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La bande-dessinée scientifique, de vularisation ou de non-fiction connaît aujourd'hui un réel essor.

La BD, une arme de vulgarisation massive ?

43 min
À retrouver dans l'émission

De nombreux auteurs utilisent la bande-dessinée comme support de transmission et même de production de connaissances. Comment expliquer ce phénomène et le succès qu'il rencontre ? Que raconte-t-il des évolutions de la BD, à la croisée des champs artistique, journalistique et scientifique ?

La bande-dessinée scientifique, de vularisation ou de non-fiction connaît aujourd'hui un réel essor.
La bande-dessinée scientifique, de vularisation ou de non-fiction connaît aujourd'hui un réel essor. Crédits : Bettmann / Contributeur - Getty

Des planches et des bulles, la bande dessinée a mis du temps a conquérir ses lettres noblesse avant d’être reconnu comme un art, le neuvième disent certains. Elle est entrée dans les musées, dernièrement aux Beaux-Arts de Lille et en ce moment même ou musée d’art moderne de Monaco. On y raconte son histoire, une trajectoire à multiple facettes qui peine à être enfermé dans une seule case.

Une tendance semble néanmoins se dégager depuis quelques années : le développement d’une BD de vulgarisation. Des auteurs et autrices se servent du dessin vif et des textes synthétiques pour traduire des champs scientifiques complexes de la sociologie aux nouvelles technologies en passant par l’économie.  

Un genre qui gagne du terrain, parfois de l’argent pour les éditeurs et surtout un nouveau public. Nous verrons en quoi il permet de construire des passerelles entre les disciplines et d’être utile à la science.  

Mais quel est le risque du développement de cette bande dessinée de vulgarisation. Quid de la préservation du geste artistique ?  

Autant de questions dont nous débattons avec nos 3 invités.

Nous recevons le commissaire d'exposition Damien MacDonald, le sociologue Pierre Nocerino et la dessinatrice Héloïse Chochois

Un outil de démocratisation du savoir

La BD de vulgarisation est celle qui a pour ambition de diffuser des savoirs, si possible à un public le plus élargi possible qui n’aura pas forcément de compétences scientifiques de prime abord.        
Pierre Nocerino

Quand je travaille sur une bande-dessinée, la première chose à faire c’est de parler avec le scientifique avec lequel je travaille la plupart du temps pour qu’il me parle de son sujet pour que j’arrive à peu près à le comprendre voire à bien le comprendre, parce que c’est impossible de vulgariser quelque chose qu’on ne comprend pas soi-même. Et après il y a tout un travail de mise en récit de ces informations.        
Héloïse Chochois

La bande-dessinée a dans son histoire, dans sa constitution même, un rapport à la transmission du savoir. Au tout début, notamment aux Etats-Unis quand la bande-dessinée commence à se développer, elle est portée par le monde de la presse, en particulier par deux magnats qui se battent en duel : d’un côté Hurst et de l’autre côté Pulitzer. Les premières bande-dessinées qu’ils vont publier vont aider le peuple à mieux connaître l’Amérique dans laquelle ils arrivent. C’est aussi une littérature pour les immigrants créée par les immigrants.        
Damien Macdonald

Entre légitimité artistique et revendications sociales, une institutionnalisation de la BD en question

La problématique de la légitimité est présente depuis des années. Il y a eu beaucoup de commentateurs de la bande-dessinée qui ont essayé de faire reconnaître la BD comme un art légitime ; C’est un point qui a été au cœur des politiques publiques menées pendant l’année de la bande-dessinée en 2020 […] Le problème c’est que cette question de la légitimité, ce n’est pas du tout celle des auteurs de bande-dessinée qui eux ont des problèmes très concrets : vivre de leur métier, ils ont des difficultés parce qu’il n’y a pas de prix à la planche, le marché n’est absolument pas régulé […] Un ensemble de problématiques professionnelles qu’ils essayent de faire valoir depuis les années 40.        
Pierre Nocerino

On fait un métier vocationnel, ce qui rend la rémunération difficile sachant que le mythe de l’artiste a la vie dure. Or la BD génère toute une économie et on est les maillons les plus faibles        
Héloïse Chochois

Vulgarisation, art, outil scientifique : la bande-dessinée comme support très flexible

Pour moi la vulgarisation est un sous-genre de la BD documentaire qui s’inscrit dans d’autres genres de la bande-dessinée et du roman graphique. Certes, dans les BD de vulgarisation, ce qui est important c’est de faire passer un message […], mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas une certaine liberté de création […]. La bande-dessinée est un art séquentiel à deux niveaux : dans le temps, parce que l’on met des cases les unes à côté des autres, mais aussi dans l’espace, parce qu’on agence ces cases dans l’espace de la double page.        
Héloïse Chochois

Le terme de vulgarisation, je m’en méfie toujours un peu parce que si l’on regarde l’étymologie du mot, vulgarisation cela veut dire amener au vulgum pecus, au peuple, un savoir que nous détiendrions […] Or j’aime dans la bande-dessinée le fait que ce soit un art qui puisse être populaire et ne pas amener au peuple un savoir qui viendrait du haut.        
Damien Macdonald

Ce qui me semble important de souligner c’est la diversité des choses que l’on peut faire avec l’outil de la bande-dessinée. Dans les réflexions que j’ai menées dans différents articles scientifiques, j’essaye de parler de bande-dessinée d’inspiration sociologique d’un côté et de sociologie dessinée de l’autre […], mais ce ne sont pas deux pôles vraiment étrangers, c’est vraiment un continuum sur lequel on peut placer plein d’initiatives.        
Pierre Nocerino

Au cours de l'émission, nos 3 invités ont gentiment accepté de sortir leurs crayons pour croquer notre studio. Voici leurs réalisations : 

François Saltiel conversant avec "Crazy cat", personnage central de l'exposition "Marginalia" coordonnée par Damien Macdonald, au Nouveau Musée National de Monaco jusqu'au 5 septembre.
François Saltiel conversant avec "Crazy cat", personnage central de l'exposition "Marginalia" coordonnée par Damien Macdonald, au Nouveau Musée National de Monaco jusqu'au 5 septembre. Crédits : Damien Macdonald
Débat animé entre Emile Durkheim et Pierre Nocerino, fondateur du blog "Emile, on bande ?"
Débat animé entre Emile Durkheim et Pierre Nocerino, fondateur du blog "Emile, on bande ?" Crédits : Pierre Nocerino
Un résumé concis et clairvoyant de l'émission, par Héloïse Chochois.
Un résumé concis et clairvoyant de l'émission, par Héloïse Chochois. Crédits : Héloïse Chochois

Pour aller plus loin 

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Production déléguée
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