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Action Greenpeace à Roissy pour la réduction du trafic aérien (05/03/2021)

Le capitalisme vert est-il un mirage ?

48 min
À retrouver dans l'émission

Avec le récent rapport d’Oxfam qui pointe le mauvais bilan écologique des entreprises du CAC 40 et le manque d'ambition de la Loi climat, les ambitions écologiques affichées par les entreprises et le gouvernement relèvent-elles du greenwashing ou peuvent-elles imprimer un vrai tournant ?

Action Greenpeace à Roissy pour la réduction du trafic aérien (05/03/2021)
Action Greenpeace à Roissy pour la réduction du trafic aérien (05/03/2021) Crédits : Alain JOCARD / AFP

Hier, vendredi 5 mars, des militants de Greenpeace se sont introduits sur les pistes de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, et ont repeint en vert un avion d’Air France. Le message est clair, dénoncer le greenwashing, la tendance à masquer l’inaction et les bilans carbones catastrophiques derrière un engagement écologique jugé de façade. C’est aussi le constat du rapport « CAC degrés de trop » rendu public cette semaine par Oxfam. L’ONG estime que le modèle des grandes entreprises françaises est aujourd’hui insoutenable. La preuve, seulement 8 entreprises du CAC 40 seraient dans les clous des engagements de la COP21 en matière de rejet de CO2 dans l’atmosphère.

En cause, l’absence de contraintes étatiques fortes, de transparences sur le bilan carbone, d’engagements sur des trajectoires claires de baisse des émissions… Mais plus largement, la question qui se pose c’est celle de la possibilité même d’un capitalisme vert. Et ce ne sont pas les fonds d’investissement activistes qui ont eu la tête du PDG de Danone, Emmanuel Faber, cette semaine qui rassureront sur ce point : ils sont venus rappeler qu’avant de se soucier de la responsabilité sociale et environnementale, une entreprise doit faire progresser le cours de ses actions.

Il y a pourtant à la fois dans la Loi climat et résilience discutée à partir de lundi prochain en commission spéciale à l’Assemblée Nationale, et dans les discours des grandes entreprises engagées dans la transition écologique, la conviction qu’il est possible d’introduire plus de considérations de long terme. Alors « le capitalisme vert est-il un mirage ? »

C’est la question du Temps du débat ce samedi, à écouter en direct sur France Culture et quand vous le souhaitez sur l’application de Radio France.

La fonction d'EpE c'est d'animer la réflexion collective des entreprises pour faciliter et accélérer leur transition écologique en matière de climat, etc. On organise le dialogue avec les parties prenantes de la veille scientifique et beaucoup d'échanges de  bonnes pratiques de façon à ce qu'elles sachent ce qu'elles font les unes et les autres pour avancer ensemble. - Claire Tutenuit -

Le modèle insoutenable (sous-titre du rapport d'Oxfam) c'est le modèle court-termiste alors, évidemment, capitaliste puisque ce sont des entreprises du CAC 40, donc elles sont cotées en bourse et comme vous l'avez indiqué (cf départ imposé d'Emmanuel Faber de Danone) leur valeur boursière est un indicateur prédominant dans leur choix stratégique et ce qu'on montre dans ce rapport c'est que c'est en contradiction, souvent, avec la nécessité d'être dans les clous de l'accord de Paris et plus exactement de ne pas contribuer à dérégler notre climat et à le rendre insupportable pour l'humanité. - Cécile Duflot -

Le modèle des entreprises françaises c'est le modèle de l'économie française et je pense qu'on ne peut pas séparer les entreprises de leurs actionnaires et de leurs clients. Et dans cette question du court-termisme, les entreprises quand elles veulent faire du long-terme, elles peuvent le faire mais elles sont obligées de tenir compte de la demande des clients et des aspirations du marché. - Claire Tutenuit -

Notre objectif chez Oxfam c'est de lutter contre le dérèglement climatique et contre les inégalités, parce qu'on pense que c'est ça qui créé une société beaucoup plus confortable à vivre pour tous et par ailleurs, pour ce qui est du dérèglement climatique ça n'est plus une option. Aujourd'hui on a le choix entre l'extrême catastrophe ou limiter la catastrophe.(...). Et dans ce scénario où on essaie de limiter la casse, il y a différents acteurs qui ont une responsabilité... - Cécile Duflot -

Intervenants
  • Directrice-générale d'OXFAM France. Ancienne députée de Paris (Europe Ecologie Les Verts). Ancienne ministre du Logement et de l’Egalité des territoires.
  • Déléguée générale de l’Association française des Entreprises pour l’Environnement
L'équipe
Production
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