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Mercenaires de la société de sécurité privée russe Sewa Security à Berengo, en Centrafrique, le 4 août 2018

Les sociétés militaires privées changent-elles la nature de la guerre ?

37 min
À retrouver dans l'émission

La France voit d'un mauvais œil les discussions entre la junte malienne et le groupe privé de sécurité Wagner. Une actualité qui pose de nouveau la question du rôle de ce genre de sociétés dans les opérations extérieures.

Mercenaires de la société de sécurité privée russe Sewa Security à Berengo, en Centrafrique, le 4 août 2018
Mercenaires de la société de sécurité privée russe Sewa Security à Berengo, en Centrafrique, le 4 août 2018 Crédits : Florent Vergnès - AFP

Parmi les débats qui ont couru la semaine dernière dans les couloirs de l’Assemblée générale de l’ONU, celui consacré au groupe Wagner et à sa présence éventuelle au Mali a été vif.

Wagner n’est ni une société militaire privée au sens propre, ni un groupe de simples mercenaires mais il pourrait passer un accord avec le gouvernement malien après le désengagement progressif de l’armée française. 

Wagner n’est pas la seule organisation sur le marché exponentiel militaire privé qui pose de nombreuses questions à des Etats de moins en moins tentés par les opérations extérieures. 

Une multiplication d’acteurs aux contours flous  met désormais en cause le droit international humanitaire et le droit de la guerre. 

Pour ce débat, Emmanuel Laurentin reçoit le Général Benoît Durieux, directeur de l'Institut des Hautes études de défense nationale et de l'enseignement militaire supérieur (IHEDN), Jelena Aparac, présidente-rapporteuse du groupe de travail sur l'utilisation des mercenaires au Conseil des droits de l'homme des Nations unies, et enfin Niagalé Bagayoko, politologue et présidente du réseau African Security Sector Network. 

" Ce qui est très problématique avec la présence de ces sociétés privées, notamment dans les zones de conflit, est leur statut. Dans le droit international humanitaire, on différencie entre les civils et les combattants. Cette distinction constitue la base du droit de la guerre international. Pourtant, ces sociétés militaires privées tombent souvent dans la catégorie des civils, alors même qu'elles sont armées jusqu'aux dents. Cela crée une confusion entre les civils et les militaires, et surtout sur qui on peut tirer. Le nouveau problème, avec l'expansion horizontale de leurs services et de leurs activités, est la large confusion sur la nature de ces sociétés privées, entrainant des problèmes de responsabilité " Jelena Aparac

" Des sociétés privées comme Wagner, lorsqu'elles s'immiscent dans les combats, elles ne font pas la guerre, elles poursuivent des objectifs qui leur sont propres, probablement au détriment d'une perspective de stabilisation de la situation, on va donc exactement dans le sens inverse de ce qu'on souhaite faire.  Il faut bien voir que les sociétés militaires privées, dont on parle aujourd'hui, interviennent essentiellement dans des zones déstabilisées : quand vous êtes chef militaire sur place, et que vous savez qu'il y a une société militaire privée qui opère à proximité, c'est un cauchemar. Bien sûr, vous savez très bien qu'ils ne vont pas mesurer l'emploi de la force, or celui-ci est politique, et est politique jusqu'au plus bas niveau. Les combattants travaillant pour ces sociétés utilisent massivement leurs armes, et souvent contre la population; autrement dit, ils sabotent le travail que les militaires tentent de mener " Général Benoît Durieux

" Pour moi, il s'agit plutôt de poser la question de comment  la diplomatie d'États considérés comme faibles, à raison, parviennent à s'affirmer face à leurs partenaires traditionnels. Au delà de la question du groupe Wagner, il est intéressant de connaitre la nationalité des combattants : russes. On voit très bien en arrière fond de cette querelle, l'enjeu du rôle que des acteurs non-occidentaux peuvent jouer dans un espace dans lequel la France a été l'acteur extérieur majeur jusqu'ici. (...) On assiste à une diversification par le bas des acteurs de conflit, avec par ailleurs une communautarisation de la sécurité, soit la multiplication dans de nombreux pays de groupes d'autodéfense, de milices qui se constituent sur la base d'une demande populaire " Niagalé Bagayoko 

Intervenants
  • Présidente-rapporteuse du groupe de travail sur l'utilisation des mercenaires au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies et professeure de droit public international
  • Politologue, présidente de l’African Security Sector Network, une organisation panafricaine qui rassemble des spécialistes de la réforme des systèmes de sécurité
  • Général de corps d'armée, directeur de l'Institut des Hautes Études de défense nationale et de l'enseignement militaire supérieur (IHEDN) et docteur en histoire
L'équipe
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