une intrication entre fondamental et industriel et, entre des fonds publics et des fonds privés. Mais justement si on a une intrication et si on a un partage et une mixité des sources de financement public et privé, on comprend que les états sont aussi fondés à reprendre la main sur ces inventions, y compris sur les brevets déposés dès lors que les inventions pharmaceutiques son brevetables, ce qui est récent. Mais dès lors qu'on accorde des propriétés exclusives aux propriétaires du brevet, dans certaines situations le droit prévoit des dispositifs de sauvegarde. - Maurice Cassier - 

Intervenants
  • Directeur des affaires économiques du Leem (Les entreprises du médicament)
  • Economiste et sociologue, directeur de recherche au CNRS, spécialiste des questions de brevets pharmaceutiques et d’accès aux médicaments
  • Sociologue
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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