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C’est désormais acté : vingt ans après leur chute, en 2001, les Talibans contrôlent de nouveau l’intégralité de l’Afghanistan.

L'Occident a-t-il abandonné l'Afghanistan ?

43 min
À retrouver dans l'émission

Vingt ans après leur chute, en 2001, les Talibans contrôlent de nouveau l’intégralité de l’Afghanistan. Que signifie cette défaite pour l'Occident ? Peut-on parler d’une véritable déroute occidentale ? L'Europe et les Etats-Unis ne sont-ils pas en train d'abandonner le peuple afghan ?

C’est désormais acté : vingt ans après leur chute, en 2001, les Talibans contrôlent de nouveau l’intégralité de l’Afghanistan.
C’est désormais acté : vingt ans après leur chute, en 2001, les Talibans contrôlent de nouveau l’intégralité de l’Afghanistan. Crédits : WAKIL KOHSAR - AFP

Une population qui s’accroche à un avion américain en partance, des Talibans qui prennent le contrôle de Kaboul après une conquête éclair face à une armée afghane fantôme… Vingt ans après l’arrivée de l’armée américaine et de ses alliés, quel bilan pouvons-nous tirer de la présence occidentale ?  

Lundi 16 août, Joe Biden a pris la parole en réfutant toute débâcle et en évoquant une « mission accomplie ». Emmanuel Macron s’est également exprimé avec un discours d’équilibriste, avec d’un côté la volonté de protéger celles et ceux qui sont menacés, et de l'autre, celle de se prémunir des « flux migratoires importants ».  

Les femmes afghanes semblent aujourd’hui les plus vulnérables devant le régime des Talibans. Comment les protéger ? Quel va être le rôle des Etats-Unis et de l’Europe après ce tournant historique ? Comment l’Afghanistan peut-il reconfigurer les forces régionales ?  

Pour en débattre, nous recevons Gilles Dorronsoro, professeur de science politique, Nassim Majidi, co-fondatrice et co-directrice du centre Samuel Hall, et Marc Hecker, chercheur au centre des études de sécurité à l'Institut français des relations internationales. 

A chaque fois qu’on perd une guerre, on parle des droits de l’homme, et là en particulier des droits des femmes, et je crois que c’est aussi une façon de pas parler de ce que nous on a fait. C’est-à-dire que les violations des droits de l’homme, ce n’est pas un monopole taliban en Afghanistan (…) Il y a une espèce de bascule : tout d’un coup on va se concentrer sur les violations des droits de l’homme, mais je crois que pour utile que ce soit, il ne faut pas oublier de faire le bilan de notre présence. Si aujourd’hui, personne ne s’est battu pour le régime, il y a une raison. Et la raison c’est que pendant vingt ans les pays occidentaux ont fait absolument n’importe quoi en Afghanistan, ils ont même raté leur évacuation.        
Gilles Dorronsoro

Les propos de Joe Biden et du président de la République ont été très mal reçus à Kaboul. (…) La déroute qu’il y a eue, c’est ce manque de préparation de la population, le manque de préparation des Occidentaux. On voit aujourd’hui que ça met en danger un grand nombre d’afghans qui ont travaillé avec les internationaux. Les talibans créent des listes depuis des semaines, là depuis des jours entiers ils toquent aux portes et ils font des listes des journalistes, des activistes, des chercheurs et chercheuses, de tous les hommes et femmes publics. Toute femme qui a eu une parole publique est aujourd’hui une femme en danger.    
Nassim Majidi

Le discours de Joe Biden avait vraiment un côté tragique et un côté aussi déni de réalité parce qu’il y avait quand même d’autres formes de sorties possibles. Face à l’avancée des dernières semaines, même des derniers mois, il était sans doute possible de limiter ce départ américain, et avec quelques milliers d’hommes il est possible de défendre une capitale. Donc je crois vraiment qu’il y avait une autre voie de sortie possible (….) Le fait d’entendre Anthony Blinken parler de succès, c’est presque malhonnête, parce que quand on reprend les objectifs tels qu’ils ont été annoncés par George W. Bush en 2001, il n’y avait pas que l’élimination d’Oussama ben Laden. A l’époque, le président américain parlait d’éradication d’Al-Qaïda, or Al-Qaïda n’a pas été éradiqué, et il parlait aussi de la neutralisation de tous les groupes terroristes de portée internationale.  
Marc Hecker

Pour aller plus loin :

Afghanistan, pays meurtri par la guerre (1/4) - Le royaume, un documentaire ARTE 

Pourquoi la Turquie de Erdogan courtise les talibans, un article Le Monde du 18/08/21

Intervenants
  • co-fondatrice/directrice de Samuel Hall, un centre de recherche basé à Kaboul (organisation à but social qui forme des chercheurs afghans et qui soutient l’action humanitaire/développement dans le pays)
  • Directeur de la recherche et de la valorisation de l'Ifri et rédacteur en chef de la revue Politique étrangère.
  • Professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France, spécialiste de l’Afghanistan et de la Turquie
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