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Patients faisant la queue pour aller à la cantine de l'EPS d'Evrard, le 7 mai 2020

La santé mentale est-elle prise au sérieux ?

37 min
À retrouver dans l'émission

Les Assises de la santé mentale et de la psychiatrie s'achèvent ce soir avec plusieurs annonces faites par Emmanuel Macron. La crise sanitaire a-t-elle réellement donné à ces questions une place importante dans le débat public ?

Patients faisant la queue pour aller à la cantine de l'EPS d'Evrard, le 7 mai 2020
Patients faisant la queue pour aller à la cantine de l'EPS d'Evrard, le 7 mai 2020 Crédits : Loïc Venance - AFP

Le président de la République vient de conclure il y a deux heures les Assises de la psychiatrie et de la santé mentale qu’il avait convoquées en janvier dernier. 

Deux jours de débats autour du « parent pauvre de la médecine » comme le disent un grand nombre de professionnels. Car la psychiatrie va mal : elle est progressivement devenue moins attractive pour les professions médicales, a subi de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire qui a mis au jour des problèmes structurels du secteur ainsi que le sujet de la santé mentale. Sans compter que le secteur de la santé mentale attire désormais des start-up, qui abolissent les frontières entre siège du bien être et maladies psychiques. 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit Marie-Noëlle Petit, psychiatre et présidente de l'association nationale des psychiatres, Nathalie Zottner, psychologue clinicienne, membre de la coordination du collectif national des inter-collèges des psychologues hospitaliers, et enfin Samuel Lézé, anthropologue de la santé à l'ENS de Lyon.

" La réaffirmation du secteur, la réaffirmation des moyens liés à la rénovation des hôpitaux, c'est indispensable mais ce qui nous a peut-être manqué dans les annonces, c'est un réel plan sur lequel on pourrait s'appuyer avec des financements, qui soient à la hauteur des ambitions. Les Assises ont quand même eu cet avantage de mettre un focus sur la santé mentale et la psychiatrie parce que l'un ne va pas sans l'autre, et il faut espérer que ça ne soit qu'un début ". Marie-Noëlle Petit

" Le travail d'un anthropologue consiste à rentrer par les situations les plus concrètes  pour s'interroger sur la façon dont les patients sont traités, moralement, thérapeutiquement et politiquement, pour voir comment tout ça entre en interaction. On ne peut pas séparer le traitement politique de la folie de son traitement clinique, et ce sont ces interactions là qui intéressent l'anthropologue. (...) Depuis le XIXème siècle où des médecins se sont dit qu'il fallait aider les personnes en souffrance, des dispositifs collectifs ont été crée pour sortir d'affaire les gens, et ça a été un énorme investissement. Une politique de santé mentale, c'est lorsqu'on a plus peur d'aller voir le psychiatre parce qu'on le connait, c'est notre voisin et qu'il s'occupe parfois de notre santé mentale, et essaie de nous remettre sur pied ". Samuel Lézé

" ll y a effectivement un manque de moyens humains mais il y a aussi des contraintes administratives, et des contraintes au niveau des pratiques. On a retiré la possibilité aux soignants de penser leurs actes avec des contraintes de plus en plus importantes. Les pratiques soignantes sont édictées en amont, alors même qu'il n'existe aucun savoir qui puisse anticiper un acte. Je crois que c'est aux équipes, aux collectifs de travail de penser leurs actes à partir de ce que dit un patient, de ce que dit sa famille mais en aucun cas de se coller, d'adhérer comme des techniciens à des pratiques qui sont extrêmement envahissantes et qui empêchent les soignants de travailler ". Nathalie Zottner

Intervenants
  • Anthropologue à l'ENS de Lyon, coordinateur du thème de recherche "Dire la santé mentale aujourd'hui" à la MSH-Paris Nord
  • Psychiatre, présidente de l'Association nationale des psychiatres et membre de la commission nationale de la psychiatrie, installée en janvier 2021 par la Direction générale de l’offre de soin (GDOS)
  • Psychologue clinicienne, membre de la coordination de l’Inter-collèges des psychologues hospitaliers d’Ile-de-France et du Collectif national des Inter-collèges des psychologues hospitaliers
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