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Un homme en habit traditionnel prenant un selfie devant un château à Dubai.

Les monarchies du Golfe survivront-elles à la fin du pétrole ?

43 min
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Alors que les ressources en pétrole ont longtemps permis aux pays du Golfe de prospérer, l’épuisement annoncé de leurs réserves dans les années à venir les poussent aujourd’hui à se réinventer. Comment envisager cette transition ?

Un homme en habit traditionnel prenant un selfie devant un château à Dubai.
Un homme en habit traditionnel prenant un selfie devant un château à Dubai. Crédits : Firoze Edassery / EyeEm - Getty

Voilà plus de 10 jours que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est dans l’impasse. Pourquoi ? Parce que les Émirats arabes unis ont demandé à revoir à la hausse leurs quotas de production. Dans le but de pomper encore plus. Mais cette proposition leur a été refusée, notamment par l’Arabie Saoudite, faisant exploser en vol l’accord qui se dessinait. Au-delà de ces tensions, une question se pose : les monarchies pétrolières du Golfe peuvent-elles survivre à l’après-pétrole ?

Alors qu’elles possèdent la moitié des réserves mondiales, mais que leurs ressources s’épuisent. Alors que l’or noir représente 70 à 90% de leurs recettes publiques, mais que le défi climatique impose de réduire drastiquement les investissements dans les énergies fossiles. Est-ce que l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis, le Qatar, Oman, Bahreïn peuvent continuer de croître ? Ou sont-ils condamnés au déclin ?

Ce soir, nous nous interrogerons sur leur capacité à organiser leur transition, à accélérer leur diversification, sans faire l’impasse sur les coûts sociaux, culturels et politiques que celles-ci impliquent.

La construction d'économies non-pétrolières

Ces grands plans affichent l’objectif d’avoir une économie non-pétrolière qui soit soutenable : cela passe par une tertiarisation, avec le tourisme, l’innovation, les services à vocation internationales. Ces transitions vers d’autres secteurs économiques impliquent des transformations structurelles assez fortes. C'est un grand défi.  
Hadrien Dubucs

Quand les prix du pétrole chutent, comme en 2020 avec le Covid-19, ces pays réalisent qu’il est important de se diversifier. Mais alors, ils ont moins de moyens pour le faire : c’est le paradoxe du pétrole.  
Francis Perrin

Un changement d'image progressif ?

Les pays du Golfe veulent s’acheter une visibilité à travers les compétitions, les événements culturels : mais cela n’échappe à personne, il y a un coût humain. Par ailleurs, à travers ce soft power, des dirigeants comme Mohammed Ben Salman essaient de se racheter une image. Les politiques menées sont donc paradoxales et la population n'a pas son mot à dire.  
Clarence Rodriguez

Il y a une géopolitique de l’événement dans la région: Coupe du monde de football 2022 au Qatar, Exposition universelle 2020 à Dubaï…Ce sont des rencontres destinées à faire de ces pays des grandes destinations mondiales. Mais la question aujourd'hui, c’est comment on passe de l’événement à une véritable transformation portant des effets durables.  
Hadrien Dubucs

Intervenants
  • journaliste, ancienne correspondante de Radio France à Riyad
  • chercheur associé à l'OCP Policy Center (Rabat) et directeur de recherche à l'IRIS, spécialiste des problématiques énergétiques
  • maître de conférences en géographie à Sorbonne Université, directeur du département de géographie de la Sorbonne Abou Dhabi
L'équipe
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