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Le président Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en conférence de presse le 16 octobre 2020 à Conflans Saint-Honorine.

La lutte antiterroriste doit-elle être réévaluée ?

39 min
À retrouver dans l'émission

L’assassin de Samuel Paty n’étais ni fiché S ni connu des services de renseignement, tout comme les auteurs des cinq dernières attaques terroristes en France. Quatre jours après l’attentat de Conflans, comment (re)penser les axes et les pratiques de la lutte antiterroriste en France ?

Le président Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en conférence de presse le 16 octobre 2020 à Conflans Saint-Honorine.
Le président Emmanuel Macron, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer en conférence de presse le 16 octobre 2020 à Conflans Saint-Honorine. Crédits : Abdulmonam Eassa - AFP

Depuis l’attentat meurtrier de Conflans-Sainte-Honorine vendredi soir, de nombreux commentateurs insistent sur le profil singulier du meurtrier.

Il n’appartiendrait a priori à aucun groupe reconnu et serait à ce titre indétectable des services de renseignement.

Pourtant ces services ont été épaulés par des chercheurs en sciences sociales et humaines, mobilisés pour tenter de comprendre les parcours de djihadistes ou de « radicalisés ».

Pour autant, les autorités ne semblent pas en mesure de prévenir des  attentats de ce type tandis que d’autres, plus structurés et organisés, sont finalement empêchés.

Comment saisir l'acte terroriste pour mieux le prévenir ?

On est face à une menace de plus en plus endogène où ce ne sont plus que des partisans de l’Etat Islamique qui sont perméables à ces idées-là : des personnes décident de passer à l’acte sans prévenir et donc de manière moins structurée. Le défi pour les services antiterroristes ? La détection. Sébastien Pietrasanta, ancien député

Pourquoi estimer les actes terroristes par le fait religieux et non pas par l’angle du crime ? Pourquoi les estimer comme tels dans la mesure où les principaux intéressés, c’est-à-dire la science [les sociologues] et les hommes de foi – [les musulman.es] estiment qu’il n’en n’est rien ?  François Thuillier, ancien officier des services antiterroristes et chercheur

La « culture de l’excuse » est une formule qui piège, mais qui ne dit rien. On perd beaucoup plus à ne pas comprendre ce qu’il se passe et ce qu’on a sous les yeux. A force de travailler, nous avons un certain nombre de réponses. Si elles ne sont pas prises en compte, elles ne donneront pas la possibilité de l’amélioration de l’action publique qu’elles souhaitent servir. Plusieurs responsables ont déjà expliqué que si la question n’était abordée que sur le plan sécuritaire, on ne traiterait jamais les menaces réelles qui pèsent sur le pays. Ariel Planeix, anthropologue

Intervenants
  • Docteur en anthropologie, Collaborateur continu de magistrats et d'acteurs du monde judiciaire anti-terroriste
  • ancien député PS, rapporteur de différentes lois sur le terrorisme de 2012 à 2017, rapporteur de la commission d’enquête sur les attentats de 2015, fait désormais de la formation des élus, notamment sur les questions de radicalisation
  • ancien officier des services antiterroristes, chercheur associé au Centre d’études sur les conflits
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