Les lycéens français vont devoir affronter dans quelques semaines, pour la première fois, face à un Jury pour le baccalauréat l'épreuve du Grand oral. Mais y sont-ils suffisamment formés ?

Qui n’a jamais ressenti la peur de s’exprimer devant un public ? Les mains moites, la voix qui tremble, les mots qui se cherchent et le… silence qui frappe, angoisse et nous fait perdre tous nos moyens.
Il se murmure que les Français ne seraient pas à l’aise avec cet exercice, à l’inverse des ses voisins européens, on peut même parler d’épreuve comme celle que tous les lycéens vont devoir affronter, dans quelques semaines, pour la première fois face à un jury pour le baccalauréat.
Introduire l’oral dans la scolarité semble une belle idée sur le papier mais les professeurs sont-ils assez formés à cet art si particulier ? Est-il raisonnable comme l’a décidé le Ministre de l’Education nationale de maintenir l’épreuve en cette année grandement altérée par la pandémie ?
Et plus globalement l’oralité peut-elle être une chance pour réduire les inégalités scolaires en offrant une possibilité aux beaux parleurs de s’affranchir d’une orthographe incertaine ou reste-t-elle l’apanage des classes privilégiées ?
On en débat ensemble jusqu’à 19h, en direct et sans filet sur France Culture, une émission que vous pouvez écouter ou réécouter quand vous le souhaitez sur l’application de Radio France.
C'est un oral de 20 minutes, avec une première partie de 5 minutes, où l'élève présente une question qu'il a choisie et qu'il a travaillée. Ces 5 minutes sont suivies d'un quart d'heure d'entretien, qui vont porter à la fois sur la question qu'il a présentée au jury, mais aussi sur son parcours et la façon dont il se projette dans la suite càd comment il se situe dans le monde d'aujourd'hui. Qui je suis pour vous dire quoi ? C'est un oral de notre époque, avec des sujets fondamentaux, qui concerne toutes les générations comme la pandémie, le réchauffement climatique. Des sujets qui demandent que chacun se retrousse les manches pour réfléchir ensemble à apporter des solutions... - Cyril Delhay -
Mes élèves sont perdus, déstabilisés, parfois un peu réfractaires, en espérant encore que cela puisse être annulé deux semaines avant le début de l'épreuve qui commence le 21 juin. Il sont perdus parce qu'on a eu beaucoup de directives contradictoires au cours de l'année et encore ces derniers jours... C'est difficile pour eux de se repérer, parce qu'on est sur du mouvant, sur de l'incertain depuis le début de l'année... - Elodie Pinel -
Pour parvenir à envisager l'épreuve sereinement, il faudrait déjà décomposer les 3 temps de cet exposé. Le premier temps : c'est un exposé de 5 minutes où on va avoir le temps de choisir un sujet sur une thématique qui nous tient à coeur, donc on peut être en maîtrise de cela. (...). Dans un deuxième temps : la phase de discussion, qui suit les 5 minutes d'exposé, est sur le même thème où les enseignants tenteront de croiser le sujet avec des sujets d'actualité, des enjeux contemporains, essayer de stimuler l'esprit critique de l'élève (...), et enfin, dernier temps, terminer par l'aspiration personnelle et professionnelle de l'élève... - Stéphane de Freitas -
Bibliographie
- Professeur d'art oratoire à Sciences Po
- Réalisateur, concepteur des programmes de prise de parole Eloquentia
- Professeur de Lettres et de philosophie, docteure en littérature française





