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En 2016, Joe Biden était un soutien majeur d'Hillary Clinton dans le cadre de la campagne présidentielle contre Donald Trump.

Joe Biden peut-il réussir là où Hillary Clinton a échoué ?

42 min
À retrouver dans l'émission

Pour la première fois, la convention démocrate qui s’apprête à investir Joe Biden sera virtuelle. L’ancien vice-président est en tête des sondages face à Donald Trump, mais la pandémie bouleverse les conditions d’organisation de la campagne. Subira-t-il le même sort qu’Hillary Clinton en 2016 ?

En 2016, Joe Biden était un soutien majeur d'Hillary Clinton dans le cadre de la campagne présidentielle contre Donald Trump.
En 2016, Joe Biden était un soutien majeur d'Hillary Clinton dans le cadre de la campagne présidentielle contre Donald Trump. Crédits : Tom Williams - Getty

C’était il y a tout juste quatre ans, mais les images semblent sorties d’un autre espace temps. Le 29 juillet 2016, à Philadelphie, à l’issue de la traditionnelle convention du Parti Démocrate, Hillary Clinton était officiellement désignée candidate à l’élection présidentielle américaine. Lâcher de ballons aux couleurs du pays, concert de la pop star Katy Perry, foule en liesse dans les tribunes... Une belle soirée de politique-spectacle comme les Américains en ont le secret. 

Quatre ans et une pandémie mondiale plus tard, la convention démocrate de 2020 s’ouvre aujourd’hui à Milwaukee, mais dans une toute autre atmosphère. Cette année, pour la première fois de son histoire, elle sera entièrement virtuelle. C’est en streaming que les participants assisteront, chaque soir, aux discours des pontes du parti. Bernie Sanders et Michelle Obama ouvrent le bal, et Joe Biden clôturera l’événement depuis son domicile de Wilmington, dans le Delaware.

Une convention particulière, dans un contexte qui l’est tout autant : crise sanitaire et économique, tensions raciales exacerbées, extrême polarisation de la société américaine... A en croire les sondages, Donald Trump est en mauvaise posture : à deux mois et demi de l’élection, Joe Biden recueillerait 53% du vote populaire, contre 47% pour le président sortant. Pour les analystes, cela signifierait que que le candidat démocrate a aujourd’hui 71% de chances d’être élu. Un scénario qui rappelle l’été 2016, quand Hillary Clinton semblait elle aussi assurée de l’emporter face au candidat Trump, avec des sondages étrangement similaires. Pourtant, en novembre, l’impossible s’est produit. 

Pour en débattre, nous recevons Maxime Chervaux, professeur à l'Université Paris 8 et auteur d'une tribune publiée dans Le Monde intitulée Joe Biden n'est pas le grand favori de la présidentielle américaine, Joseph Smallhoover, conseiller international des démocrates à l'étranger et avocat au barreau de Paris et Washington, et Célia Belin, chercheuse invitée à la Brookings Institution et autrice du livre Des démocrates en Amérique, l’heure des choix face à Trump. 

Joe Biden est un homme très pragmatique, c’est pour cela que l’aile progressiste du parti est prête à faire campagne pour lui. Le parti est beaucoup plus unifié qu'en 2016 : le programme politique a été négocié avec l'équipe de Bernie Sanders.                
Joseph Smallhoover, conseiller international des démocrates à l'étranger

A chaque fois que le candidat démocrate essaiera d’avancer ses pions, Donald Trump fera tout pour occuper l’espace médiatique et jouer sur les peurs des Américains : c’est de cette façon que les choses peuvent basculer très rapidement en sa faveur. La grande inconnue de l’élection de 2020 c’est la capacité du parti démocrate à motiver ses électeurs mais aussi la possibilité que d’autres sujets importants prennent la place de la gestion de la crise du Covid-19 d’ici novembre.                
Maxime Chervaux, professeur à l'Université Paris 8

La situation est bien différente par rapport à 2016 : l’élection est moins ouverte, et il faut prendre en compte la mauvaise gestion de la crise sanitaire par Donald Trump et l’esprit de renouvellement et l’unité dans le camp démocrate. Mais quel sera l’impact d’une campagne 100% virtuelle ? L’avantage pour Biden c’est qu’il n’est pas particulièrement charismatique en campagne et, dans le même temps, que tous les Américains le connaissent pour avoir été le vice-président de Barack Obama.                
Célia Belin, chercheuse invitée à la Brookings Institution

Pour aller plus loin :

Présidentielle américaine : Joe Biden investi sans surprise par les démocrates, par Adrien Jaulmes, Le Figaro, 19.08.2020.

Présidentielle américaine, J − 75 : changement de générations chez les démocrates, par Gilles Paris, Le Monde, 19.08.2020.

Présidentielle américaine : pour unir le parti, Joe Biden a viré sur sa gauche, par Gilles Biassette, La Croix, 19.08.2020.

La poste américaine prise en otage dans la campagne électorale, par Corine Lesnes, Le Monde, 16.08.2020.

Sept nuances de Trump, L'Opinion, Août 2020.

« États-Unis, le pays du carnage », par Laurence Nardon, Politique étrangère, vol. Été, no. 2, 2020.

Intervenants
  • Professeur agrégé de l'Institut français de géopolitique de l'Université Paris 8
  • politologue, spécialiste de la politique étrangère des Etats-Unis, chercheuse invitée à la Brookings Institution à Washington
  • président de Democrats Abroad France
L'équipe
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