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Désobéir : un gage de vitalité démocratique ?

La désobéissance civile est-elle une vertu démocratique ?

37 min
À retrouver dans l'émission

#jenemeconfineraipas, #Desobeissancecivile : la contestation des mesures liées à la Covid-19 est-elle soluble dans un concept hérité des mouvements pour les droits civiques ? Affaiblit-elle le pacte social ou bien est-elle garante de la vitalité démocratique dans un état d’urgence sanitaire ?

Désobéir : un gage de vitalité démocratique ?
Désobéir : un gage de vitalité démocratique ? Crédits : harpazo_hope - Getty

Depuis les Gilets Jaunes, les actions de désobéissance ne sont plus l’apanage des écologistes ou des forces de gauche : "Manif pour tous", "Veilleurs", et plus récemment les restaurateurs ont plaidé agir par désobéissance contre des lois ou règlements injustifiés voire injustes. Dernier exemple en date, Louis Aliot du Rassemblement National, a annoncé la réouverture de quatre musées de la ville. En plaidant pour le caractère essentiel de la culture pour les Perpignanais, Louis Aliot a-t-il commis un acte de désobéissance civile ?

Ce qui légitime la désobéissance civile, pour Graeme Hayes, c’est l’existence d’un intérêt supérieur au nom duquel on désobéit :

Traditionnellement, la désobéissance civile (ou désobéissance civique) fait appel à des luttes antérieures et s'insère dans des valeurs spécifiques, qui sont des valeurs collectives, défendant l'intérêt général sur l'intérêt privé ou l'intérêt particulier.

Cependant, pour Éric Thiers, le concept de désobéissance civile ne peut être circonscrit à la définition positive qu’en donnent certains chercheurs et militants :

On utilise ce terme pour justifier toute une série de mouvements, de protestation qui ont des formes très différentes, et souvent au nom d'un intérêt supérieur. Néanmoins, on a beau contrôler cette définition, à un moment donné, le réel déborde.

De plus, l'intérêt général est de plus en plus difficile à circonscrire parce qu'on est dans une société totalement fragmentée où chacun considère qu'il est finalement dépositaire d'une partie de l'intérêt général : c’est l’ego-démocrate

Pour Florence Kammermann, « avant de se demander si la désobéissance civile menace la démocratie », il faudrait « se demander si nous sommes encore en démocratie ». L’ouverture de sa librairie est pour elle une « désobéissance responsable », car elle prend en compte la dangerosité du virus. Elle déplore :

Nous avons assisté depuis le premier confinement à une cascade d'absurdités et d'incohérences venant de la part du gouvernement. Je n'avais plus confiance en ce gouvernement et en son jugement. [Je ne souhaitais pas] fermer ma librairie pour obéir à un ordre qui me paraissait complètement absurde.

Elle appelle à des mesures qui pensent la vie avec le virus sur long terme :  

Il est fort probable que nous ayons à vivre longtemps avec ce virus, Il va falloir ouvrir tôt ou tard, alors nous aurons sacrifié tous ces commerces, tous ces cinémas, tous ces théâtres pour rien. C'est reculer pour mieux sauter.

Bibliographie

La Désobéissance civile

La Désobéissance civilePresses de Sciences Po, 2013

Intervenants
  • Libraire (Autour d'un livre) à Cannes
  • Chercheur associé au CEVIPOF (Sciences Po), membre des comités de rédaction des revues Pouvoirs et Commentaire
  • Professeur de sociologie politique à l’université d’Aston, membre associé du laboratoire Arènes, spécialiste des mouvements sociaux et des politiques environnementales
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
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